Aidez-nous à porter un projet ambitieux sur Arthur Rimbaud réunissant 13 jeunes, tous issus d'écoles supérieures des métiers du spectacle !

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Présentation détaillée du projet

Comment rendre Rimbaud et sa saison en enfer accessibles à tous, et compréhensibles dès la première écoute? Comment retrouver la vraie valeur des mots, leur vrai poids? Deux questions qui nous tiennent à cœur et auxquelles nous chercherons à répondre sur scène, les vendredi 29 avril à 20h30 et samedi 30 avril à 19h au Studio-Théâtre d'Asnières. 

 

Arthur Rimbaud date Une Saison en enfer « Avril-août 1873 », bien que l’origine du projet semble remonter à l’année 1870 comme l’a dit Ernest Delahaye : « Vers le mois de novembre 1870, Rimbaud me développe sa première idée de ce qu’il appellera plus tard (Saison en Enfer) l’Alchimie du Verbe.»

Il a 18 ans à la fin de l’écriture et il nous livre l’un des textes les plus puissants de la littérature française. Cette Saison en enfer, qui n’était que « de petites histoires en prose, titre général : Livre païen ou Livre nègre » prend un tournant beaucoup plus violent et âcre après l’incident de Bruxelles, dans lequel Verlaine lui tire dessus avec un revolver. Doté de la réputation d’être incompréhensible, à tort, le texte raconte, pour moi, le passage de l’adolescence à l’âge adulte : la mort de quelque chose et une (re)naissance douloureuse Le recueil est composé de neuf poèmes : «Jadis», Mauvais sang, Nuit de l’enfer, Délires I «Vierge Folle. L’Epoux infernal», Délires II «Alchimie du verbe», L’Impossible, L’Eclair, Matin, Adieu. Il s’y met en scène faisant un voyage initiatique en enfer en avalant «une fameuse gorgée de poison». Il y revoit ses origines ancestrales, un amour mort, ses aspirations artistiques passées, ses erreurs. Toutes ces visions lui permettent de se rendre compte de sa bêtise adolescente, et de se tourner vers ses désirs réels présents, et à venir : l’Orient, le travail - la vie réelle et non rêvée en fin de compte; et cela lui permet de pouvoir «posséder la vérité dans une âme et un corps».

 

A mon sens, ce texte peut se résumer en cette simple phrase :  «Nous tendons irrémédiablement vers la joie, vers le sublime, et le seul moyen de patienter est de vivre dans le présent.»

 

 

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Je souhaite créer un spectacle poétique. J’entends poétique au sens le plus noble et le plus large. Une poésie qui fasse acte, qui puisse entrer directement en résonnance avec l’intériorité de chaque spectateur, afin que chacun puisse ressentir des choses oubliées, ou du moins dissimulées, enfouies. Ce désir s’est énormément renforcé après les attentats de Paris, qui, nécessairement, m’ont posé la question de l’utilité de l’art, de mon utilité, de ce que je peux apporter, en somme, après une telle horreur. Dans mon cas, je ne peux que célébrer la vie, je ne peux que célébrer la poésie, la beauté, la jeunesse, qui a été tant touchée. Et pour cela, j’ai décidé de réunir autour du projet un collectif de jeunes artistes tous issus d’écoles supérieures des différentes professions du spectacle (scénographe, musicien, régisseurs, constructeur, costumières...) car il me semble que personne ne peut être mieux placé pour parler au monde de la jeunesse, qu’un collectif de jeunes artistes.

 

 

Imgp5181-1458834418                                                                      Maquette de la scénographie.

 

 

  Pour moi, tout est résumé dans cette citation d'Arthur Rimbaud :

 

«J’ai résolu de vous donner une heure de littérature nouvelle. (...) Car Je est un autre. Si le cuivre s’éveille clairon, il n’y a rien de sa faute. Cela m’est évident : j’assiste à l’éclosion de ma pensée : je la regarde, je l’écoute : je lance un coup d’archet : la symphonie fait son remuement dans les profondeurs, ou vient d’un bond sur la scène. (...) Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant. Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n’en garder que les quintessences. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine, où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit, — et le suprême Savant — Car il arrive à l’inconnu ! Puisqu’il a cultivé son âme, déjà riche, plus qu’aucun ! Il arrive à l’inconnu, et quand, affolé, il finirait par perdre l’intelligence de ses visions, il les a vues ! (...) Donc le poète est vraiment voleur de feu. Il est chargé de l’humanité, des animaux même ; il devra faire sentir, palper, écouter ses inventions ; si ce qu’il rapporte de là-bas a forme, il donne forme : si c’est informe, il donne de l’informe. Trouver une langue (...) Du reste, toute parole étant idée, le temps d’un langage universel viendra ! (...) Cette langue sera de l’âme pour l’âme, résumant tout, parfums, sons, couleurs, de la pensée accrochant la pensée et tirant. Le poète définirait la quantité d’inconnu s’éveillant en son temps dans l’âme universelle : il donnerait plus (...) Cet avenir sera matérialiste, vous le voyez ; — Toujours pleins du Nombre et de l’Harmonie ces poèmes seront faits pour rester. — Au fond, ce serait encore un peu la Poésie grecque. L’art éternel aurait ses fonctions ; comme les poètes sont citoyens. La Poésie ne rythmera plus l’action, elle sera en avant.»

 

 

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Je crois en cette vision de la poésie, et de l’art, et d’autant plus dans notre société actuelle, qui ne laisse plus au langage qu’une capacité d’échange et de communication basiques. Le langage a ces fonctions-là, mais pas seulement. La parole, les mots ne sont plus que la peau, l’extérieur d’un corps. Le squelette, les organes, les muscles - l’essentiel du langage - tout cela a disparu. De même que la poésie peut être difficile d’accès : elle est souvent non valorisée, ou mal considérée. La poésie n’est pourtant pas un concept intellectuel, abstrait et lointain, ni une forme désuète, ni de la joliesse, elle n’est pas ce qu’on nous apprend au lycée, la poésie est acte et chair, une parole performative. Je crois en son pouvoir, réel, d’action et en sa capacité de ré-enchanter le monde.   Un pouvoir d’action, qui appelle par conséquent une réaction du spectateur. Cette réaction est ce que je recherche, je souhaite que le spectateur ne soit pas un consommateur passif, mais qu’il soit actif, par l’imaginaire, par l’esprit, et même par une réaction physique, émotive. Ce n’est qu’à la croisée des chemins entre celui proposé par l’artiste et celui parcouru par le spectateur par lui-même qu’il peut y avoir un échange humain, et donc de l’art, il me semble.  

Pour cela, je cherche la suggestion, l’implicite, ce qui est caché et que le spectateur souhaite voir et connaître : qu’il dévoile de lui-même ce qui est voilé. Et pour atteindre cet objectif, la lumière, le décor, la musique, la mise en scène et le travail sur le texte sont réfléchis dans cette direction : lumière sombre, précise; décor à la fois très présent et transparent, massif mais qui se disloque, créant d’autres espaces, qui se déplace imperceptiblement; musique surprenante (piano préparé, chants évoquant des univers connus); corps dans l’espace s’inspirant de l’imaginaire commun; et un travail sur le texte très approfondi.

 

 

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Ce dernier point mérite d’être explicité : je suis fasciné par la façon dont ont pu naître les mots. Par exemple, le premier individu ou groupe d’individus ayant vu la mer, a donné à cette immensité bleutée et liquide le nom de «Mer». D’où cela vient-il? Et si la racine est grecque, ou latine, ou d’une autre langue, comment est-il né, ce premier mot originel, qui a donné le mot «Mer», qui porte tant de choses en lui seul? Pourquoi le premier être humain a-t-il appelé cela «Mer» ? Ce n’est pas le fruit d’une réflexion intellectuelle et longue, mais plutôt l’incapacité organique de pouvoir donner un autre son à cette chose sans nom auparavant. Il me semble qu’en cherchant à se rapprocher de son intimité avec chaque mot du texte, en sortant de toute sorte de cliché et d’attente, l’acteur peut retrouver l’essence des mots et ainsi créer un écho formidable en chaque spectateur. Afin d’approfondir cette recherche et les possibilités qu’elle propose, et aussi pour rendre compte de l’âme tourmentée de Rimbaud, des êtres humains et aussi afin de faciliter la compréhension du texte, j’ai décidé de rajouter au texte original le texte des brouillons d’Une saison en enfer.    

 

 

 

L'équipe 

 

Lucie Brandsma 

 

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Lucie Brandsma est née en 1993, elle découvre le théâtre dans la troupe de Véronique Daniel, avant d’intégrer le Cours Florent en cours d’adolescents. Après trois ans de classe préparatoire littéraire, elle entre en deuxième année de cycle professionnel au Cours Florent. A l’issue de la troisième année, elle intègre l’ESCA en septembre 2015, tout en poursuivant un master de Littérature Française à Paris IV-Sorbonne. Elle travaille depuis 2014 avec Marcus Borja, dans le cadre du doctorat SACRe du CNSAD sur THEATRE , création musicale et théâtrale. Elle est ensuite est à l’affiche de De l’Ambition de Yann Reuzeau au Théâtre du Soleil en septembre-octobre 2015, ainsi que du Cabaret-Apéro du Cirque Fratellini en collaboration avec l’ESCA à partir de janvier 2016. Elle pratique également le chant lyrique et le piano.

 

Robin Goupil

 

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Après avoir été diplômé de l’ESSEC BBA, il change complètement de voie et retourne à son premier amour : le théâtre. Premier amour car il a toujours baigné dans cet univers à travers le chant et l’im- provisation. Il rentre au Cours Florent en 2011 et travaille sous la direction de nombreux professeurs qui compteront beaucoup dans son apprentissage, tels que Simone Strickner, Bruno Blairet, Jean-Pierre Garnier et Isabelle Duperray. Il joue dans le Songe d’Une Nuit d’été sous la direction de Lauriane Mitchell et les Brigands de Schiller m.e.s de Daniel Séjourné. En 2013, il participe à une création collective dirigée par Stéphanie Aflalo nommée Lettres Mortes au théâtre de la Loge. Il rencontre Philippe Calvario en 2014 lors de sa participation au Prix Olga Horstig aux Bouffes du Nord dans un spectacle intitulé Shakespeare in the Woods, qu’ils reprennent en 2015 à Chantilly, au théâtre de la Beauvaisie et au cirque Romanès. Il intègre l’ESCA et joue dans Marie Tudor à la Pépinière, au festival d’Anjou et au théâtre Montansier encore une fois sous la direction de Philippe Calvario, ainsi que dans Beaucoup de Bruit pour Rien m.e.s. par Hervé van der Meulen au Studio Théâtre d’Asnières, au théâtre Montansier et au festival de Sarlat. Il travaille en 2016 dans Le Cercle de craie caucaisen, m.e.s par Gil Bourasseau au Théâtre des Ulis.

 

 

Loris Verrecchia

 

 

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Né en 1991, Loris Verrechia étudie au Studio théâtre d’Asnières avant d’intégrer l’ESCA. Actuellement en troisième année à l’ESCA, Loris VERRECCHIA a joué cette saison dans Irma la douce, de Breffort, m.e.s Nicolas Briançon au Théâtre de la Porte Saint Martin. On a pu le voir dans Welcome to the Future, d’Alix F.Pittaluga au Théâtre de l’Opprimé (2015) ; on le retrouve sur la tournée d’Une des dernières soirées de carnaval, de Goldoni, m.e.s Hervé Van Der Meulen (2013-2014). Très attaché à la vie de troupe, il a notamment mis en scène Escurial de Ghelderode, au Théâtre de Belleville avec sa compagnie (2014).    

 

Scénographie : Sarah Schneider

 

Née en 1992 et bientôt diplômée de l’ENSAD en Scénographie, Sarah est chef décoratrice sur de multiples court-métrages (Le cri, de Clément Schneider, ou encore Les couleurs de Camille de Lana Chéramy, entre autres). Assistante scénographe auprès d’Eric Soyer sur Une année sans été de Joël Pommerat mais aussi Julien Peissel sur plusieurs projets (dont L’orféo de Julie Bérès prochainement à l'Opéra Bastille), elle alterne ainsi les projets de cinéma et de théâtre, poursuivant sa recherche plastique des bascules entre réel et fiction.  

 

 

Musique : Florent Sénia

 

Né en 1985 à Nancy, Florent Sénia se démarque par la pluralité de ses expériences : diplômé au CNR de Nancy en Piano et Formation Musicale, mais aussi en Musique traditionnelle et Improvisation au CRR de Strasbourg, il multiplie les expériences musicales et rentre en 2008 en Ecriture au CNSMD de Lyon. Il perfectionne ainsi sa technique d’écriture et de langage des styles, mais s’ouvre également à la composition et à la musique de film, ce qui l’amène à participer à de nombreux projets tels que la composition des bandes originales de court-métrages du jeune réalisateur Alexis Barbosa, mais aussi à collaborer avec l’ENSATT, et avec les étudiants du CNSMDL.  

 

Couture et costumes :

Hollie Barrett

Odélia Rabusseau

Eloïse Roberts

Clélia Rudnicki

Samantha Soupirot

 

 

Chef constructeur : Benoît Perez

 

 

Création graphique de l’affiche : Coraline Mas-Prévost

 

À quoi servira la collecte ?

La collecte servira entièrement à rembourser une partie des frais liés à la scénographie. 

 

Img-1-1458895776Image de référence pour la scénographie : forme et contre-forme. Svayambh, Anish Kapoor, 2007.

 

 

La scénographie, toute en acier, est un grand cadre de 3m50 de haut, sur 7m50 de largeur, dans lequel rentrent et sortent les divers volumes en acier que vous pouvez voir sur la photo de la maquette. Tout cela est sur roulettes, ce qui permet d'avancer et de reculer les divers éléments du décor. Le tout est recouvert d'un tulle permettant des apparitions et des disparitions selon l'éclairage. Outre la peinture, la visserie, l'acier - nécessairement ! - la construction ne peut se réaliser sans véhicules pour déplacer le décor, un atelier à louer, les consommables des machines d'atelier, etc.

 

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Image de référence pour la scénographie : architecture en papier avec la technique du pop-up. 

 

Dans le détail, le budget scénographie s'est établi comme suit : 700 euros d'acier, 700 euros de tissus, 250 euros pour le déplacement du décor, 250 de visserie, roulettes, peinture, 150 euros de location d'atelier. Nous sommes donc à peu près à 2000 euros en tout, rien que pour la scénographie.

S'ajoutent, à ces 2000 euros, quelques 300 euros liés aux frais de communication du projet (impression de dossiers de presse et envoi de ces dossiers par la poste).

La collecte sert donc à amortir une partie de tous ces frais (la moitié des frais totaux du projet). Et plus la collecte sera réussie, plus nous pourrons nous rembourses des frais avancés.

Il est important de préciser que les 13 personnes me suivant dans cette aventure sont toutes absolument bénévoles et que cette récolte a pour but de nous permettre de finir la création dans les meilleures conditions, afin de proposer ce projet très ambitieux tel que nous l'avions imaginé. Cet engagement financier dans les matières appropriées, la communication soignée, est au service de la vie future du projet.

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Mickiewicz

Né en 1992, j’ai suivi une formation aux Cours Florent avec, entre autres, Bruno Blairet et Jean-Pierre Garnier, puis, j’entre à l’ESCA (Ecole Supérieure de Comédiens par Alternance, anciennement CFA des comédiens d’Asnières),où j’ai pu travailler avec notamment Stéphanie Loïk, Christophe Reymond, Agathe Alexis, ou encore Anne Delbée. D’autre part, j’ai... Voir la suite