Aurian présente

Vera Icona

Aidez-moi à financer un documentaire émouvant et hors du commun!

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Présentation détaillée du projet

 

VERA ICONA est un documentaire dont l’intention est de faire revivre une personne défunte à travers la rencontre d’autres personnes qui partagent avec elle des ressemblances. Plus largement, c’est un documentaire qui rend hommage à celles qui nous donnent la vie, à nos mères.

 

 

SYNOPSIS

 

Enfant, J'ai perdu ma mère. Aujourd’hui, à trente-deux ans, je sillonne le monde en quête de femmes qui portent le même prénom qu’elle – Véronique – et qui sont nées le même jour : le 23 avril 1954. Pour moi, ces femmes ont des points communs avec ma mère. À travers elles et leur histoire, je tente de retrouver des émotions, des sensations, des vibrations qui, au-delà du simple souvenir, pourraient reconstruire l’image vraie de ma mère.

 

ORIGINES DU PROJET

 

Je suis un enfant qui a vu sa mère partir trop vite et qui voudrait lui dire au revoir, régler quelques incompréhensions, entendre qu'il est aimé et lui dire qu'il l'aime. L'espace d'un instant je voudrais revivre un moment avec elle.

 

Mon intention est donc de rencontrer ma mère défunte au travers d'un dialogue avec d'autres femmes du monde entier dont les points communs tels que son prénom et sa date de naissance, me permettraient peut-être de recréer un lien avec elle. 

 

Rencontrer et discuter avec des femmes qui “ ressembleraient” à ma mère ne serait-il pas un moyen de vivre un dernier moment avec elle? Ne pourrais-je pas ainsi me rapprocher d'elle alors que la distance entre nous paraît irréductible ?

 

 

Un prénom : Véronique

 

Originellement, ce prénom est attribué à une femme pieuse de Jérusalem qui offrit, sur le chemin de croix, son voile à Jésus-Christ et dont le visage s'est imprimé sur ce même voile pour en faire une icône...

 

Mythe ou réalité, peu importe. Je crois simplement que le prénom est porteur de sens et qu’il détermine certains aspects de la vie. Sa sonorité a une influence particulière sur la personne qui le porte. Il y a une identification liée à un prénom et chacun d’entre eux a une étymologie propre. Véronique est “ issu d'un terme latin dérivé de l'adjectif verus, vera, vrai, et du substantif icon, iconis, l'image, pour signifier : la vraie image”. Pour moi qui suis scénariste et cameraman, le fait que Véronique – la Vera Icona – contienne l’image vraie m’interpelle. Dans un monde iconoclaste où la surconsommation d'images amène le dégoût et/ou l’aliénations, j'ai envie de retrouver l'image vraie, celle qui me fait toucher à l'essentiel, celle qui me relie aux choses et aux gens. Celle d'une rencontre.

 

 

Une Date de naissance : 23 avril 1954

 

Si l'on se réfère aux croyances, la date de naissance aussi n'est pas chose anodine. Être né à telle ou telle date définit d'une manière ou d'une autre, un chemin de vie particulier. C'est notamment ce que sous-tend l'astrologie. Sans pour autant me baser sur cette dernière, il me plaît à penser que les personnes nées le même jour puissent avoir des liens qui dépassent la simple rationalité, qu’elles aient des voies partageables, des destins de vie susceptibles de se recouper. Et d’une certaine manière, le film que j’ai envie de porter va réunir ces trajectoires pour retrouver une seule et même voix, celle de ma mère et/ou celle “La Mère” universelle.

 

THEMES

 

 

La Mère

 

La Mère représente un vaste ensemble de choses qui dépassent le simple lien familial, Elle incarne notamment cette notion de protection, de féminité, d’amour, d’où émane la vie elle-même. Le monde d’aujourd’hui est dirigé par le masculin. C’est un monde de plus en plus déconnecté de la nature, souvent en proie à la peur et à la destruction. Dans ce contexte, mon envie est de rencontrer celles qui nous donnent la vie, et de dialoguer avec elles à partir d'un questionnement personnel.

 

Dans l'inconscient collectif, La Mère relève de l’ancrage au monde. Perdre cela c'est perdre un lien avec la vie.

 

A travers un question-réponse avec d'autres mères, je souhaite donc faire émerger une certaine sagesse et raviver un essentiel. La relation s'effectue à plusieurs niveaux. De l'auteur vis à vis de son histoire. De l'auteur vis à vis des personnes interviewées et vice-versa. Et de l'auteur vis à vis du spectateur qui, grâce à la forme et au fond, se voit fortement impliqué.

 

En filigrane et toile de fond, la matière apportée par les interviews et l'animation sera mise en relation avec la Terre (Terre-Mère), celle qui nous porte tous et qui donne sans compter. Globalement, le film replace l’Homme dans une dimension plus vaste, apportant à sa vision autocentrée, un point de vue sacré et relatif.

 

L'Image Vraie

 

Vera Icona, C'est la recherche de l'image vraie de ma mère, Véronique.

 

L’image vraie, pour moi, serait celle d’une rencontre et non d’une image d’archive assemblée dans un montage. Il n'est donc pas question de construire une histoire avec des archives ou de vagues souvenirs. Mais il est question d’utiliser l’archive et l’animation pour créer une nouvelle rencontre. C'est un moment de vérité, qui n'est visible qu'avec le cœur. C'est une sensation. C'est pourquoi le film tente de recréer une image qui pourrait amener l’auteur et le spectateur dans la sensation.

 

TRAITEMENT

 

Le documentaire, crée principalement en animation, se base sur les interventions des mères interviewées (les « Véronique ») dont les voix courent sur tout le film.

 

Deux trames narratives se répondent l'une à l'autre. La première, raconte le manque laissé par la mort d'une mère et les efforts d'un petit garçon pour retrouver un sentiment de plénitude et d'amour. Sa route, parsemées de frustrations et d'imprévus, l'amène à grandir. La deuxième trame, crée la présence de la mère défunte, de la mère universelle. Elle répond, via les mères interviewées, aux questions intérieures du petit garçon tout au long des séquences animées.

 

A travers son traitement visuelle et sonore, le film tente de récrée le lien originel avec la mère à la fois dans le film mais aussi dans la réalité.

 

 

LES PERSONNAGES

 

Louis

 

Louis est le personnage que j'ai choisi pour représenter mon alter égo à l'âge de 11 ans. Ce n'est plus un enfant mais ce n'est pas encore un adolescent non plus. Louis est jeune garçon perdu qui ne désire qu'une chose ; retrouver sa mère. Vaillant et courageux, il cherche désespérément à être rassuré.  Car depuis, qu'il a subi cette perte, il vit dans la peur permanente.

 

 

Le Cordon Ombilicale

 

Le cordon fait partie de Louis mais se comporte comme un personnage en soi. Dés la première scène, Louis déchire son cordon ombilicale. Malheureusement celui-ci ne s'est pas coupé correctement. Ce cordon est un handicap qui le fait souffrir. Pour pouvoir fonctionner normalement, Louis, doit l’enrouler autour de la taille comme un turban pour ne pas être gêné. Aussi, ce cordon agit de manière incontrôlable en réagissant à l’instinct, il ressemble à une trompe d'éléphant multifonction. C'est un organe curieux, toujours à la recherche de quelque chose à aspirer pour se remplir. Il représente le vide de Louis.

 

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(Dessins : Alexis Vandersmissen)

 

 

Véronique

 

Véronique est un personnage créé par l'imaginaire de Louis à l'âge où il l'a perdu, c'est à dire à 11 ans. Elle change tout le temps d'apparence. Elle est habillée selon les circonstances des réponses des interviews. Les expressions de son visage par contre sont tirées des quelques images d’archives dont elle est le sujet. Le personnage de Véronique représente la déformation du souvenir de Louis qui recherche à savoir à quoi sa mère ressemblait.

 

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Exemple d'expressions de visage :

 

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La Voix (des femmes interviewées)

 

La multiplicité des interventions rends la parole des « Véronique » interviewées, universelle, anonyme et une. C'est la voix d'une mère réunie à travers plusieurs voix différentes. Cette parole, en lien direct avec la quête de Louis, amène une diversité de réponses qui élargit le champ de vision du garçon.

 

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APPROCHE VISUELLE

 

Fiction ou documentaire?

 

Aujourd'hui, la distinction entre les deux est difficile à faire. Entre une fiction qui se base sur des faits réels et un documentaire qui fictionnalise une réalité, il est dure de s'y retrouver. Aussi bien dans le fond que dans la forme, Vera Icona questionne l'Image Vraie. L'ambition est de faire transparaître un moment de vérité à travers une mise en scène qui joue à la fois sur le tableau de la fiction et du documentaire. Le film s'amusera à jouer entre les deux.

 

Dans le cas présent, toute la partie animée est fictive dans sa mise en scène mais non-fictive dans le ressenti restitué par l'auteur. Vera Icona joue sur la fiction pour amener l'émotion qui est en l’occurrence tout a fait réelle, que ce soit dans le chef de l'auteur qui a écrit la scène ou dans le chef du spectateur qui la regarde. Il est donc difficile de distinguer un genre.

 

Cependant, Vera Icona documente une réalité. Non pas celle d'un souvenir, ni même celle d'un fait historique, mais plutôt, celle du manque d'un petit garçon qui le pousse à mener une quête désespérée. De plus, un vrai travail de documentation est nécessaire pour trouver les femmes à interviewées selon les critères exposés ci-dessus. Leurs témoignages n'est pas scénarisé mais spontané. Aussi, le film tient compte d'une réalité très intime dans laquelle je suis fortement impliqué. C'est quelques éléments font pencher Vera Icona du côté du documentaire sans pour autant l’affirmer mordicus.

 

Animation ou image « réelles » ?

 

Les deux. Il est question d'une Image qui relie la forme et le fond, qui contribue à révéler l'image vraie.

 

La première raison qui me pousse à utiliser l'animation est l’envie viscérale d’explorer le souvenir d’une manière différente. Aussi, je n'ai pu trouver que 5 archives en mouvement de très courte durée dont trois sont exploitables. Celles-ci serviront, entre autre, à recréer l'image vraie. Comme explicité ci-dessus, il ne s'agit pas de faire une histoire à partir de souvenirs récoltés, mais de créer un moment particulier avec des images nouvelles.

 

Pour une raison esthétique également, je fais intervenir les images d'archives en les remettant dans un contexte animé où elles sont recrées. Grâce au travail de Claude Lanzmann, j'ai pu apprendre à me méfier d'une Image-Archive trop imprégnante ou trop impressionnante, qui réduirait dans sa seule expression la totalité d'un événement passé ou d'une personne. L'archive et/ou l'image « réelle » brute à quelque chose de réducteur. L'objectif est de trouver une manière adéquate de raviver l'aura d'une personne pour la rendre vivante. Et non de s'appuyer sur des souvenirs épuisés ou déformés de proches ou d'images pour tenter de la décrire.

 

Ne dis-ton pas qu': « On ne voit bien qu'avec le cœur; l'essentiel est invisible pour les yeux ». Encore une fois ma démarche n'est pas d'aller chercher un fait historique mais bien une sensation ou émotion qui ouvrirait les portes du ressenti. Cela contribue à la recherche de la vérité. C'est en partie au spectateur de co-créer le souvenir à travers son implication dans le récit. Pour en comprendre les tenants et aboutissants, il s'imprègne de la scène au delà de l'image.

 

Deuxièmement, l'animation permet de faire, d'une petite histoire personnelle, un film qui touche tout les âge. J’ai cette impression, que la magie qui sous-tend l'animation dépasse de loin celle du cinéma dite « réaliste ». Pour parler de cette aventure intérieure, je choisi l'animation car elle ouvre l'univers onirique auquel je suis très attaché. L'animation permet de créer un univers et des images qui catalysent la compréhension d'une histoire de ce type. L'image vraie, créée à partir de l'image d'animation ou de prise de vue réelles, développe un espace propice à la sensation, au rêve éveillé du spectateur. C'est pourquoi, je voudrais jouer sur une image qui puisse développer cet espace onirique.

 

L'important est de faire émerger une ambiance, un espace, une atmosphère, un ressenti. Et non pas de faire parler uniquement l'image qui prendrait toute la place.

 

La force d'une image réelle peut être tellement impactante qu'elle doit être utilisée ici avec parcimonie.  Encore une fois, il ne s'agit pas de capter le réel et de tenter de le restituer mais bien de le co-créer avec l'aide du spectateur. C'est pourquoi les interviews se voient donc couvertes d'une partie animée dans laquelle l’image elle-même est questionnée. Il se peut que l’image de l’interview soit détériorée, triturée ou encore agrémentée/diminuée d’une couche visuelle. Aussi, les quelques images d'archives retrouvées de Véronique sont retravaillées et recrées pour tenter de la faire revivre et d'explorer les facettes cachées de sa personne.

 

Bref, mon souci est donc de parler d'un proche que l'on a aimé sans se référer au souvenir, souvent effacé, décrépis et déformé; mais en faisant émerger une image vivante et inscrite dans le moment.

 

 

UNIVERS

 

Dans l'optique de recréer un espace maternel pour quelques instants, l'animation déploie un visuel rassurant et reliant. Ce que le protagoniste recherche et ne parvient pas à obtenir. 

 

Dés lors il n'est pas question d’utiliser un univers torturé tel que peut le faire, par exemple, Theodore Ushev. Avec un dessin saccadé, noir, sali.

 

L'image animée se veut douce.

 

Le travail de Eran Hilelli (ci-dessous) se rapproche beaucoup du style que je voudrais expérimenter :

 

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L'élément « Eau »

 

Pour moi, l'eau est un élément rassurant, elle me permet de me calmer et me relaxer. Quand je prends un bain, elle me permet de me nettoyer, de me vivifier. D'une manière générale, elle représente la fluidité. D'un autre côté, cette fluidité peut être souillée, polluée. En soi, l'eau peut charrier aussi bien le positif que le négatif, aussi bien la vie que la mort. Mais qu'elle soit trouble ou claire, sa nature est toujours a même. L'eau est donc une magnifique métaphore visuelle qui distingue la nature profonde des choses où les personnes et les événements qui peuvent venir souillé cet état. L'important est de trouver comment rendre l'eau claire. Peut-être en arrêtant de remuer le passé ? Ou en le remuant de manière créative ?

 

Dans chaque scène, l'eau représente l’énergie dans laquelle se trouve Louis, le protagoniste. Par exemple dans la première séquence, après le choc de la mort de sa mère, il se trouve dans un univers marécageux dans lequel il peine à avancer. C'est une ambiance de déprime qui plane. Par contre lorsque qu'il rencontre pour la première fois l'amour avec une femme, il est à côté d'une cascade vivifiante. C'est une joie immense qui émane de cette scène.

 

L'eau permet de créer des univers bien distincts tels que : le silence angoissant d'un marais, le murmure d'un ruisseau, le bruit du ressac des vagues sur la plage, l’étendue d'un étangs, le vrombissent d'une cascade, le miroir d'un lac, le bruissement de la pluie, le cliquetis d'une goutte. Ce sont autant de potentialité pour représenter les émotions du jeune Louis.

 

 

La Mère Nature

 

Visuellement, la nature atteste simplement d'une présence permanente dans l'image. Chaque traitement visuel de l'élément eau correspond à un décor naturel différent. La nature est omniprésente mais sans qu'on puisse vraiment y faire attention. C'est un peu une métaphore de la nature intérieure, elle est toujours là mais elle est difficilement remarquée et remarquable.

 

Archives et interviews

 

Comme explicité ci-dessus, l'archive est triturée, démembrée pour être recréée. Dans toute les archives que j'ai pu retrouver. Il existe seulement cinq petites séquences filmées sur ma mère, Véronique. Sur ces cinq, seulement trois permettent de sentir sa présence. Ces séquences sont en gros plans et elles forcent Véronique à trouver une consistance face à la caméra. Mal à l'aise ou joueuse, elle enchaîne plusieurs mimiques énigmatiques. La question surgit : « Qui était-elle ? Qui se cache derrière ce visage énigmatique ? » A partir de ces 3 images d'archives, Louis tente de reconstruire l'image de sa mère. Il l'a rend belle, il l'idéalise. Il recrée aussi le corps de celle-ci pour la faire évoluer dans ses pensées. Il est dans un fantasme en perpétuel changement. Au fil de son aventure et au gré des interviews, L'image qu'il créée se fait et se défait. Cette image n'est pas stable. Il doit sans cesse crée et recréer, de manières différentes, ce que pourrait être sa mère. Les multiples essais de recréation transmettent au spectateur l'impression d'une recherche noble mais désespérée. Malgré ses efforts apparemment vains, son aventure le pousse à trouver un début de réponse.

Le visuel des séquences liées aux interviews a donc une connotation un peu différentes que les parties en animation pure. De ce fait, même si elles gardent une cohérence en terme de technique, elles se détachent légèrement de ces scènes de fictions animées, en proposant un univers étroitement liés aux réponses des questions. Les séquences interviews recomposent l'image d'archive. Cette recomposition, en fait, se fait à partir des quelques images d'archives de Véronique sur les voix des mères» interviewées. En fonction de ce qui est dit, c'est tel ou tel univers qui est déployé.

 

 

Teinte et texture

 

Toutes les couleurs et teintes du film sont tirées des trois archives citées préalablement. Les seules images filmées sont décomposées pour créer une nouvelle image. Ce sont des teintes bleutées et ocres. Les textures, teintes des personnages et des lieux sont créés à partir des mosaïque tirée de cette image originel qu'est l'archive. Symboliquement, l'image d'archive fait vivre, en quelque sorte l'image d'animation.

 

Couleurs

 

Bien que les variations colorimétriques soient souvent utilisées en animation pour tenir compte d'un changement d'émotion ou de rythme. Elles sont également utilisées ici pour montrer la progression de Louis dans sa quête. Elles se présentent sous forme de halos, colorés et mouvantes. Elles sont, en partie, l'indicateur de l'état émotionnelle ou mental dans lequel se trouve Louis. S'il est en relation avec son corps et son cœur, cela brille. La couleur représente la vie, l'amour, qui se meuvent à l’intérieur de lui.

 

A contrario, le noir représente l'inerte, le vide et la mort. Au début, Louis perd le lien avec la couleur et la vie, il se trouve dans un monde marécageux. Son cœur reste colorée mais il doit se battre pour garder ses couleurs. Quand il est en difficulté ou dans une ambiance négative, la teinte générale du décor et de son corps s’obscurcissent. Le manque, l'insécurité, la tristesse sont représenté par une teinte qui vient noircir l'image, comme des craquelures ou des brulures. Le mental est représenté par une teinte argenté et métallique. Le métal représente le froid et la séparation.

 

 

APPROCHE SONNORE

 

Dans Vera Icona, le son, comme l'image, a une fonction maternelle, englobante et rassurante. Le son est là aussi pour transporter et suggérer les images internes au spectateur. Il est là pour relier ensemble des univers.

 

Voix

 

La première couche sonore est la voix. D’abord il y a les voix en son direct des femmes interviewées Ce sont des voix franches et claires. Comme expliquée plus haut, la voix créer à partir des différentes interviews des femmes est un personnage en soi. Elle répond aux questions du petit Louis. Elle a comme fonction de créer le lien avec les mères ou la Mère. La multiplicité rend la parole de ces « Véronique » universelle et anonyme. Grâce à l'écoute de toutes ces expériences mélangées, sa vision s’agrandit et se relativise. La multiplicité permet, en quelque sorte de prendre de la hauteur.

 

Ensuite, il y a la voix intérieure de Louis. C’est une voix off énigmatique, qui chuchote. Elle vient dramatiser ou alléger l’image en fonction du rythme de la scène. Ce sont des paroles qui virevoltent et dansent au gré des humeurs. Ce sont des poèmes qui introduisent les réponses des femmes interviewées.

 

 

Son

 

Le film est composé d'un univers sonore liquide en lien avec l’environnement de l'eau décrit plus haut. Le bruit de cascade, le ressac ou la goutte alimente une atmosphère qui peut être maternel ou inquiétante suivant la scène. Cette couche sonore a une fonction enveloppante.

 

Musique

 

La musique a une fonction reliante et enveloppante. Elle est de type berceuse pour les moments de connexion et de type angoissante pour les moments de déconnexion. Elle est en contrepoint dans certaines scènes pour faire surgir aussi l'absurdité.

 

Voici quelques morceaux de musique inspirante pour le film :

 

Ori Avni / Alonim                                           http://www.youtube.com/watch?v=rZlONEY0lCM

Adham Shaikh & Tim Floyd / Estuary                    http://www.youtube.com/watch?v=aAVvDx1ZqDg

Adham Shaikh & Tim Floyd / Lullaby

M83 / My tears are becoming sea                 http://www.youtube.com/watch?v=RLuc8vjny5c

M83 / Outro                                        http://www.youtube.com/watch?v=pkOHtAnOviU&feature=kp

Deuter / The source                                      http://www.youtube.com/watch?v=9O-SDzzHyoI

Deuter / Balance                                http://mfi.re/listen/fsuafqfcvy89qts/Deuter-Earth_Blue-07-Balance.mp3

 

 

 

MISE EN SCENE

 

Structure

 

Le documentaire est construit sous forme d'un dialogue entre un garçon (voix off) et sa mère défunte (voix interviewées). Louis pose les questions qui le turlupinent. Après l'incident déclencheur de la mort, Louis commence sa quête vers la liberté. Il se retrouve face à des expériences qui le poussent à faire des choix sans jamais trouver ce qu'il recherche. Il s'enfonce de plus en plus dans la morosité jusqu'à ce qu'il atteigne un point de rupture. Face à sa propre mort, il choisi de vivre car il comprend que son salut se trouve dans la vie. Le dialogue avec les femme est là pour l'aider dans sa démarche. 

 

Conflit

 

Le confit principal du protagoniste se situe dans l'espoir naïf et absolu de faire revivre un dernier instant sa mère avant de l'oublier à jamais. Il sait qu'il ne peut la faire revenir, mais quelque part au fond de lui, il espère toujours que ce soit possible. C'est une quête désespérée. La plupart des gens qui font l’expérience de la mort d'un de leurs proches ne réalisent pas tout de suite ce qui se présente devant eux. La première réaction est de refuser la mort à travers la colère. C'est le cas de Louis. De plus, cette mort n'a pas de sens, il ne la comprend pas. Il est fondamentalement impuissant face à ce qu'il se passe. En gros, la tension vient de la quête désespérée du protagoniste. Lui sera-t-il possible de retrouver sa mère à travers d'autres ? La question reste en suspend.

 

Empathie

 

Ce conflit peut être largement compris par tous. En effet, la plupart des gens ont vécu un situation de deuil au moins une fois dans leur vie. De plus, le fait que ce soit vécu par un enfant augmente l'identification au personnage. Cela créer une grande empathie. Il est dés lors intéressant de voir si, oui non, Louis, en tant que petit garçon, parviendra à rencontrer une dernière fois sa mère et comment il réalisera son deuil.

 

 

Les questions

 

Lors des interviews, je fais part de questions très intimes à de parfaites inconnues qui ne connaissent rien de mon histoire ni celle de ma mère et elles ont reçues comme instructions de répondre à toutes les questions en leurs propres noms même s'il elles ne sont pas toujours directement concernées. Si elles ne peuvent relier une question à leur expérience personnelle, elles ont le droit d'imaginer ce qu'elles veulent pour peu que ce soit en lien véritable avec leur croyances et valeurs. Une sincérité dans ce qu'elle délivre est demandée. La vérité vient donc du ressenti et non des faits historiques. Aux travers de questions personnelles, c'est à toute une génération de mères à qui je m'adresse.

 

C'est autour de ces questions que vient se greffer la partie fictive qui représente l'état émotionnel du protagoniste. Cet état émotionnel, plutôt tendu, amène le spectateur à ressentir dans quelle optique est posée la question. La quête désespérée de retrouver une partie de sa mère tourne au fiasco. Mais il découvre autre chose.

 

 

Exemples de questions :

 

Pourquoi m'as tu abandonné?

Pourquoi ne t'es-tu pas battu pour vivre ?

Quelle était ton attitude face à la mort ?

 

Quel est ton plus beau souvenir ? Quel est ton souvenir le plus malheureux ? Pourquoi étais-tu si malheureuse?

 

Es tu heureuse aujourd'hui ?

Que fais tu pour contribuer à ton bonheur ?

Quels sont tes projets à court terme ?

 

Est-ce dur d'être mère ?

Peut-on remplacer une mère ?

 

 

CONCLUSION

 

Bien que la structure de l'histoire ait été déjà réfléchie à plusieurs niveaux. Ecrire un documentaire de ce type en amont du tournage est difficile en ce sens que l’instant immédiat de la rencontre et la spontanéité des échanges restent primordiaux. Même s’il est possible de penser une certaine articulation, tout va s’écrire dans le présent. Ce documentaire relève de l’expérience. Dès lors, il serait réducteur de vouloir tout penser à l'avance, tout planifier. Dans cette optique, je laisse la porte grande ouverte à l'improvisation et à l'inattendu car de là surgira la richesse du sujet. De même, le montage sera une étape « d’écriture » très importante pour amener toute la cohérence du propos, son déploiement et l’homogénéité esthétique du film.

 

Ce qui compte ici c'est d'éclater la forme pour l'unifier par la suite, afin de démontrer que l'image n'est peut-être pas un véhicule satisfaisant pour la remémoration ; mais que pour avancer, il convient peut-être de faire appel aux sensations déclenchées par une vraie rencontre.

 

L'apport de l’animation dans le documentaire est intéressant car, en se projetant dans ces images, le spectateur est différemment impliqué dans le film. Il y fait participer son propre vécu. Il injecte sa part d’humanité dans la forme ou dans le personnage animé dont l’enveloppe n’a, à priori, rien de charnel. Là où on pense que la singularité de l’image animée crée une distance entre elle et le spectateur, elle réduit au contraire cette distance pour, paradoxalement, faire rentrer le spectateur dans une intime proximité vis-à-vis de ce qu’il voit, imagine et entend.

À quoi servira la collecte ?

Le projet Vera Icona (précédemment Vera Iconica) a déjà fait l’objet d’un achat (Contrat d’option) par la société de production « Tu Nous Za Pas Vu » http://www.tunouszapasvus.fr/veraiconica.html. Grâce à cet argent j’ai pu créer un premier dossier. Mais ce n’est pas suffisant pour accomplir toutes les démarches nécessaires à la réalisation de Vera Icona.

 

Premièrement, l’argent du crowdfunding servira à faire de la documentation. En effet, bien que j’ai déjà trouvé une dizaine de femmes aux USA correspondant aux critères précités, il n’est pas évident  de trouver des « Véronique » (ou Veronica) en Europe, Océanie et en Asie. Je voudrais donc engager un détective privé et créer un site internet visant à trouver les femmes recherchées.

 

Deuxièmement, cet argent servira à couvrir les frais liés à la prise de contact avec les femmes intéressées (déplacements, téléphone, etc) et les frais des recherches graphique avec Alexis Vandersmissen, un collaborateur magnifique.

 

Ensuite, une fois les "Véroniques" trouvées, cet argent permettra d'entamer les premiers tournage/interviews en Europe.

 

Avec le tournage en Europe, une ébauche de film sera alors montée pour attirer d'autres financements potentiels. Donc cet argent permettra aussi d’aller chercher d’autres soutiens, comme une coproduction en Belgique, et d’autres financements (CNC, FWB, VAF) en vue de réaliser le tournage en prise de vue réelle et la partie en animation.

 

Pour résumer, j'ai donc besoin de 5500 euros pour commencer le tournage du film:

 

2850€ serviront à la recherches des "Véroniques" (avec détective privé et site internet).

  500€ serviront à contacter les "Véronique" partout dans le monde.

1950€  permettront de couvrir, en partie, les frais de déplacement pour les premiers tournages en Europe.

200€  permettront de continuer la recherche graphique.

 

Au-delà de cette somme, Je pourrais:

- Avec 7 000 euros : Assurer une partie des frais de déplacement pour le tournage en Amérique du nord et du sud

- Avec 9 000 euros : Assurer une partie des frais de déplacement pour le tournage Asie.

- Avec 10.000 euros : Commencer la post-production.

 

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Aurian

Aurian est cadreur-monteur depuis sept ans pour diverses productions. Il a de nombreux films d'entreprises et documentaires à son actif. Récemment, il a accompli un Master en réalisation, section écriture, à l’IAD. A côté de ce travail de cadreur/monteur, il se lance comme scénariste/réalisateur. Aurian est d’abord un passionné. Sa seule envie, est... Voir la suite

Derniers commentaires

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Yes! Bravo!! A toi de jouer mnt ;-)
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Bonjour Aurian, dernière ligne droite, tout près du but, courage, cédric
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Et de 2 Aurian ! ;-) En espérant que, cette fois, ce soit OK ! Biz. Astrid