Il y a plus de 30 ans, Yves Montand voulait aider à la télévision les Français à positiver la crise.

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Présentation détaillée du projet

 

 

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POURQUOI ?

 

 

Le projet vise à publier une version revue et actualisée d'un mémoire de Master 2 Histoire et Audiovisuel (Vive la Crise ! Enjeux sociaux et politiques sous le premier septennat de François Mitterrand), soutenu en 2007 à l'université Paris I. Vive la Crise ! a été diffusée le 22 février 1984 sur Antenne 2, et était présentée par Yves Montand. Selon le CESP (Centre d'Etudes des Supports de Publicité), un institut de sondage (à l'époque, Médiamétrie, créé en juillet 1985, n'existait pas), l'émission a été regardée par 53% des spectateurs présents devant leur poste de télévision. L'émission a provoqué beaucoup de réactions, dans la presse (Le Monde, Le Figaro, Libération, L'Humanité, Le Matin, Le Quotidien de Paris, Minute…), à la télévision (deux débats ont eu lieu ; l'un entre Jacques Barrot et Pierre Bérégovoy, l'autre entre Denis Kessler, l'un des intervenants de l'émission, et une représentante du PCF, Catherine Luca) et à la radio dans les jours et les mois suivants.

 

 

 

VIVE LA CRISE, QU'EST-CE QUE C'EST ?

 

 

L'émission commençait par un faux JT présenté par Christine Ockrent afin de provoquer des réactions chez les téléspectateurs.

 

 

 

Après avoir rassuré le public, Yves Montand profitait de l'occasion pour remettre en question la gravité de la crise :

 

 

 

 

Et l'émission se terminait sur l'image d'Yves Montand s'adressant assez rudement aux téléspectateurs :

 

 

 

 

Le contexte de l'émission est celui de ce qu'on a appelé le tournant de la rigueur. Dans le livre, on posera la question suivante : en quoi Vive la Crise ! reflète les mutations sociales et politiques intervenues en France et en Europe dans les années 1980 ?

 

 

 

DE QUOI VA PARLER LE LIVRE ?

 

 

Pour répondre à cette question, on a élaboré un plan en trois parties, la première sur les conditions de production de l'émission, la seconde sur les idées directrices de l'émission, la troisième sur sa réception et son impact. Dans la première partie, on rappellera le contexte politique et socio-économique. On s'intéressera à la notion et à la conscience de crise (qui en parle et comment ?), aux difficultés rencontrées par la gauche, aux politiques économiques mises en œuvre depuis 1973 (date communément retenue pour marquer le début de la crise économique), aux créateurs de l'émission (Michel Albert, Jean-Claude Guillebaud et Yves Montand), tant à leurs idées qu'à leur trajectoire personnelle. On étudiera aussi la mise en spectacle par Vive la Crise ! de l'actualité économique. Cette dernière avait été traitée dans une autre émission, L'Enjeu, présentée par François de Closets sur TF1 de 1978 à 1988. Cette mise en spectacle, par le choix des téléastes et des intervenants, utilise tous les moyens audiovisuels (JT, reportages, publicités…).

Dans la deuxième partie, consacrée aux idées développées dans Vive la Crise !, on étudiera le discours de l'émission sur la crise, qui se développe sur trois axes : la pédagogie, l'exagération et la relativisation. Ce discours reçoit la caution d'experts issus de la haute administration, comme Michel Albert, ancien commissaire au Plan, qui, au moment de la diffusion de Vive la Crise !, est PDG des AGF (il est en poste de 1982 à 1994). Cette caution ne se base pas sur le clivage droite – gauche, mais sur le clivage entre ”archaïques” et ”modernes”. Ensuite, on verra comment l'émission fait l'éloge de la libre entreprise, que ce soit par la critique de l'Etat (dont le fonctionnement est jugé archaïque) ou la valorisation des entrepreneurs (comme Philippe de Villiers par exemple). Puis on s'intéressera à la représentation du monde du travail et des milieux populaires dans l'émission. On essaiera de savoir si Vive la Crise ! propose, comme le soutient l'émission radiophonique  Là-bas si j'y suis (présentée par Daniel Mermet sur France Inter), une ”pédagogie de la soumission” des salariés (et à travers eux, de la gauche) aux théories néo-libérales, et quelle vision elle donne des immigrés, au moment où l'immigration devient un sujet de débats très vifs, et ce, bien avant les succès électoraux du Front National.

 

 

 

Dans cette partie, on étudiera aussi la représentation des syndicats dans l'émission, qui a déplu a certains détracteurs, comme L'Humanité.

 

 

 

Enfin, dans la dernière partie, consacrée à la réception et à l'impact de Vive la Crise !, on étudiera d'abord les interprétations de l'émission dans la presse, la classe politique (qui essaie de récupérer l'émission, conçue en dehors d'elle, sinon contre elle) et les téléspectateurs. On s'intéressera plus en détail au supplément du quotidien Libération, diffusé parallèlement à l'émission (ce qui a attiré l'attention des détracteurs de Vive la Crise !, qui y ont vu une publicité gratuite pour le quotidien, dont des rédacteurs participaient à la conception de l'émission, comme Laurent Joffrin). Ce hors série est très influencé par les théories de la Fondation Saint-Simon, créée en 1982. On verra ensuite quelle ”postérité” a laissé Vive la Crise ! dans le paysage audiovisuel français. En 2004, dans l'émission radiophonique La Fabrique de l'histoire, sur France Culture, Michel Hermant, le réalisateur de l'émission, déclarait qu'on lui avait à plusieurs reprises demandé de réaliser des émissions semblables à Vive la Crise ! Il avait répondu que c'était impossible, car le succès de l'émission devait autant au contexte qu'à la personne des créateurs, Yves Montand en particulier. Néanmoins, certaines reflètent l'influence de Vive la Crise !, sans en reprendre la forme. On peut citer en particulier Ambitions, un jeu présenté par Bernard Tapie sur TF1 du 28 février au 3 décembre 1986, et dont le but est d'aider les jeunes à créer leur entreprise. Dans les années 1980, Bernard Tapie, dont l'image est déjà sulfureuse, incarne l'image du winner dans les médias.

Bernard Tapie et Jean Louis Borloo à l'institut supérieur des affairesIna.fr - Bernard TAPIE et Jean Louis BORLOO sont en visite à l'institut supérieur des affaires. Bernard TAPIE dispense des conseils aux participants. Il s'agit de la première apparition télévisée de Jean Louis BORLOO.

 

 

 

Plus de vingt ans après, à la veille de l'élection présidentielle d'avril-mai 2007, une émission intitulée Vive la France ?, présentée par la comédienne Michèle Bernier, reprenait plus ou moins fidèlement la forme de Vive la Crise ! , sans pour autant provoquer autant de polémiques que cette dernière.

 

 

 

En somme, à travers Vive la Crise !, c'est le recul des idées de la gauche, la fragilisation de son électorat populaire, et la rupture progressive avec ce même électorat qui sont représentés. Quant à l'évolution idéologique du PS et de certains intellectuels proches de la gauche, elle peut être vue comme l'une des manifestations de la ”révolution conservatrice” en Europe. Et par la même occasion, faut-il voir dans cette dernière, comme le fait Didier Eribon dans D'une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche, une revanche de la droite sur Mai 68 ?

 

À quoi servira la collecte ?

Ce livre ne peut exister sans vous… !

 

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Setni.Baro

Parisien depuis la naissance, ancien étudiant en Histoire, j'ai travaillé un peu partout, dans des call centers ou au ministère de l'Education nationale. Je m'intéresse au manga, aux animés, au cosplay, aux séries télé, au cinéma en général.