Poétiser les rues européennes avec une série d'installations de cadavre exquis modèle géant. Rendre le lieu différent par la force des mots.

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Présentation détaillée du projet

Poèmes urbains...un peu..beaucoup...à la folie...

 

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La série d'installations consiste à exposer sur un mur des affiches du texte Le jour se lève ça vous apprendra, de Jacques Rigaut.

 

Index

 

Les affiches se composent de lettres, de mots, de paragraphes, ou encore de ponctuations, elles sont posées tout d’abord sur le sol sans ordre préétabli.

Deux performers colleront ces affiches au gré de leur envie. Ce sera à eux de décider instinctivement de l’ordre de collage des affiches afin de créer une composition textuelle s’exposant petit à petit aux yeux des spectateurs.

 

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En plus de ce collage nous installerons un dispositif sonore qui se composera de lecteurs-cassette, d’un lecteur de C.D, et d’un dictaphone. Les contenus sonores sont divers, ils comprennent des extraits de films, de la musique, des lectures enregistrées. A l’image du collage, les performers viendront éteindre, allumer les diffuseurs audio.

 

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Au cours de ces quarante-cinq minutes les spectateurs déambuleront à leur gré et suivront l’avancée de cette installation. L’assemblage des mots se fera d’une manière qui tiendra aussi bien du dadaïsme que du surréalisme, car le collage est un cadavre exquis modèle géant, dans lequel le spectateur découvrira les mots de Jacques Rigaut. La découverte du Jour se lève ça vous apprendra de Jacques Rigaut est le déclencheur du projet. A la suite de notre lecture, il nous semblait évident de mettre en scène ce texte, de l’exposer et de le faire partager.

 

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Il ne s’agit pas de faire un seul spectacle mais d’en faire plusieurs à partir de ce texte. Nous souhaitons créer une série d’installations fonctionnant toutes sur le même mode. Ceci étant nous traduirons le texte dans la langue de chaque pays d’accueil. Pour cela nous avons choisi de travailler sur la forme de l’installation, elle porte en elle l’idée d’exposition. Il s’agit de faire émerger l’écriture de Rigaut dans un espace non-artistique afin de rendre le texte vivant. Elle aura lieu dans la rue, à un endroit de passage, hors du temps de la représentation, ce sont les « spectateurs-passants » qui choisiront de venir, de revenir, de partir.

 

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Au cœur de ce dispositif il y a l’envie d’exacerber l’instantanéité, le plaisir lié à l’éphémère si présent chez Rigaut. De plus, l’univers surréaliste est présent par la composition des affiches ainsi que du son et va engendrer la création d’une pluralité de sens du texte. C'est une invitation à la poésie, au jeu, à la fête, à l’intuition, à la vie, à tout ce que reflète le surréalisme présent chez cet auteur et qui nous touche tout particulièrement. Se nourrir de la vétusté d’un mur, d’une rue morne, d’un quartier désert pour en faire un support de création. Mettre en espace les mots de Jacques Rigaut, les faire vivre à travers le passage des habitants ou des touristes.

 

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Lorsque nous avons présenté cette exposition à Caen, nous nous sommes passionnés pour le processus de création de ce spectacle. En effet, nous avions choisi un mur au cœur d’un quartier désaffecté où vivaient des prostitués dans leurs camions et des S.D.F en quête d’un squat. Grâce au temps passé là-bas nous avons pu créer une relation particulière avec cette population. C’est pour cela que nous désirons investir des villes européennes avec cette exposition permanente. Choisir un endroit c’est aussi prendre conscience de son histoire et faire quelque chose à partir de cela. L’acte de collage renvoie à notre désir de laisser une trace, une marque de notre présence dans un pays, une époque, une certaine société. Prendre conscience de tout ce qui nous entoure et s’inscrire dans une nécessité de créer en 2013. Traverser l’Europe avec un spectacle, c’est apprendre à voir autrement, prendre le temps de connaître un endroit, se risquer face à l’inconnu. Il s’agit pour nous de nous adapter à nouveau à d’autres populations, d’autres pays, d’autres contextes géographiques. Nous souhaitons proposer une manière de regarder autrement. Rendre un espace différent par la force des mots et offrir une autre vision. Pour nous lire à travers l’Europe c’est se confronter à un espace de « friction ». C'est-à-dire, chercher des frottements entre des sociétés, des cultures… des langages. Au milieu de ces « ondes électriques » il y a Bruxelles capitale de l’Europe. Il s’avère indispensable d’ancrer notre travail au cœur de cette ville : de fait notre traversée commencera par cette ville. Par conséquent, chaque fois que nous nous installerons dans un nouveau pays il sera nécessaire de nous adapter à la langue, à d’autres fonctionnements, de nous imprégner d’une autre culture. Notre projet a pour but de franchir les frontières de notre pays en sortant des frontières du théâtre.

C’est une manière de trouver une identité commune à tous ces pays tout en explorant notre place de jeunes (20/30ans) dans cette Europe du XXIème siècle.

 

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Musiques: 

 

  http://www.youtube.com/watch?v=T5Xl0Qry-hA

 

  http://www.youtube.com/watch?v=t4OV7Rw8OVM

 

 

Extraits du texte de Jacques Rigaut (Lecture à France Culture le 6 Septembre 2013) :

 

http://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=4722912

 

http://www.franceculture.fr/emission-l-atelier-fiction-tokyo-is-on-the-air-a-radiophonic-birthday-night-2013-10-29

 

 

Now he's gone, I don't know why

And till this day, sometimes I cry

He didn't even say goodbye

He didn't take the time to lie

  Bang Bang, he shot me down Bang Bang,

I hit the ground Bang Bang,

that awful sound Bang Bang,

my baby shot me down  

 

Vous n'entendrez plus parler de moi. Nous sommes quelques centaines à attendre à côté; Nous passons, repassons en quête d'un commencement (il suffirait peut-être d'un geste, d'un mot, si je savais) pourvu que vous me donniez une fin.  

Je prononce mon nom, je dis je et j'évoque aussitôt un personnage à vrai dire aussi fantomatique / abstrait / arbitraire, que l'au se reconnaît dans le signe H2O, plutôt que sous forme de grêle, de torrent, etc.  

Entretenir un courant d'air en permanence...

Entretenir un courant d'air en permanence...  

Ecrire pour se débarrasser, répéter trois fois les mêmes choses, comme on gratte un dépôt. Plus de sacrifice de la barbe. Devenir sale. Tordre le torchon, saigner, déblayer.  

Se passer la main sur le visage, la crainte angoissée de n'y plus trouver ni nez, ni bouche, tous traits effacés comme sur un dessin...  

Mon démon : Façon de l'éveiller : bredouillages, phrases commencées, laissées en suspens, tous signes de l'émotion, d'un aveu, d'une déclaration, les yeux entrouverts, je tends la tête, je tends mon oreille, je tends mon attention, tendu, tendu vers cette parole qui va venir vers moi, pour moi sans doute, mais déjà je n'existe plus, le démon a pris ma place, plus aucune trace même de ma vanité, j'écoute impersonnel, comme on lit, comme on surprend un message envoyé par quelque radio mal dirigée. Je ne puis pas être touché, je ne sais plus même répondre.  

Paralysé, seule absorbe, estime, digère, s'émeut, la connaissance, abstrait, mais le plus tendu cœur de ma vie.  

 

Disparaître...

Se perdre...

La rue...

Se perdre dans la rue...

Un taxi...

Se perdre dans un taxi...

Se perdre...

 

(Lecture : Stephen D'arco et Tiphaine Marquet

Sous la direction de Marion Denhaerynck)

 

 

 

Marion DENHAERYNCK (co-fondatrice de la compagnie, metteur en scène)

 

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Tiphaine MARQUET (co-fondatrice de la compagnie, interprète)

 

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Stephen D'ARCO (membre de la compagnie)

 

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À quoi servira la collecte ?

L’argent collecté servira à mettre en place deux spectacles : un à Bruxelles, capital de l'Europe et un dans un autre pays européen.

 

Il s'agit pour nous de payer les affiches, l'impression, la colle, le déplacement...En gros l'ensemble des composantes de notre collage.

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Compagnie De Travers

Créée en juin 2011, co-fondée par Marion Denhaerynck et Tiphaine Marquet. Notre désir est de faire du spectacle vivant, de mettre en avant un travail pluridisciplinaire (théâtre, danse, photographie, cinéma, arts plastiques…). Le projet global de la compagnie est le décloisonnement du spectacle vivant, au niveau de la création comme de la réception.... Voir la suite