Des Vies Sauvages

Une pièce sur le combat d'une femme. Sur les luttes et les rêves d'une vie ordinaire. À soutenir absolument !

Visuel du projet Des Vies Sauvages
Réussi
48
Contributeurs
01/08/2019
Date de fin
3 520 €
Sur 3 500 €
101 %

Des Vies Sauvages

DE QUOI ÇA PARLE ? 

Elle porte un prénom de garçon. Maxime a 28 ans. De sa vie sans qualité, rythmée par le centre commercial en crise, sa famille, ses collègues et amis, les sorties au bar, les pauses sur le parking et les virées en voiture, elle ne se plaint pas. Mais dans sa petite agence de voyage, son monde est aussi fait d’ailleurs fabuleux.

Un jour, elle le rencontre. Il ne vient pas d’ici. Il est agent immobilier.  Il est si beau. Envoutant. Ils tombent aussitôt amoureux. Mais insensiblement, le vertige laisse place au désir de possession. Les insultes et les coups s’immiscent. Un mensonge est découvert et tout bascule. On ne le verra jamais. Mais sa présence est oppressante, telle une métaphore de la sauvagerie invisible des vies ordinaires.

Sous son apparence routinière, le monde se révèle alors pour ce qu’il est devenu, en réalité, pour Maxime : un univers familier mais sauvage, une civilisation au bord de l’effondrement. En suivant l’histoire de Maxime à travers trois temporalité juxtaposées (le passé, le présent et le futur), c’est cette situation de brèche et de basculement collectif que nous souhaitons explorer.


Des Vies Sauvages est un spectacle sur les violences invisibles de la civilisation contemporaine, sur la fragilité d’une existence ordinaire, sur la banale imperfection des vies féminines, sur la violence des normes de genre, sur la possibilité de la tragédie, mais aussi sur la beauté. Beauté d’une bataille pour sortir d’une emprise, Beauté de la vie que Maxime rêve ailleurs. 

Dans la pièce, un rêve de Maxime est régulièrement évoqué : partir à Anthrocon, le pays des Furies. Le nom d’un festival où les adultes se déguisent en animaux et donnent libre cours à leurs fantasmes. Anthrocon représente l’ailleurs de Maxime, son échappatoire, belle et tragi-comique. 

Ces dernières années ont été marquées par une succession d’affaires criminelles impliquant des femmes. Relégués au rang des « faits divers », révélateurs de la domination masculine, ces événements nous ramènent aussi bien au-delà, aux sources les plus profondes des sociétés humaines. La pièce part ainsi de cette interrogation : « Comment la violence archaïque peut-elle faire retour au cœur même de la civilisation ? » (Grégoire Chamayou, Les chasses à l’homme, 2010).

NOTRE POINT DE DÉPART ?

Ces dernières années ont été marquées par une succession d’affaires criminelles impliquant des femmes. Relégués au rang des « faits divers », révélateurs de la domination masculine, ces événements nous ramènent aussi bien au-delà, aux sources les plus profondes des sociétés humaines. La pièce part ainsi de celle interrogation : « Comment la violence archaïque peut-elle faire retour au cœur même de la civilisation ? » (Grégoire Chamayou, Les chasses à l’homme, 2010).

Ce sont ces histoires tragiques qui nous ont donné envie d’écrire. Qu’elles aient été tuées, malmenées, insultées, violées ou battues, les femmes qui ont été confrontées aux violences décrivent souvent le sentiment d’une brisure et d’une dépossession de soi. Passées au crible d’une série de filtres fantasmatiques, ces femmes perdent alors presque littéralement le statut d’êtres autonomes. C’est ce processus de lente dépersonnalisation que nous avons voulu interroger en racontant comment la tragédie peut s’immiscer dans la vie ordinaire.


À QUI S'ADRESSE DES VIES SAUVAGES ? 

Avec Des Vies Sauvages, la compagnie Les Vingtièmes Rugissants entend s’adresser à un très large public : des femmes et des hommes d’âge et de milieux sociaux divers. Cette violence invisible et souterraine existe partout et touche tout le monde. Il est fondamental que cette pièce soit également accessible aux jeunes. C’est dès le plus jeune âge, dans le quotidien, à l’école, à la maison que se nichent les rouages de la domination masculine.

La tension centrale de ce spectacle touche en effet plusieurs questions qui traversent notre contemporain : celle des violences invisibles, des dominations de genre, des fragilités économiques, de la précarité des vies ordinaires, mais aussi des possibilités d’agir.


POURQUOI SOUTENIR LE PROJET ?

En France, une femme meurt tous les 2 jours 1/2 sous les coups de son mari, ex-mari, petit-ami ou ex petit-ami. 

On m’a récemment renvoyé que le sujet de la pièce était trop « dur » pour être porté à la scène. La domination masculine est pourtant ancrée au plus profond de nos rapports sociaux comme de nos imaginaires et nous pensons que le théâtre peut  précisément permettre de donner à voir et de mettre en jeu ces violences invisibles, sans rien céder au voyeurisme ni à la complaisance.

Nous avons tout inventé de l’histoire de cette femme, même si elle entre évidemment en résonance avec ce que vivent des milliers de femmes aujourd’hui. 

Ce que nous voulons y explorer, c’est la manière dont l’emprise que subit Maxime affecte son monde intérieur et comment la violence qu’elle subit est à la fois réelle mais la plonge dans une réalité parallèle, un autre état de conscience qui tient autant de l’échappatoire onirique que du cauchemar éveillé. Par le théâtre, nous voulons creuser cette autre dimension, plus intérieure, de la violence conjugale.

Extrait du texte :


L'ÉQUIPE

Auteurs Pauline Susini et Guillaume Mazeau / Mise en scène Pauline Susini / Assistante mise en scène Florence Albaret / Comédiens Sara Amrous, Kristina Chaumont, Margaux Grilleau, Baptiste Raillard, Célia Rosich et Sylvain Sounier / Technique son et lumière Corentin Schricke et Fanny Gauthier / Scénographe : Lisa Navarro

PAULINE SUSINI / Auteure et metteuse en scène

Pauline Susini se forme pendant trois ans au Conservatoire d’art dramatique du Vème arrondissement de Paris, avec Bruno Wacrenier et Solène Fiumani. Parallèlement, elle effectue des stages en tant que comédienne, assistante à la mise en scène et à l’écriture avec Bruno Cadillon, Alain Batis et Robin Renucci.

En 2008, elle crée la Compagnie des Vingtièmes Rugissants, au sein de laquelle elle monte Visites de Jon Fosse (2008), brayage de Rémi De Vos (2010), Getting Attention de Martin Crimp (2011) et Ailleurs, création collective (2012).

En tant qu’assistante à la mise en scène, elle travaille avec Joël Pommerat sur La réunification des deux Corées (2012), avec Justine Heynemann sur La Discrète Amoureuse de Lope De Vega (2015) et sur Les Petites Reines de Clémentine Beauvais (2017). Elle travaille également en Belgique auprès de Réhab Méhal sur son triptyque La Réconciliation. Les deux premiers volets :  El Koud’s et Sur le chemin se sont joués au Théâtre National de Bruxelles ainsi qu’au Festival de Liège. 

Elle travaille depuis une dizaine d’année auprès des jeunes en Seine-Saint-Denis avec la compagnie Féminisme Enjeux, soutenue par l’Observatoire des violences envers les femmes et utilise la méthode du Théâtre de L’Opprimé d’Augusto Boal et le théâtre forum pour lutter contre le sexisme et les rapports inégalitaires. 

En 2013, elle est invitée au Théâtre Paris-Villette dans le cadre d’une soirée Carte Blanche. En 2014, elle y présente un extrait de sa dernière création : Marie-Antoinette(s), spectacle qui a été créé en 2016 au Théâtre Montansier à Versailles puis repris au théâtre de lAvant-Seine à Colombes. En parallèle, elle enseigne le théâtre dans différentes écoles et conservatoires et travaille depuis deux ans en collaboration avec le Théâtre Gérard Philipe.  Elle exerce également une activité de comédienne et sera en tournée en 2019 dans le spectacle LÂge bête mis en scène par Lara Marcou crée au CDN de Rouen. Dernièrement, elle a obtenu laide à la mise en scène de l’Association Beaumarchais pour sa sa nouvelle pièce Des Vies Sauvages, co-écrite avec Guillaume Mazeau. 

GUILLAUME MAZEAU / Co-auteur

Historien à l’Université Paris-1 Panthéon Sorbonne, à Sciences-Po et dramaturge, il s’intéresse aux formes de domination, mais aussi à l’histoire des femmes et du genre. Dans sa pratique, il cherche à faire dialoguer les sciences sociales, l’art et la politique. Il est associé au programme Speap du sociologue Bruno Latour (Sciences-Po Paris) et prépare pour mai 2018 une performance fondée sur les « arts politiques » au théâtre des Amandiers de Nanterre (avec Philippe Quesne, Frédérique Aït Touati, Jean-Michel Frodon et Yann Rocher). En 2015, il a collaboré à Ça Ira (1) Fin de Louis de Joël Pommerat mais aussi à Marie- Antoinette(s) de Pauline Susini. Au cinéma, il travaille avec Pierre Schoeller pour son prochain film Un peuple et son roi (2018).
 


"Que dit-on de l'Homme ? On répond spontanément à cette question qu'il est à la fois un animal comme les autres et unique en son genre. Le seul à se tenir debout, capacité considérée par la philosophie comme le point d'ancrage de la conscience. Le seul à avoir développé des mains préhensiles, un grand cerveau, un gosier apte au langage.

Le seul capable de transmettre de l'information sous forme de représentations. Le seul capable d'imaginer et de prévoir (est-ce si sûr ?). Le seul capable de dominer la nature. Le seul doté du rire (mais les chimpanzés rient et se moquent). Le seul capable de ressentir l'injustice dès le plus jeune âge (mais on commence à en douter). Le seul capable de perversion, disent les psychanalystes. Le seul dont la néoténie est un handicap mortel sur une longue durée…

A ces caractéristiques et à d'autres que nous pouvons subsumer sous l'idée de conscience (de soi, des autres, du monde), j'en ajoute volontiers une nouvelle, qui me paraît à la fois irréductible et condensant en un point précis l'ensemble de ces différences: l'Homme est la seule espèce où les mâles tuent les femelles de leur espèce." - Françoise Héritier. 

À quoi servira la collecte

L'argent que nous récolterons servira à l'achat des costumes et à la création sonore. 

La pièce est volontairement floue et ambiguë quant au lieu exacte où l'action se déroule. Beaucoup de personnages évoluent ensemble : ils travaillent dans le même centre commercial la journée et sortent faire la fête le soir au bar ou au karaoké. Nous voulons créer un univers visuel pop, avec des personnages marqués, sans pour autant en faire des caricatures. Nous nous inspirerons de ce types d'ambiances (images tirées du film Pas son Genre ): 

La pièce est une fiction réaliste. Pourtant, elle n’a aucune prétention documentaire : du texte et de la mise en scène jaillissent des moments d’étrangeté, où se confondent des rêves d’enfants, des moments de joie et de liberté, mais aussi des cauchemars liés aux peurs primales. Les scènes très « réalistes » succèderont donc à d’autres bien plus fantasmagoriques, hantées par l’imaginaire de la chasse et du monde animal.

Pour developper l'univers visuel et fantastique du monde intérieur de Maxime, nous avons besoin de costumes de furies (les poils des animaux en anglais :) mais ces costumes sont précieux, rares et coutent chers. 


La création sonore sera importante et travaillée sous différents angles:

Concrète, elle pourra suggérer des lieux réels et des environnements différents comme, par exemple, un fond sonore de supermarché, de commissariat, de parking. 

Sensible, elle devra renforcer l’univers du texte et de l’histoire en créant d’autres dimensions afin que le spectateur voyage dans différentes atmosphères et différentes temporalités.

Plus qu'un ornement, le son formera la véritable structure de l’espace et de l’ambiance qui s’en dégage. Ainsi, la création technique contribuera à donner au texte son univers sensible. Elle aidera à suggérer davantage qu’à montrer, en particulier pour les scènes de violence, de voyeurisme ou de harcèlement, que nous ne souhaitons pas représenter dans leur crudité.

Cette création demande des achats de logiciels de musique, ainsi que du matériel pour enregistrer des sons naturels et des voix off. 

Les ambiances sonores se rapprocheront d’un travail cinématographique. Nous partirons d’un thème qui sera amené à évoluer au cours de la pièce. La musique sera composée à l’aide de synthétiseur mais aussi avec des sonorités naturelles d’instruments. Le procédé de diffusion permettra lui aussi de plonger le spectateur au cœur de l’intrigue, il ne doit pas être passif.

 

 

 

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