Flamboyantes

Soutenez la post-production du second long-métrage documentaire de Laetitia Tura et contribuez à sa finalisation !

Visuel du projet Flamboyantes
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59 %
Antiracisme
Féminisme
Éducation

Flamboyantes

Flamboyantes est le second long métrage documentaire de Laetitia Tura, produit par Les Films du Carry et actuellement en cours de réalisation.

Nous recherchons aujourd’hui la somme nécessaire pour financer les derniers travaux de post-production, terminer le film dans de bonnes conditions et préparer sa diffusion. Aussi nous vous proposons de participer à cette belle aventure et de contribuer à sa réussite pour que le film puisse très bientôt voir le jour et trouver le chemin des salles et des festivals !


Résumé du film

Grace, Alaïde et Betsy ont entre 18 et 20 ans, elles entrent dans l’âge adulte. Elles ont vu leurs mères partir à l'aube, des années durant, pour aller travailler. Que savent-elles des générations qui les ont précédées et de l’exil de leurs parents, nés dans les territoires colonisés ? Que savent-elles de l’histoire de leurs mères et de leurs choix de quitter le pays natal ? Les mères racontent l’âpreté du travail, l’isolement de l’exil et la solitude de la maternité. Les échos créés entre la parole des mères et des filles dessinent les chemins d’une émancipation construite de génération en génération de femmes.


La genèse du projet

J’ai mené des ateliers avec des élèves de La Courneuve, enfants de ceux qui ont traversé les frontières. Leurs parents et grands-parents sont nés dans les anciens territoires colonisés. Ils habitent dans les quartiers populaires. Je leur ai demandé : de qui es-tu l’enfant ? A cette occasion j'ai rencontré Betsy, Grace et Alaïde et j'ai commencé à venir les filmer régulièrement avec l'écho de cette question, pour traverser avec elles cette période qui les mènera vers l’âge adulte, le monde du travail, l’autonomie.

Ces jeunes filles sont les héritières d’une triple histoire disqualifiée : l’histoire des colonies, l’histoire sociale, l’histoire des femmes. 

D’abord les adolescentes ont dit « je n’ai rien à raconter ». Elles ont dit encore « Ils m’ont rien dit ». Puis elles ont raconté comment elles ont fait face aux silences de leurs parents ou à leur évitement. Elles m’ont dit aussi qu’elles-mêmes s’étaient abstenues de les questionner, sentant qu’il valait mieux éviter le sujet. Elles m’ont ouvert les portes de chez elles. Connaître le parcours de leurs mères, redonner de la valeur à leurs gestes depuis leur exil jusqu’à leur arrivée en France, devient pour Betsy, Grace et Alaïde un véritable enjeu.

Les mères Rajani et Victoire me confient aussi leur passé, librement ou à demi-mots. Je mesure l’écart qui les sépare de leurs enfants, le poids de cette « mémoire qui ne sert à rien » à leur arrivée. Ces femmes n’ont pas de paroles revendicatives mais ce sont leur vie, leurs choix, qui sont la révolte. Leurs gestes, d’une grande radicalité, leurs filles ne les connaissaient pas, ou peu. Ils ont disparu sur le sol de la France. Qu’a-t-il fallu ravaler pour taire ces décisions ? Le film leur ouvre un espace qu'elles saisissent pour déployer une parole libre, franche et assurée, où elles affirment publiquement leurs parcours de vie. De nos échanges naît une intimité qui favorise l'écoute de leurs récits, tandis que le regard se porte sur leurs visages, dont les traits et les émotions racontent également des histoires singulières.

A cette période cruciale où se dessinent leurs choix, quels regards les adolescentes portent-elles sur ceux de leurs parents ? Si toutes éprouvent beaucoup de tendresse et d’affection pour leurs parents, elles aspirent à une plus grande émancipation.


Les personnages

Betsy et sa mère Rajani

Lorsque j’ai rencontré Betsy, j’ai été rapidement frappée par sa personnalité malicieuse, son humour et sa maturité. Pour les besoins de l’atelier, elle avait apporté une poupée en porcelaine, blonde et blanche, que sa mère s’était offerte avec sa première paye. Betsy a pris bien soin de la sortir de la couverture qui l’enveloppait, la manipulant avec la plus grande des précautions. Elle m’a ensuite racontée la vie de sa mère depuis son départ du Sri Lanka. Si pour elle l’arrière-plan historique de cet exil reste flou, la réalité économique lui saute aux yeux : alors que sa mère cumule ici les boulots pour joindre les deux bouts, elle gagne un salaire qui la rendrait riche au Sri Lanka.

Les traits de sa mère Rajani sont emprunts d’une grande douceur. Jeune femme tamoule, réservée, Rajani est arrivée enfant du Sri Lanka, avec sa mère et son frère, pour fuir la guerre. Depuis elle a connu sans cesse la précarité en France. « Je m’en suis toujours sortie toute seule » dit-elle. Elle a obtenu un poste dont elle est fière, responsable de l’équipe technique pour l’entreprise sous-traitante du nettoyage à l’Opéra Comique. L’été, Betsy vient travailler avec elle.

Grace et sa mère Victoire

Dernière d’une fratrie de cinq enfants, Grace navigue avec lucidité dans les relations avec sa famille, dont une partie s’est installée en France et l’autre vit toujours en Côte d’Ivoire. Elle n’a jamais connu le visage ni la voix de sa grand-mère, mais d’après son entourage elle aurait hérité de son esprit. Elle dit qu’elle flotte, qu’elle a besoin d’aller chercher des images. Et à l’âge de 15 ans, elle a fait pour la première fois le voyage à Fresco, en Côte d’Ivoire. Grace, dont la détermination force l’admiration, c’est une voix au débit rapide, dont l’assurance est nuancée par la fébrilité de l’émotion. Après son bac, elle s’est orientée vers un BTS communication et réfléchit à son avenir.

Quand Victoire atterrit en France, elle est pleine de ses rêves d’Afrique. A son arrivée, c’est la chute. Elle comprend vite qu’elle doit travailler tout en devant faire face aux difficultés des maternités. Pilier de la famille, elle raconte comment elle a construit une place ici, pour maintenir la sienne au pays. Elle nourrit une relation complice avec ses filles, qu’elle voit entrer confiante dans la vie active.


Alaïde

Alaïde se déclare « Guyanaise haïtienne martiniquaise, descendante d’esclave », elle a le visage ouvert et généreux, le regard qui pétille, la voix franche. Elle prend à cœur sa place dans la lignée de femmes de sa famille qui, de génération en génération, se sont transmises un lot de biberons de verre. Alaïde me raconte la destinée de ces quatre générations de femmes, aujourd’hui réparties sur trois continents, pour qui les maternités ont été contrariées, différées.


La réalisatrice - Laetitia Tura

© Marie Docher

Ce film documentaire s’est nourri de toutes les créations, photographiques et audiovisuelles, que Laetitia Tura développe depuis une dizaine d’années. Déconstruire la mise en scène des dispositifs frontaliers spectaculaires, rendre sensible l’expérience de ces hommes et femmes qui ont franchi coûte que coûte ces lignes physiques et imaginaires que sont les frontières, donner corps aux disparus : tels ont été les enjeux de ses différentes réalisations. Son travail photographique a été présenté lors de nombreuses expositions (au Musée Albert Kahn, au Musée national de l’histoire de l’immigration, au Mois de la photo à Paris, et prochainement au Pavillon du Carré de Baudouin…). 

Elle coréalise avec Hélène Crouzillat son premier long métrage documentaire, Les Messagers, sur la disparition des exilés aux frontières de l’Europe (sorti en salle en 2015 et sélectionné dans de nombreux festivals en France et dans le monde) puis tourne le court métrage Ils me laissent l’exil - les objets (2016), réalisé en résidence avec Le GREC / Musée d’histoire de l'immigration. Par ailleurs, Laetitia Tura intervient régulièrement dans le cadre d’ateliers de créations partagées au sein d’écoles, de médiathèques, de prisons, dans un souci de faire avec.

Principales réalisations audiovisuelles et photographiques

• Desterrar, long-métrage documentaire en cours de développement, sur les processus mémoriels dans l’Espagne post-dictature.
• Ce que j'ai vu, ce que je sais - 2020 - Perpignan. Photographies & récits.
• Les pierres gardent le secret - 2019 - Prats de Lluçanets, Catalogne. Installation.
• Ils me laissent l’exil - les objets - 2015 - court-métrage documentaire (28’ / production GREC)
• Les Messagers - 2014 - long-métrage documentaire en co-réalisation avec Hélène Crouzillat (70' / production The Kingdom, Périphérie)
• Sur les territoires de la Retirada - 2013 - France, Espagne. Photographies & récits. 
• Esprit de Gorée - 2011 - Sénégal. Photographies.
• Je suis pas mort, je suis là - 2007-2012 - Maroc, Espagne, Tunisie. Photographies & récits.
• Linewatch - 2004-2006 - Mexique, Etats-Unis. Photographies.
• Jnoub/Barakat - 2001 - Liban. Photographies.

Site personnel : www.laetitiatura.fr

Tirages extraits de "Ce que j'ai vu, ce que je sais" - Perpignan, 2020



La production - Les Films du Carry

Les Films du Carry est une société de production née en septembre 2017, destinée à produire principalement, mais pas exclusivement, des documentaires de création. Il s’agit de films au regard singulier : celui qu’un auteur porte sur le monde.

Michèle Soulignac, sa fondatrice, poursuit avec sa société le chemin entamé en 2004 à Périphérie avec Cinéastes en résidence, où elle a accompagné pendant 12 ans des films exigeants d’un point de vue formel et narratif. La singularité du sujet, de la forme, le compagnonnage avec des réalisatrices et des réalisateurs dont les univers narratifs la touchent, sont ses seuls critères de choix.


L'équipe du film

Hadrien Bayard – Ingénieur son

Hadrien a fait des études de cinéma dans le sud de la France, il est depuis un preneur de son qui forge son expérience en travaillant sur des films documentaires et de fiction.

Jordane Chouzenoux – Cheffe opératrice

Diplômée de l'Ecole Louis Lumière en 2003, Jordane Chouzenoux travaille comme cheffe opératrice en fiction, documentaire, vidéo d'art... là où ''le film est toujours plus fort que nous'' et où il est jubilatoire de l'accompagner et de lui donner corps.

Longs métrages : Si c'était de l'amour de Patric Chiha (2020) ; Lune de Miel d'Elise Otzenberger (2019) ; La nuit a dévoré le monde de Dominique Rocher (2018)…


Amrita David – Cheffe monteuse

Née en Inde, Amrita David se consacre essentiellement au montage de documentaire de création. Parmi les nombreux réalisateurs avec lesquels elle a travaillé figurent Alice Diop, Olivier Meyrou, Mohammed El Khatib et Leïla Férault-Levy. Plusieurs des films qu'elle a montés ont été primés dans divers festivals, notamment Vers la tendresse, César du meilleur court-métrage (2017) et Nous, meilleur film de la section Encounters au festival de Berlin (2021). Elle intervient régulièrement à la Femis, dont elle est diplômée, pour encadrer les documentaires des élèves.

Lucie Dèche – Monteuse son et mixeuse

A la suite d'études de cinéma à l'ENSAV de Toulouse, Lucie Dèche se consacre à la prise de son dans le documentaire, puis s'oriente vers la post-production du son essentiellement dans l'univers documentaire. Sur des temps plus longs, elle réalise des films où son geste de filmeure semble tisser le présent dans les fils de l'Histoire. En 2015 elle crée avec d'autres cinéastes la société de production de films L'Argent.

Gildas Mathieu - Conseiller à l'écriture

Après un parcours universitaire en cinéma, Gildas Mathieu coordonne de 2013 à 2020 le dispositif d'aide à la création Cinéastes en résidence au sein de l'association Périphérie. Depuis il continue d'oeuvrer dans le champ du cinéma documentaire et accompagne des auteurs dans l'écriture de leurs projets.
 

À quoi servira la collecte

Flamboyantes a d’importants soutiens (TVM Est Parisien, le CNC, la région Auvergne-Rhône-Alpes et Périphérie) mais ceux-ci ne permettent pas de mener le film totalement jusqu’au bout. Grâce à eux, Laetitia a pu filmer sur la durée Grace, Betsy, Alaïde, créer avec elles, Rajani et Victoire, une relation de confiance qui donne tout le miel de Flamboyantes et a permis de recueillir une parole rare et non stéréotypée de la part de ces femmes.

Nous avons pu également travailler avec Amrita David qui a monté le film et Lucie Dèche qui a monté le son. Mais nous devons maintenant finir le film. Pour cela nous devons le mixer, puis l’étalonner et enfin fabriquer les supports de diffusion qui permettront de le montrer nous l’espérons au plus grand nombre !

Or ces dernières étapes de production coûtent cher car elles mobilisent d’importants moyens techniques et humains :

- avec 2 000€ nous pourrions payer
l’auditorium de mixage et le salaire de la mixeuse

- 2 000€ supplémentaires nous permettront de payer
l’entièreté des coûts de l’étalonnage

- enfin avec 1 000€ de plus nous pourrons fabriquer 2 DCP, sous-titrer le film pour lui permettre de circuler en festivals en France et à l’international

Un grand merci d'avance pour votre participation !

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