"Rêves, ce qu'il en restera"

Rêver est important pour l'être humain. L'impossibilité de rêver handicape les êtres. Les handicapés subissent donc souvent une double peine

Visuel du projet "Rêves, ce qu'il en restera"
Échoué
0
Contribution
29/07/2019
Date de fin
185 €
Sur 4 000 €
5 %

"Rêves, ce qu'il en restera"

<p><strong>Des &eacute;l&eacute;phants dans des magasins de porcelaine</strong></p> <p>Codes et r&egrave;gles, croyances et superstitions, animismes et pr&eacute;jug&eacute;s&hellip; le monde en est rempli. Parfois universels, parfois diff&eacute;rents selon la partie du monde qui leur en est soumise, ils g&egrave;rent notre comportement, ils caract&eacute;risent notre d&eacute;finition de l&#39;humanit&eacute;. Question de bon sens &eacute;l&eacute;mentaire, je parle de ce que je connais : le Congo. J&#39;ai abondamment subi le poids de l&#39;imaginaire collectif congolais. Jusqu&#39;&agrave; en &ecirc;tre influenc&eacute;.</p> <p>Il ne fait pas bon &ecirc;tre diff&egrave;rent au Congo. Albinos ou homosexuel : bizarres cr&eacute;atures, entre curiosit&eacute; et ris&eacute;e. Handicap&eacute;s physiques ou psychiques : honte, m&eacute;pris et stigmatisation sociale. Tous, porteurs de malheur. &Ecirc;tre diff&eacute;rent au Congo, c&#39;est une mal&eacute;diction pour la famille. Une famille dont un des membres est diff&eacute;rent, c&#39;est une famille punie.&nbsp;</p> <p>***</p> <p>Du point de vue de la perception humaine, le <em>silence absolu</em> n&#39;existe pas. Plong&eacute;s dans la pi&egrave;ce la plus isol&eacute;e possible phon&eacute;tiquement, nous entendons toujours les bruits de nos corps. Ceci dit, si on est entendant. Est-ce que le <em>silence absolu</em> c&#39;est ce que <em>les sourds entendent</em> ?</p> <p>***</p> <p>Au Congo les sourds n&#39;ont souvent d&#39;autre choix que de se marier entre eux. Leur parcours scolaire s&#39;arr&ecirc;te immuablement en troisi&egrave;me et les seuls m&eacute;tiers &quot;&agrave; leur port&eacute;e&quot; sont la menuiserie pour les hommes et la couture pour les femmes. D&eacute;sir et envie leurs sont interdits : leur destin est trac&eacute; et tenu obstin&eacute;ment hors de leur port&eacute;e d&egrave;s la d&eacute;couverte de leur handicap.&nbsp;</p> <p>&nbsp;&nbsp; &nbsp;Aujourd&#39;hui, je me demande : comment une personne handicap&eacute;e (ce qui r&eacute;duit implicitement ses comp&eacute;tences et aptitudes - un axiome dans la perception congolaise des gens diff&eacute;rents) pourrait-elle se permettre de <em>r&ecirc;ver</em> ?</p> <p>***</p> <p><em>J&#39;ai &eacute;crit mon premier court m&eacute;trage de fiction : &quot;</em>Au nom de&hellip;<em>&quot;. Une histoire d&#39;amour (impossible) entre une sourde et un entendant. C&#39;est ainsi que j&#39;ai rencontr&eacute; </em>Mvouama<em>.</em></p> <p><strong>Aim&eacute;e Sainte</strong></p> <p>Tout le monde l&#39;appelait <em>Mvouama</em>. Pourtant, elle se pr&eacute;nommait <em>Aim&eacute;e Sainte</em>.</p> <p>***</p> <p>&nbsp;&nbsp; &nbsp;C&#39;est mon producteur qui m&#39;a propos&eacute; de faire le casting pour mon personnage f&eacute;minin &agrave; l&#39;Institut National des Jeunes Sourds de Brazzaville. J&#39;&eacute;tais sceptique. Les pr&eacute;jug&eacute;s ont la peau dure et ils peuvent d&eacute;former m&ecirc;me les regards les mieux intentionn&eacute;s.</p> <p>&nbsp;&nbsp; &nbsp;Le jour du casting, il y avait une douzaine de candidates. Toutes portaient leur t&ecirc;te haute, le regard droit. Sauf Mvouama. Son corps, ses mains, son regard baiss&eacute;&hellip; j&#39;avais devant moi l&#39;incarnation de mon personnage invent&eacute; : <em>une p&eacute;nitente</em>.&nbsp;</p> <p><img alt="" src="https://d3v4jsc54141g1.cloudfront.net/uploads/project_image/image/601775/Photo_Aim_e_Sainte-1560330360.jpg" width="100%" /></p> <p>***</p> <p>&nbsp;&nbsp; &nbsp;L&#39;histoire que je voulais dans &quot;<em>Au nom de&hellip;</em>&quot; &eacute;tait l&#39;histoire d&#39;une double peine : une femme sourde au Congo. J&#39;ai imagin&eacute; mon personnage comme une femme effac&eacute;e, r&eacute;serv&eacute;e, douce, timide. Une femme fianc&eacute;e &agrave; un homme &quot;normal&quot; qui parle pour elle. Une femme qui se fait rejeter par la m&egrave;re de son fianc&eacute;.</p> <p>C&#39;est pour cela que Mvouama (l&#39;image m&ecirc;me de la p&eacute;nitente) fut une &eacute;vidence d&egrave;s que mes yeux se sont pos&eacute;s sur elle. Tellement qu&#39;ensuite, pendant le tournage, je dirigeais les sc&egrave;nes plus par rapport &agrave; elle que par rapport au sc&eacute;nario.&nbsp;</p> <p>***</p> <p>Mvouama, au moment du tournage de mon film, avait 18 ans. Elle vivait avec son p&egrave;re, ancien employ&eacute; de la soci&eacute;t&eacute; des chemins de fer du Congo.&nbsp;</p> <p>Mvouama avait un fianc&eacute;, Amour, un jeune entendant. Ce ne s&#39;invente pas. <em>Aim&eacute;e Sainte</em> et <em>Amour</em>. Son p&egrave;re et Amour &eacute;taient la forteresse de Mvouama. Le reste du monde ext&eacute;rieur, en dehors de l&#39;Institut des Jeunes sourds, &eacute;tait &nbsp;&quot;le danger&quot;.&nbsp;</p> <p>***</p> <p>Je n&#39;ai jamais pu me retrouver seul avec Mvouama. M&ecirc;me si elle lisait quelques fois sur les l&egrave;vres, nous avions besoin chaque fois d&rsquo;un interpr&egrave;te pour communiquer.&nbsp;</p> <p>Pendant les r&eacute;p&eacute;titions, je me suis pourtant rendu compte, avec stupeur, que Mvouama &eacute;tait celle qui comprenait le plus profond&eacute;ment mon propos. Sans parler du fait qu&#39;elle &eacute;tait, de loin, la plus talentueuse.&nbsp;&nbsp; &nbsp;</p> <p>J&#39;ai alors commenc&eacute; &agrave; croire en elle. Certaines plantes, surtout celles du d&eacute;sert, ont besoin juste de quelques gouttes d&#39;eau pour fleurir : Mvouama a commenc&eacute; &agrave; croire aussi en elle-m&ecirc;me. Elle avait de moins en moins peur du monde des entendants. Elle se m&eacute;fiait moins, elle s&#39;ouvrait vers l&#39;ext&eacute;rieur, elle s&#39;ouvrait tout court.</p> <p>Petit &agrave; petit, ses bras se sont d&eacute;nou&eacute;s. Sa t&ecirc;te s&#39;est redress&eacute;e. Et son visage s&#39;est m&eacute;tamorphos&eacute;. &nbsp;</p> <p>Adieu Mvouama la p&eacute;nitente, bienvenue Aim&eacute;e Sainte la bien heureuse !</p> <p><img alt="" src="https://d3v4jsc54141g1.cloudfront.net/uploads/project_image/image/601781/Photos_Sainte_3-1560330785.jpg" width="100%" /></p> <p>Ce faisant, elle s&#39;est permis de commencer &agrave; r&ecirc;ver. Elle aimait la lecture, elle se voyait &eacute;crivaine. Elle se languissait de voyager, elle se voyait h&ocirc;tesse de l&#39;air. Elle &eacute;tait &agrave; l&#39;aise dans le monde virtuel, elle se voyait informaticienne. Elle s&#39;&eacute;panouissait en jouant, elle se voyait com&eacute;dienne professionnelle. Le monde des &quot;gens normaux&quot; continuait &agrave; l&#39;effrayer un peu mais la peur c&eacute;dait doucement la place &agrave; la curiosit&eacute; et aux r&ecirc;ves.</p> <p>&nbsp;&nbsp; &nbsp;<em>Aim&eacute;e Sainte r&ecirc;vait.</em></p> <p>&nbsp;</p> <p><strong>Sauve qui peut</strong>&nbsp; &nbsp;</p> <p>Mais voil&agrave;&hellip; &nbsp;Je suis parti loin. Je suis venu en France.&nbsp;</p> <p>&nbsp;&nbsp; &nbsp;Mon principal bagage &eacute;tait un projet de film documentaire sur Mvouama. Elle &eacute;tait rest&eacute;e au pays, certes : m&ecirc;me si dou&eacute;e, elle ne pouvait pas, comme moi, poursuivre ses &eacute;tudes.&nbsp;</p> <p>&nbsp;&nbsp; &nbsp;Mvouama continuait de r&ecirc;ver. Elle &eacute;tait confiante, elle me faisait confiance : j&#39;&eacute;tais sa bonne &eacute;toile.&nbsp;</p> <p>&nbsp;&nbsp; &nbsp;En France, j&#39;avan&ccedil;ais sur le projet. Les r&eacute;actions &eacute;taient encourageantes. J&#39;envoyais r&eacute;guli&egrave;rement, &agrave; travers mon producteur congolais, des nouvelles &agrave; Mvouama (qui passait souvent ses journ&eacute;es dans le bureau de la production, &agrave; surfer sur internet, &agrave; r&eacute;viser et &agrave; r&ecirc;vasser) et j&#39;en recevais en retour.&nbsp;</p> <p>Et puis, il y a eu rupture entre le producteur et moi.&nbsp;</p> <p>Alors, en utilisant les difficult&eacute;s inh&eacute;rentes &agrave; tout financement de documentaire comme alibi, j&#39;ai jet&eacute; l&#39;&eacute;ponge.&nbsp;</p> <p>***</p> <p>&nbsp;&nbsp; &nbsp;Cela fait dix ans que nous nous sommes perdus de vue, Mvouama et moi. Elle n&#39;avait jamais quitt&eacute; un coin de ma t&ecirc;te et un bout de mon c&oelig;ur. Jusqu&#39;&agrave; r&eacute;aliser un documentaire sur une personne malentendante en France.&nbsp;</p> <p>Ensuite&hellip; D&egrave;s que je me suis construit une armure assez forte, j&#39;ai recommenc&eacute; &agrave; r&eacute;aliser et &agrave; produire des films au Congo. Mvouama me hantait mais c&#39;est seulement il y a trois ans que je suis parti &agrave; sa recherche. Impossible de trouver la moindre trace. La famille a d&eacute;m&eacute;nag&eacute;, mais o&ugrave; ? Myst&egrave;re ! Les voisins n&#39;en savent rien. Le profil que Mvouama avait sur les r&eacute;seaux sociaux est vide. &Agrave; l&#39;Institut, personne n&#39;a de ses nouvelles m&ecirc;me si tous les &eacute;l&egrave;ves avaient entendu parler d&#39;elle, &agrave; travers mon court m&eacute;trage. Mvouama, c&#39;est celle qui leur permet de r&ecirc;ver. Mais elle, elle reste introuvable.</p> <p>***</p> <p>Aim&eacute;e Sainte doit avoir la petite trentaine maintenant. Je sais qu&#39;elle est vivante &ndash; c&#39;est d&eacute;j&agrave; &eacute;norme. Mais je ne sais rien sur ce qu&#39;elle est devenue&hellip; De ses r&ecirc;ves, je n&#39;ai aucune id&eacute;e de ce qu&#39;il en reste&hellip;&nbsp;</p> <p>Je ne sais pas non plus si elle voudra me parler, si elle pourra me faire &agrave; nouveau confiance. Je ne sais pas si je la d&eacute;cevrais &agrave; nouveau.&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> <p><strong>Doriane</strong></p> <p>C&#39;est en recherchant Mvouama que j&#39;ai rencontr&eacute; Doriane. Comme si ma culpabilit&eacute; par rapport &agrave; la premi&egrave;re m&#39;avait d&eacute;voil&eacute; la deuxi&egrave;me.&nbsp;</p> <p>***</p> <p>Je peux dire que, si j&rsquo;ai trouv&eacute; Mvouama, c&rsquo;est Doriane qui m&rsquo;a trouv&eacute;. Je l&rsquo;ai rencontr&eacute;e alors qu&rsquo;un ami metteur sc&egrave;ne m&rsquo;avait invit&eacute; &agrave; venir assister aux r&eacute;p&eacute;titions de (la seule au Congo) troupe th&eacute;&acirc;trale de malentendants qu&rsquo;il dirigeait. J&rsquo;&eacute;tais excit&eacute; et s&ucirc;r d&rsquo;y retrouver Mvouama. Mais elle n&rsquo;y &eacute;tait pas.&nbsp;</p> <p>Mon ami m&rsquo;a pr&eacute;sent&eacute; aux membres de la troupe comme celui qui avait fait le film dans lequel jouait Mvouama. Tout le monde avait entendu parl&eacute; du film ou l&rsquo;avait vu. Ils connaissaient tous Mvouama, du moins de nom. A la fin des r&eacute;p&eacute;titions j&rsquo;ai salu&eacute; tout le monde et Doriane est venue me parler. Elle vocalisait et je pouvais distinctement la comprendre : d&egrave;s le d&eacute;but, mon rapport avec elle a &eacute;t&eacute; &agrave; l&#39;oppos&eacute; de celui avec Mvouama.&nbsp;</p> <p>***</p> <p>Doriane a 28 ans aujourd&rsquo;hui. Elle n&rsquo;est pas n&eacute;e sourde. Quand la guerre civile &eacute;clate au Congo en 1997, elle a tout juste 7 ans. La violence des combats et les engins de guerre utilis&eacute;s (bombe et armes lourdes) ont rendu Doriane sourde depuis. Sa maison d&rsquo;enfance &agrave; Brazzaville a &eacute;t&eacute; ras&eacute;e. Doriane vit avec sa s&oelig;ur cadette Laurette, elle-m&ecirc;me sourde, dans un petit appartement &agrave; Brazzaville. Elle a v&eacute;cu ces derniers mois des avantages li&eacute;s &agrave; son statut de Miss. Maintenant, pour faire face &agrave; ses besoins, elle travaille de temps en temps dans un&hellip;&nbsp; atelier de couture.&nbsp;</p> <p>Au sein de la troupe de th&eacute;&acirc;tre Zackarie, Doriane brillait de milles feux. Excellente com&eacute;dienne, elle avait fait une tourn&eacute;e nationale et africaine avec sa troupe : Pointe Noire, Dolisie, Cameroun, Maroc, Alg&eacute;rie &hellip;&nbsp;</p> <p>Si Mvouama &eacute;tait r&eacute;serv&eacute;e, Doriane est tout son contraire. Elle a le contact facile. Elle engage spontan&eacute;ment la conversation avec les entendants sans interpr&egrave;tes. Elle lit avec une pr&eacute;cision impressionnante sur les l&egrave;vres et ses vocalises sont assez compr&eacute;hensibles. En 2016, elle a m&ecirc;me &eacute;t&eacute; &eacute;lue &laquo;&nbsp;Miss Deaf&nbsp;&raquo; du Congo.</p> <p><img alt="" src="https://d3v4jsc54141g1.cloudfront.net/uploads/project_image/image/601787/Doriane2_-_copie-1560331529.jpg" width="100%" /></p> <p>Doriane avait arr&ecirc;t&eacute; ses &eacute;tudes apr&egrave;s le brevet (oblig&eacute;e et non pas par choix). Le th&eacute;&acirc;tre &eacute;tait la seule chose qui lui permettait d&#39;esp&eacute;rer un destin diff&eacute;rent. Et elle ne s&#39;en privait pas : des &eacute;toiles dans les yeux, des r&ecirc;ves pleine la t&ecirc;te.&nbsp;&nbsp;</p> <p>***</p> <p>&nbsp;&nbsp; &nbsp;Sauf&nbsp; que&hellip; Il y a toujours un &quot;sauf que&hellip;&quot; Pour des raisons personnelles, le metteur en sc&egrave;ne a quitt&eacute; la Zacharie Th&eacute;&acirc;tre. Suite &agrave; son d&eacute;part, la troupe a cess&eacute; de fonctionner. Et les r&ecirc;ves de Doriane sont menac&eacute;s de disparition. Comme ceux de Mvouama il y a dix ans.</p> <p>Sauf que&hellip;&nbsp; Heureusement, il y a une autre &quot;sauf que&quot;&hellip; Doriane n&#39;est pas du genre &agrave; se r&eacute;signer. Pour garder ses r&ecirc;ves &eacute;veill&eacute;s, elle a d&eacute;cid&eacute; d&#39;agir : apprendre &agrave; faire de la mise en sc&egrave;ne pour assurer la continuit&eacute; de Zacharie Th&eacute;&acirc;tre. Elle est confiante. Elle attend beaucoup de moi et peut se montrer impatiente. Et moi, je ne peux envisager de la d&eacute;cevoir aussi.&nbsp;</p> <p>***</p> <p>Mes r&ecirc;ves d&#39;aujourd&#39;hui rencontrent les r&ecirc;ves de Doriane. Mes r&ecirc;ves de r&eacute;demption par rapport &agrave; la p&eacute;nitente Mvouama que j&#39;aimerais aider v&eacute;ritablement cette fois-ci dans sa transcendance vers Aim&eacute;e Sainte. Mes r&ecirc;ves d&#39;apporter ne serait-ce qu&#39;un grain de poussi&egrave;re au changement de la soci&eacute;t&eacute; congolaise &ndash; changement des mentalit&eacute;s, changement dans la perception de la libert&eacute; de r&ecirc;ver. La t&eacute;nacit&eacute; et la force de Doriane me donnent courage, me font me dire que c&#39;est possible.</p> <p>Le possible que je r&ecirc;ve de rendre r&eacute;alit&eacute; est, vu des autres rives, somme toute assez modeste : que Doriane apprenne la mise en sc&egrave;ne th&eacute;&acirc;trale et qu&#39;elle sauve ainsi Zacharie Th&eacute;&acirc;tre. Que ce m&ecirc;me film me permette, dans son int&eacute;rieur m&ecirc;me, de retrouver Mvouama pour qu&#39;elle puisse devenir Aim&eacute;e Sainte &agrave; travers son int&eacute;gration dans la troupe de th&eacute;&acirc;tre de Doriane et la r&eacute;alisation de son r&ecirc;ve de devenir com&eacute;dienne.</p> <p>&nbsp;&nbsp; &nbsp;Pratiquement, et sans parler pour l&#39;instant des co&ucirc;ts d&#39;une telle &quot;entreprise&quot;, les choses sont compliqu&eacute;es. Il n&#39;y a pas d&#39;&eacute;cole de th&eacute;&acirc;tre au Congo. Ni moi, ni bien &eacute;videmment elle, nous n&#39;avons pas les moyens d&#39;offrir &agrave; Doriane une inscription dans une &eacute;cole europ&eacute;enne. La seule solution concr&egrave;te et r&eacute;aliste qui me reste est de &quot;<em>faire venir la montagne &agrave; Mohammed</em>&quot;.&nbsp;</p> <p><strong>J&eacute;r&ocirc;me</strong></p> <p>Il y a, au Havre o&ugrave; j&#39;habite, un com&eacute;dien et metteur en sc&egrave;ne audacieux et courageux : J&eacute;r&ocirc;me Boyer.&nbsp;</p> <p><img alt="" src="https://d3v4jsc54141g1.cloudfront.net/uploads/project_image/image/601772/AUTOPORTRAIT-1560329744.jpg" width="100%" /></p> <p>&nbsp;</p> <p>Un peu ours, une vraie force de la nature, J&eacute;r&ocirc;me, 44 ans, est impressionnant et intimidant au premier abord. Sous son image d&rsquo;homme s&eacute;rieux, se cache un personnage haut en couleurs, bon vivant, joyeux, m&ecirc;me d&eacute;conneur parfois&hellip; &nbsp;</p> <p>J&eacute;r&ocirc;me est aussi un artiste engag&eacute; qui d&eacute;fend un discours citoyen et militant dans ses cr&eacute;ations. Parfois un peu provoc ou d&eacute;cal&eacute;. Il m&egrave;ne avec sa compagnie, &quot;Le temps qui s&egrave;che&quot;, des projets de th&eacute;&acirc;tre citoyen dont les 2 plus r&eacute;cents sont : &quot;<em>Humains en &eacute;tat de marche</em>&quot; (contre la radicalisation) et &quot;<em>Ceux qui restent/ce qu&rsquo;il reste</em>&quot; (travail autour des archives photographiques des anonymes chin&eacute;es dans les brocantes). Excellent com&eacute;dien et metteur en sc&egrave;ne, il incarne aussi diff&eacute;rents personnages au cin&eacute;ma et &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision.</p> <p>J&eacute;r&ocirc;me aime se lancer des d&eacute;fis et repousser ses limites. Il est formateur au sein de la compagnie &quot;Akt&eacute;&quot; du Havre. Au Havre encore il a anim&eacute; de nombreux ateliers dont certains aupr&egrave;s des jeunes malentendants. Et depuis 2 ans, il part r&eacute;guli&egrave;rement au Burkina Faso animer b&eacute;n&eacute;volement des ateliers de th&eacute;&acirc;tre.</p> <p>C&#39;&eacute;tait, bien s&ucirc;r, une &eacute;vidence encore : c&#39;est J&eacute;r&ocirc;me ma &quot;montagne&quot; ! Montagne id&eacute;ale, montagne providentielle. Et d&egrave;s que je lui ai parl&eacute; de mon projet, J&eacute;r&ocirc;me a &eacute;t&eacute; enthousiaste. Son enthousiasme m&#39;aide &agrave; continuer d&#39;y croire dans les moments de &quot;d&eacute;confiture budg&eacute;taire&quot;.&nbsp;</p> <p>J&eacute;r&ocirc;me a accept&eacute; donc d&#39;aller &agrave; Brazzaville pour &eacute;crire et cr&eacute;er, en collaboration avec Doriane, une pi&egrave;ce de th&eacute;&acirc;tre avec la troupe Zacharie. Ils assureront tous les deux la mise en sc&egrave;ne : &ccedil;a sera, pour Doriane, un apprentissage sur le vif. Et quand J&eacute;r&ocirc;me rentrera en France, Doriane serait devenue la premi&egrave;re metteuse en sc&egrave;ne sourde du Congo. Et Mvouama, enfin devenue Aim&eacute;e Sainte, sera une des&nbsp;com&eacute;diens&nbsp;de la troupe. Enfin, c&#39;est ce dont je r&ecirc;ve. On verra bien ce qu&#39;il en restera&hellip;</p>

À quoi servira la collecte

<p>&nbsp;</p> <p>Je ne suis, pour l&#39;instant, qu&#39;&agrave; la &quot;th&eacute;orie&quot; de mon film. Il m&#39;habite d&eacute;j&agrave;, de plus en plus pr&eacute;cis et onirique en m&ecirc;me temps.&nbsp;</p> <p>&nbsp;&nbsp; &nbsp;Il est &eacute;vident que je dois, au plus t&ocirc;t, aller au Congo avec J&eacute;r&ocirc;me et Anca Hirte, ma co-autrice. Rester ensuite longtemps sur place pour r&eacute;soudre tous les probl&egrave;mes techniques pendant que J&eacute;r&ocirc;me, de retour au Havre, commencera l&#39;&eacute;criture de la pi&egrave;ce en collaboration avec Doriane. Organiser en m&ecirc;me temps, avec Doriane, le partage de son temps, pendant les tournages, entre l&#39;apprentissage de la mise en sc&egrave;ne et la recherche de Mvouama.&nbsp;</p> <p>Je (<em>nous</em>) suis (<em>sommes</em>) fin pr&ecirc;t(<em>s</em>). Il ne nous manque &quot;que&quot; l&#39;argent pour commencer &agrave; mettre le premier caillou dans la fondation de ce film et de nos r&ecirc;ves. C&#39;est pourquoi j&#39;en appelle &agrave; votre g&eacute;n&eacute;rosit&eacute;.</p> <p>&nbsp;</p>

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5 €

Votre nom sera intégré au générique de fin dans les remerciements.

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Une invitation à la projection du film (suivie du cocktail) + contreparties précédentes

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Invitation sur le lieux du tournage (les frais de transports ne sont pas pris en charge) + contreparties précédentes

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