NAKBA

Documentaire sur Eleonore et Eitan Bronstein, auteur(e)s du livre NAKBA , pour la reconnaissance de la tragédie palestinienne en Israël.

Visuel du projet NAKBA
Réussi
71
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27/12/2019
Date de fin
6 035 €
Sur 6 000 €
101 %
Solidarité
internationale

NAKBA

Après un premier documentaire intitulé " UN AUTRE SON D'ISRAEL" ( 60'- 2016 - produit grace à Touscoprod), je compte m'attacher à deux personnages rencontrés lors de ce premier tournage. Eleonore et Eitan Bronstein,ICI UN EXTRAIT avec l'iTV d'EITAN  Après avoir créé l'association ZOCHROT, puis De-colonizer, le couple vient d"écrire un livre : "NAKBA, pour la reconnaissance de la tragédie palestinienne en Israël". Colossal travail dans pays où le déni d'une histoire fait force de loi, mais où le devoir de mémoire, celui dela Shoah est un fondement même de l'état. Ce film se propose de suivre le couple durant une semaine du mois de mai où sont célébrés trois grandes fêtes nationales en I'Israël et où le couple multiplie les actions pour la reconnaissance d'une histoire. Celle des palestiniens massacrés, forcés à l'exil, leurs villages rasés.

Rappel de quelques éléments: 

Le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale des Nations unies adopte la résolution 181 qui prévoit le partage de la Palestine en deux Etats : l’un juif, l’autre arabe, avec une zone internationale pour Jérusalem et les lieux saints. 

Le 14 mai 1948, proclamation de l’Etat d’Israël. 
Entre 1947 et 1949, environ 800 000 Palestiniens ont été chassés de force de leurs terres par les forces israéliennes. 
C’est la Nakba, mot arabe qui signifie «grande catastrophe». 

L’ exode des palestiniens se fait par la force, par des rumeurs orchestrées par la milice israélienne «Hagannah» dont celle d’épidémies, par la terreur comme des massacres entiers de villlages. Le plus connu est celui de Deir Yassin, perpétré par l’Irgoun - organisation armée sioniste - dans la nuit du 9 au 10 avril 1948. 250 femmes habitants, femmes, enfants, vieillards, de ce petit village de la région de Jérusalem sont abattus.

Le mythe de la fuite: très rapidement  les autorités israéliennes  mettent en place un discours falsifié:  les Palestiniens se sont enfuis parce qu’ils ont répondu à l’appel au départ des pays arabes. 

Le déni: Les différents gouvernements israéliens ont cultivé depuis la création de l’état ,  une négation de l’Histoire. Il n’y a pas eu de Nakba pour eux. Une immense majorité de la population isrélienne en est convaincue. 

Le droit au retour: Le 11 décembre 1948, les Nations Unies ont voté une résolution qui affirme «qu’il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et  de vivre en paix avec leurs voisins et que des indemnités doivent être   payées à titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers». Le 11 mai 1949, le gouvernement israélien endosse cette résolution lors de la conférence de Lausanne. Le lendemain, Israël est admis comme membre des Nations Unies. Mais depuis, la résolution n’a jamais été respectée. 
 

De quoi parle t on ici? 

Tout d’abord d‘Histoire. Y mettre un grand H ne veut pas dire que c’est la vraie , l’unique. Nous savons qu’il en existe toujours plusieurs mais que celle qui est retenue est toujours celle des vainqueurs. Ce film remettra quand même certaines vérités de l’exode des palestiniens à leur place «historique» avec son lot de massacres et villages détruits. 

Ensuite et principalement il sera question ici de la construction / destruction d’un récit. 
Comment le sionisme, projet colonial européen, occidental, s’est bâti, entre autres , sur un mensonge: un peuple sans terre pour une terre sans peuple. C’est dés le départ du projet la négation de l’existence d’un peuple. Cette négation, permanente dans la politique sioniste d’Israël, trouve un écho particulier avec la Nakba. Parce que la naissance d’Israël repose en grande partie sur la reconnaissance de la Shoah, censée éliminer toute autre reconnaissance, toute autre catastrophe. Le déni, non seulement des atrocités faites à des civils par les «armées» ou milices juives entre 47 et 49, mais de l’existence même d’une quelconque catastrophe, c’est à dire d’un exode forcé, est devenu un fondement de l’état, de l’éducation, l’un des outils de propagande déniant les droits de l’“autre“, l’arabe, le palestinien. 

Il est question ensuite d’un combat. Entrepris par un homme puis en compagnie de sa femme.  Eitan a en effet été l’un de pionniers par la création de l’association Zochrot à militer pour une reconnaissance de la Nakba en Israël et le retour réel des réfugiés. Avec Zochrot, puis avec De-Colonizer créée avec sa femme Eleonore, il a documenté avec des cartes précises tous les emplacements des villages détruits, avec leur nom, leur position, le nombre d’habitants. Inlassablement, de journée de commémoration en marche pour la paix, de conférence en action sur le terrain ils ont réussi en plus de dix ans à faire entrer la question de la Nakba dans la société israélienne. Et pas «pour» les palestiniens. Mais pour les israéliens, pour Israël , son pays qu’il habite, dont il est l’un des héritiers, l’un des privilégiés. Parce qu’aucune solution de paix durable ne pourra faire l’impasse  sur qui a été fait au nom d’Israël au long de sa courte histoire. 

La Nakba n’est en effet pas qu’une histoire du «passé» mais a toujours ses répercussions aujourd’hui. Après la guerre de 47-48, la guerre des six jours en mai 1967 intensifia la destruction de toutes traces ancienns des habitations palestiniennes. Et aujourd’hui encore, dès que cela est possible, même certaiens ruines pouvant attester d’une présence palestinienne avant 1947 est rasée. 

Le film 
Durant 10 jours nous suivrons Eitan et Éléonore. Plus précisément du 20 avril au 29 avril 2020. 
Durant cette période, Israël commémore trois fêtes importantes, véritables symboles identitaires. 
 Le jour du souvenir de la Shoah ( Yom Ha’Shoah) le 20 avril.
Le jour du souvenir pour les victimes israéliennes de guerre ( Yom Ha’zikarom) les 27 et  28 avril.
Et celui de l’indépendance (Yom Ha’atzmaout) le 29 avril. 
Le discours national s’articule autour de ce triptyque: la destruction, le sacrifice et le salut. 
C’est dans cette période également qu’est prévue chaque année la grande manifestation du droit au retour, qui réunit des milliers de palestiniens mêlés à des israéliens. 
Eitan et Éléonore multiplient les interventions à chacune de ces manifestations. Avec des pancartes condamnant l’occupation, rappelant la Nakba, appelant aux retours des réfugiés de 1947. 
Le film sera fait d’alternance entre ces manifestations et des lieux précis où Éléonore et Eitan m’emmènent.
 
Traitement
Deux ambiances totalement différentes. 
Celle des manifestations. L’image bouge. Il y a une violence, une confrontation. Ce sont des moments où les idées et le travail des deux personnes se frottent aux réactions de la société israélienne , très majoritairement hostile à leur combat. Les images parlent d’elles mêmes. Pas d’interview. Je suis effacé. Je suis en spectateur de ce face à face. 
Celle des lieux de mémoire. L’image est stable. Très belle. Très posée. Avec des cadres. Je veux jouer avec ce contraste entre une société en ébullition,en crise profonde, et le sérieux, le calme, la rigueur d’un travail engagé depuis 20 ans et qui porte ses fruits grâce à  sa précision et sa méticulosité. Je suis dedans, c’est à dire je pose des questions, ils me répondent de manière frontale, même si j’essaierai de privilégier les dialogues qu’Éléonore et Eitan ont entre eux, par exemple lorsqu’ils se rappellent des souvenirs de lutte commune. Ou lorsqu’ils évoquent leur passé familial et leur enfant, l’avenir qu’ils aimeraient lui bâtir. Ces dialogues permettront d’ apprendre peu à peu de l’histoire de l’une comme de l’autre. Pour Éléonore par exemple, de mère juive et de père musulman,  qui avait cessé de militer dans des organisations pro palestiniennes pour propos antisémites, elle reprend le militantisme après l’opération «Plomb durci» (2008-2009), qui massacre plus de 1500 civils palestiniens. Elle dit : «le fait d’être juive invite à l’engagement face à ceux qui voudraient parler «en notre nom»». 

Séquence 1 -  20 avril  -Le jour du souvenir de la Shoah (Yom Ha’Shoah) 
Tel Aviv. Dans les rues la population observe une minute de silence alors qu’un peu partout des événements sont organisés. Pas d’intervention directe du couple prévue, à moins que.. à voir sur place.


Séquence 2  - Qaqqun
Retour d’Eitan, accompagné de sa femme, sur les lieux de son enfance.  Né en Argentine, arrivé à l’âge de 5 ans en Israël, Eitan a été élevé dans un kibboutz. Il a vécu, jeune, proche des ruines de Qaqqun, village palestinien détruit et effacé de la mémoire. C’est là très jeune qu’il découvre une histoire ancienne, qu’il est confronté à la force du déni, à la volonté d’effacement. Il croque dans une figue de barbarie, évocation de ces premiers souvenirs ceux qui vous marquent à vie. Comme Eitan le dit :  «on ne peut pas fuir éternellement ses fantômes». 
Sur la route, on évoque le projet initial socialiste et communautaire représenté par les kibboutzin. Mais aussi le service militaire d’Eitan, les problèmes que cela lui a posé. Servir ou pas? Il évoque ce  qu’il a appris sur le terrain de l’occupation, de ce sentiment de supériorité du vainqueur, du colon, du propriétaire. Lorsque  vient la guerre au Liban en 1982, il refuse  d’y participer et il est mis en prison. 
Et puis en 2000 c’est  l’abandon définitif de la doctrine sioniste, lors de la seconde intifada. La prise de conscience d’une société qui exclue  les arabes israéliens considérés comme “ les ennemis  de l’intérieur“. Il a compris  qu’il était prisonnier de sa propre conscience d’occupant, de colon. Et qu’il fallait entreprendre un long et difficile travail de décolonisation. A l’intérieur. Eitan fera référence à Nevé Shalom - Wahat as-Salam - «Oasis de Paix» en hébreu et en arabe - un village établi conjointement par des Juifs et des Arabes palestiniens, tous citoyens d’Israël au lendemain de la guerre des Six jours, en 67.  L’activité principale du village est le travail éducatif pour la paix, l’égalité et la compréhension entre les deux peuples. Selon le temps nous y ferons visite. 

Séquence 3- 27 et  28 avril Le jour du souvenir pour les victimes israéliennes de guerre ( Yom Ha’zikarom).
Éléonore et Eitan se postent à divers endroits pour rappeler le Nakba et les victimes palestiniennes. A Tel Aviv, l’organisation Combattants pour la Paix  organise une commémoration dissidente voulant mettre victimes israéliennes et palestiniennes sur le même plan. Malgré les tentatives d’interdiction par le gouvernement, des milliers de personnes viennent avec liaison directe avec Gaza. Des contre manifestants tentent de perturber violemment cette commémoration. 

Séquence 4- LE PARC CANADA
Situé sur la route 1 qui relie Tel-Aviv et Jérusalem, le parc Ayalon-Canada, destination très convoitée par les Israéliens, compte plus de 300 000 visiteurs par an. Les circuits de randonnée et de VTT qui le traversent, les cascades et les vues panoramiques qu’il offre sur la vallée d’Ayalon et sur les monts de Judée occultent le fait qu’il a servi d’arme de conquête à Israël.
C’est en 2000 qu’Eitan créé Zochrot, organisation anti-sioniste, contre l’occupation, pour la reconnaissance de la Nakba. Au départ ils sont 5. Quelques années plus tard ils sont 10 salariés, ont des bureaux et une reconnaissance internationale. La démarche dés le départ est conçue comme israélienne pour les israéliens. Ce n’est pas une demande de pardon vers les victimes, mais une reconnaissance des bourreaux. Leur premier objectif et travail consiste à recenser tous les villages détruits depuis 1947, d’en établir une carte. Puis à chacun de ces endroits d’y apposer une pancarte signalant cette présence et son  histoire. Pour la mettre en image, rendez vous au Parc Canada. A la fois emblème d’une réussite touristique et lieu symbolique pour ce qui est de l’effacement de la mémoire. Première escroquerie: tout le monde considère ce parc à l’intérieur des frontières d’Israël. Il n’en est rien, il est en Cisjordanie.  
A l’intérieur de ce magnifique parc floral et forestier toute une série de panneaux informent de l’importance historique de ce paysage, et de quelques bâtiments anciens, évoquant leur passé biblique, romain, grec et ottoman. Peu de visiteurs, s’il y en a, font attention aux blocs de pierres qui recouvrent certaines parties du parc. C’est le village IMWAS , village palestinien rasé en 1967, continuant là le travail d’effacement de mémoire commencé dés 47. 
Eitan et Zochrot vont commencer à apposer des pancartes racontant l’histoire du village détruit et de ses habitants. Des témoins, aussi bien anciens villageois qu’anciens soldats de Tsahal viendront y témoigner. Ce sera le départ de la médiatisation de la campagne et de sa généralisation sur le territoire par une équipe de plus en plus nombreuse. 
Des parcs semblables, dans tout Israël, ont été créés sur les ruines de villages palestiniens mais, dans leurs cas, leur destruction résulte de la guerre de 1948 qui a instauré Israël. Ilan Pappe, historien israélien, se réfère à cet effacement massif de l’histoire palestinienne en parlant de « mémoricide » organisé par l’État. Mais le Parc Canada est un site bien plus sensible pour Israël car il se trouve en dehors des frontières internationalement reconnues du pays. L’ expulsion des habitants palestiniens, dit Eitan Bronstein, fut un acte prémédité de nettoyage ethnique de villageois qui n’ont opposé aucune résistance.
Zochrot porte plainte devant les tribunaux et obtient des autorités la pose de panneaux. Ils sont arrachés en 24H ou recouverts de peinture. 
Qu’importe. La Nakba et la reconnaissance de la destruction de villages par l’armée israélienne occupe de plus en plus de place dans les média israéliens.

A l’image: des plans de nature, des arbres des fleurs. Des touristes qui visitent. Eitan et Éléonore m’emmènent sur les lieux de ruines non signalées par des panneaux. Ils s’installent avec une pancarte rappelant l’histoire des villages palestiniens rasés. Entre les diverses réactions des visiteurs, ils racontent à base de certaines photos d’archives les opérations menées ici comme dans d’autres villages. Par exemple à Miska en 2002 où pour la première fois autant d’israéliens que de palestiniens assistent à l’opération «pancarte». Souligne l’importance de la cartographie pour lutter contre l’effacement de la mémoire. 

En 2001Eitan et Éléonore font la tournée des villages Palestiniens détruits avec un photographe israélien et ils arrivent à Sarafand, un petit village où la mosquée était détruite. Eitan montre la photo de la mosquée à un vieux Palestinien qui se met à pleurer: ils écrivent ensemble le nom du village en hébreu et en arabe et pose tous les deux avec la pancarte Eitan raconte et  dit que c’est un souvenir marquant de l’importance de continuer son travail.


Séquence 7 - la marche du retour - 
Des milliers de palestiniens et de plus en plus d’israéliens manifestent un peu partout en Israël et en Cisjordanie. 

Séquence 8 Mansourah 

Le film se termine dans des silences, à Mansourah dans le Golan. C’est dans ce village syrien annexé par Israël qu’est  né le père et le grand-père d’Éléonore. Elle évoque des souvenirs. La «difficulté» ou la «richesse» d’être née d’une mère juive et d’un père musulman. Comment cela enrichit sa relation de couple avec Eitan et leur travail commun autour du devoir de mémoire. 
Comment ils imaginent ensemble, ici, un foyer virtuel pacifié pour leur fils issu d’une branche syrienne et d’une branche israélienne. 
 

Laurent Billard, documentariste, est né en 1956 à Paris;
Son grand-père, Mathias Alter, juif polonais, faisait partie d’une famille liée au Bund, organisation des travailleurs juifs communistes opposés au sionisme. Après avoir fui la Pologne et ses pogroms pour se réfugier en France en 1912 il fait avec le Maréchal Pétain la guerre de 1918 à1922 dans les Balkans. Se sentant protégé par ce statut d’ancien combattant il ne quitte pas Paris à l’arrivée des armées allemandes, est déporté et meurt à Auschwitz. Sa fille, Ginette, portera cette histoire en elle et la transmettra à ses deux enfants, Jean-Michel et Laurent . Avec ces différentes trahisons: celle de la France de Pétain et celle du mouvement sioniste utilisant sa mort et celles de millions d’autres pour des objectifs contraires à leurs convictions.
Devenu réalisateur de documentaires, Laurent Billard a tourné de nombreux portraits de cinéastes dont ceux d’Amos Gitai, Avi Mograbi, Elia Suleiman, «Un autre son d’Israël» avec des militants pacifiques israéliens, «Le rire contre les larmes» autour d’une tournée de Clowns sans frontières dans la bande de Gaza, «Peuples de l’olivier» avec des oléiculteurs palestiniens. Il vit actuellement en Corse où il projette l’écriture d’un livre sur son grand-père. 

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