Paname, nostalgie [par Philippe Delestre]

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Visuel du projet Paname, nostalgie [par Philippe Delestre]
Échoué
16
Contributeurs
18/06/2019
Date de fin
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10 %
Wednesday, May 08, 2019

La tour Eiffel est inaugurée, le 15 mai 1889. En grandes pompes et à table. Au menu ? Dix-neuf plats : crème d’écrevisse Saint-Germain, marcassin moscovite servi entre le rocher de foie gras et le paon truffé, saumon, turbot, homard, poularde, becfigues, rissoles, millefeuilles, glace Eiffel. Ce dîner inaugural n’est cependant pas le premier. Le 31 mars 1889, Gustave Eiffel – dont le coup de fourchette est réputé solide – prévoit une « petite » collation pour les ouvriers. Une fête intime du chantier, à la lueur des lampions ? Pas vraiment ! Pour assurer la promotion de son chef d’œuvre, l’ingénieur convie la presse sur la première plateforme encore en chantier. Le bristol adressé à 150 plumes (pas trop vinaigrées) précise « sans cérémonie ». La bonne blague ! La seule lecture du menu donne une envie terrible de sieste : truites à la gelée sauce verte, tournedos à la béarnaise, homard à l’américaine, chaud-froid de poulardes, ortolans sur canapés, mousse de foie gras, salade vénitienne, mazarines à la Montmorency, gelée Victoria. Vins, champagnes, liqueurs et cigares. Banquets, dîners intimes, déjeuners diplomatiques, professionnels toujours animé la vie de la Grande Dame. Les bonnes affaires, c’est bien connu, se font autour d’une bonne bouffe. <p>Entre autres anecdotes, il se dit que Charles Gounod, farouche détracteur de ce mikado de 15.000 morceaux de ferraille assemblés par 25 millions de rivets, le tout pour 7 millions de tonnes et 7 millions de francs, se rabibocha avec Gustave Eiffel, en présence de Thomas Edison et de... quelques nectars premiers crus ! Ça aide.</p> <img alt="Paname__nostalgie_bd-1557322030" src="https://d3v4jsc54141g1.cloudfront.net/uploads/project_image/image/592674/Paname__nostalgie_BD-1557322030.jpg">
Sunday, May 05, 2019

Georges Moineaux, dit Courteline, devient fonctionnaire en 1880. Au ministère de l'Intérieur, au service des cultes où - à vrai dire - il ne met que rarement les pieds. Parce qu'il lui ouvre son carnet d'adresses, le directeur - dramaturge raté et militant... anticlérical ! - ferme les yeux sur le peu d'assiduité de Courteline, préposé peu véloce à la copie des actes juridiques. Cependant, le fonctionnaire laisse une part de son traitement à un collègue chargé de suppléer ses absences répétées. Ce qui lui permet d'écrire et de tenir une permanence à L'Auberge du Clou, situé avenue Trudaine. Le zinc est son port d'attache, son laboratoire, sa collection d'échantillons de la bêtise humaine. Aux heures apéritives et anisées, il bidouille le conomètre, un étalonneur de la stupidité. Un tube de verre gradué de 10 à 50 rempli d'alcool coloré en rouge est en fait relié par un long tuyau en caoutchouc avec le sous-sol. Selon un code préétabli, un complice souffle dans le tuyau pour faire monter le niveau dans le tube. Chacun peut ainsi évaluer son degré de crétinerie. <p><img alt="Paris_gorgeon_bd-1557068265" src="https://d3v4jsc54141g1.cloudfront.net/uploads/project_image/image/591812/Paris_gorgeon_BD-1557068265.jpg">  </p>