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Paroles de conflits

Journalisme

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Saturday, October 30, 2010
Date de fin
18 550 €
Sur 18 000 €
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Amorcé à Srebrenica, mon web-docu Paroles de Conflits veut toucher du doigt les conflits et tourments de guerre qui agitent encore l'Eurasie. Cette aventure d'un an, vécue seul et à vélo me permettra de capter, caméra au poing, une mémoire au présent. Gràce a vous et en évitant la casse je pourrai pédaler jusqu’à Hiroshima, terminus de cette aventure.

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Friday, February 22, 2013

Surprises et belles nouvelles pour Paroles de conflits!

Chers Kissbankers,

Du temps est passé depuis vos soutiens.

Aujourd'hui, de belles nouvelles pour Paroles de conflits m'amènent à vous écrire ces quelques mots.

Depuis que Toute L'Histoire et RFI ont permis à l'aventure d'être accessible à tous, des festivals ont offert l'honneur de sélectionner Paroles de conflits.

D'ailleurs, le Festival international du film d'environnement attend vos votes!

 

Le Webdocumentaire de Paroles de conflits y est en compétition. Et, comme le vainqueur est celui qui recueille le plus de votes, j'ai encore besoin de vous!

 

Pour espérer remporter la petite mise (quelques centaines d'euros) avant que les votes soient clos, il faut encore me consacrer quelques secondes. Pour 1 Seul Click ici sans inscription d'email!


http://fifestreaming.iledefrance.fr/competition-fr/Paroles-de-conflits.html

 

Deadline: lundi, à 23 heures.


Mais la raison principale de cet email ne réside pas uniquement là!

A partir du 27 mars prochain, le Cinéma Chaplin ouvre ses portes à l'odyssée que vous m'avez permis d'achever!
 
Paroles de conflits sort d'abord aux cinémas Chaplin Saint Lambert (75015) et Chaplin Denfert (75014) à partir de cette date.

 

D'autres lieux et dates vont bientôt permettre à Paroles de conflits d'être dans les cinémas de France qui souhaiteraient avoir le film à l'affiche (parlez-en au cinéma à côté de chez vous!).


L'occasion rêvée de pouvoir remercier les Kissbankers en leur donnant rendez-vous au cinéma Chaplin Saint Lambert le mercredi 27 mars à la séance du soir.

 

Armé de DVDs, Tee-Shirts et boissons, FatCat Films et moi nous ferons un plaisir de vous retrouver pour visionner ensemble 90 minutes sur les routes d’Europe et d’Asie (1 place = 6 euros)

 

L'adresse:

CinemaChaplin, 6 Rue Péclet, 75015 Paris, IdF, France


 Merci encore de vos dons qui ont offert une saveur délicieuse de générosité à Paroles de conflits.

J'espère à très bientôt autour de ce rendez-vous de fin de chantier.

 

N'hésitez pas à diffuser l'information autour de vous.


Vivement de nouvelles aventures,

 
Raphaël

 

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Sunday, August 15, 2010

Sur la route / 15 Août 2010 / Samarkand / Ouzbekistan (1)

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Ville-phare de la route de la soie, les caravaniers et leurs montures s'y arrêtaient après avoir bivouaqué plusieurs semaines près des citernes du désert de Kyzylkoum (sables rouges). Aujourd'hui, les touristes inspirés par les descriptions de Marco Polo les ont remplacé. Pour se délecter des faïences et mosaïques qui recouvrent les dômes et minarets de la ville. Un plaisir que n'a pas dû ressentir Gengis Khan en décidant, en 1220, de détruire la cité radieuse avant de prolonger vers l'Occident. Un passage dévastateur magnifiquement contrecarré par son successeur Timur Lang (1336-1405). Elevé au rang de demi-dieu par les Ouzbèques, "le seigneur d'airain" fit de Samarkand la capitale de son empire et para la ville désossée du turquoise qui l'habille aujourd'hui.

Sunday, August 15, 2010

Sur la route / 15 Août 2010 / Samarkand / Ouzbekistan

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L'arrivée à Samarkand ne laisse rien présager d'aussi somptueux. Une route en cours de rénovation saupoudrée de pierres et de poussière, des bâtiments modernes mêlés aux immeubles de l'ère soviétique, des conducteurs au regard agressif zigzagant entre les files: la couronne de l'ancienne capitale d'Ouzbékistan nie son centre-ville. Goutte bleue au milieu du pays, l'épicentre de Samarkand brille d'un éclat enivrant. Au petit matin, la profusion de bleus et de soleil inonde les façades des mosquées. La ville attend ses touristes. Ses habitants préparent le terrain. "Tout ce que j'ai entendu à propos de Marakanda est vrai, mis à part le fait que c'est plus beau que je ne l'imaginais", s'est délecté Alexandre Le Grand en s'emparant de la ville en 329 avant J-C.

Sunday, August 15, 2010

Carnet de bord / 13 Août 2010 / Karmana-Kattaqorghan/ Ouzbekistan

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Les premiers rayons du soleil lancés, une bergère et ses moutons baignant dans un nuage de poussière profitent des douceurs matinales pour écumer les champs d'herbe rase alentours. Un moment et des images qui donnent du coeur à l'ouvrage pour enrouler une journée riche en apports kilométriques malgré des jambes fatiguées par le rendement de la veille.

Tuesday, August 10, 2010

Sur la route / 9 Août 2010 / Boukhara / Ouzbekistan (4)

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Un détail qui fait le plaisir des couteliers bien décidés à profiter de la curiosité des touristes.

 

Tuesday, August 10, 2010

Sur la route / 9 Août 2010 / Boukhara / Ouzbekistan (3)

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Aujourd'hui, la ville restaurée fait belle vitrine à l'Ouzbekistan et son vieux centre grouille de langues étrangères des touristes venus se délecter des mosaïques et richesses de la ville.

Boukhara peut alors continuer à être un point incontournable de la route de la soie et rester un centre névralgique entre l'Orient et l'Occident à partir duquel transitèrent épices, tissus, soies et porcelaines.

 

Tuesday, August 10, 2010

Sur la route / 9 Août 2010 / Boukhara / Ouzbekistan (2)

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Parfait pour faire évoluer les étudiants des dizaines de medressas dans un cadre propice à l'étude du Coran.

 

Tuesday, August 10, 2010

Sur la route / 9 Août 2010 / Boukhara / Ouzbekistan (1)

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Astre urbain, Boukhara regorge de sites classés au patrimoine de l'humanité par l'Unesco. Il est dit que ce pilier de l'islam en Asie centrale abritait, au XVI ème siècle, 365 mosquées, une pour chaque jour de l'année.

 

Tuesday, August 10, 2010

Sur la route / 9 Août 2010 / Boukhara / Ouzbekistan

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En 1220, Gengis Khan et ses cavaliers envahissent la citadelle, la viole, la pille et la rase.

Une catastrophe réparée au XV ème et XVI ème siècle pour redorer le blason de la capitale du khanate de Boukhara.

 

 

Monday, August 09, 2010

Carnet de bord / 7 Août 2010 / Moynak / Ouzbekistan (2)

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Le billet de train pour l'Ouzbékistan acheté, je tombe sur une l'équipe Sambori du Rallye mongol 2010. Avec leur ambulance destinée à être donnée une fois arrivée à Ulan Bator, Alex Gil, Pedro Garcia et Rafael Lafuentes me proposent d'embarquer à bord pour traverser les 600 kilomètres du désert à l'Ouest de la région ouzbèque du Qaraqalpakstan. J'accepte avec grand plaisir et laisse ma bécane reposer sur le lit du malade. Et, quand je regarde le paysage désertique et le sable couleur ocre, je me dis que, une fois de plus, le destin fait bien les choses.

Un campement de fortune au Nord de la ville de Qonghirat pour passer la nuit puis nous filons vers la Mer d'Aral. Du moins ce qu'il en reste. Ancienne ville au bord de la mer coulée par les programmes d'irrigation des sols destinés à l'industrie cotonnière du Kazakhstan, de l'Ouzbékistan et du Turkmenistan, Moynaq est une ville morte symbolisée par son cimetière à bateau.

Une nuit aux portes du désert de Kyzylkum agitée par quelques Ouzbèques vodkaisés et nous filons dès le soleil levé. Parti avec un petit sentiment de culpabilité - celui de ne pas affronter les grosses difficultés de la route pour préférer l'ambulance espagnole -, je m'aperçois en chemin que j'aurais été incapable de parcourir 400 kilomètres avec de rares points d'eau, des habitations absentes, le tout balayé par des vents chauds et violents sur une route en état pitoyable. A l'impossible, nul n'est tenu.

 

Monday, August 09, 2010

Carnet de bord / 7 Août 2010 / Moynak / Ouzbekistan (1)

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La désertification des échoppes, le poids du vélo amplifié par les 13 litres d'eau embarqués, la chaleur écrasante, l'asphalte de plus en plus limite, les conditions physiques pas au mieux et le moral quelque peu secoué m'amènent à me rendre à la raison. Paroles de conflits n'a pas pour mission de tester les limites de l'extrême. La dernière portion du désert de Mangghystau se fera par ferroutage. Comme l'entrée en Ouzbekistan jusqu'à Boukhara.

 

Monday, August 09, 2010

Carnet de bord / 7 Août 2010 / Moynak / Ouzbekistan

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Alentours, le paysage aride laisse présager la dureté de la traversée du Mangghystau. Les conducteurs ont l'air d'en avoir conscience et n'hésitent pas à y aller de leurs coups de klaxons dans les oreilles comme un entraineur y va de ses tapes amicales dans le dos. Parfait pour partir avec le moral d'acier et commencer la traversée la fleur au vélo.

Chauffée par le soleil, l'asphalte au goudron caillouteux freine inexorablement les pneus de la randonneuse. Résultat, mes jambes couleur tabac grillent difficilement les kilomètres. L'angine sur sa fin comme le vent érodant le bout de mon nez n'y sont pas non plus pour rien. Ajoutez à cela les pulsations violentes du soleil et j'opte pour un arrêt juste avant Shetpe, dans un Motel de routiers kazakhs à 3 euros la nuit.

 

Monday, August 09, 2010

Sur la route / 7 Août 2010 / Moynak / Ouzbekistan (1)

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Une catastrophe à l'initiative des planificateurs soviétiques qui ont délibérément détournés les fleuves Syr-Darya et Amur-Darya pour irriguer les champs de cotons alentours (fleuves prenant leur source dans les montagnes du Pamir et du Tian Shan).

Le drame - responsable de fréquentes tempêtes de sable et de sel venues tout droit des anciens bas-fonds -, a également causé d'importants problèmes sanitaires pour les habitants de Moynak et sa région. Au catalogue, les autorités ouzbèques déplorent une croissance anormale des cancers de la gorge et de l'oesophage, des cas de typhoïdes, d'hépatites et des problèmes respiratoires.

Un drame sanitaire qui se répercute invariablement sur le nombre d'enfants déformés à la naissance, sur le taux de mortalité à la naissance et le taux de mortalité en général.

 

Monday, August 09, 2010

Sur la route / 7 Août 2010 / Moynak / Ouzbekistan

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Séchée. Aux programmes d'irrigation de l'industrie cotonnière du Kazakhstan, de l'Ouzbékistan et du Turkmenistan, la mer d'Aral n'a pas résisté. En quarante ans, le quatrième plus grand lac au monde dans les années 1960 - après la mer Caspienne, le lac Supérieur aux Etats-Unis et le Lac Victoria en Afrique -, a perdu les quatre cinquièmes de sa superficie.

Au delà des signes ostentatoires d'une pêche passée à l'abattoir (le rendement annuel de la pêche en mer d'Aral était de 25.000 tonnes de poisson), c'est 135 espèces animales traditionnellement répertoriées qui ont disparues.
Une disparition de la mer d'Aral qui n'est pas non plus sans conséquences sur l'évolution du climat, avec un air plus sec, des hivers plus froids et plus longs ou des étés plus chauds.

© Raphaël Beaugrand

Monday, August 02, 2010

Sur la route / 27 juillet / Bakou-Port d'Aqtau-Aqtau

Sur la route / 27 juillet / Bakou-Port d'Aqtau-Aqtau

 

24 heures de traversée de la mer Caspienne sur le cargo de marchandises le Karabakh avec une forme en panne sèche. Un au revoir au Moyen-Orient suivi d'un bonjour à l'Asie centrale avec un mal de crâne, une gorge irritée et un nez bouché qui vont demander une belle pause pour affronter dignement les 400 kilomètres de désert pour rallier la gare ferroviaire de Beynau.

 

Bakou-Port d'Aqtau-Aqtau, Kazakhstan, 17 juin 2010.

© Raphaël Beaugrand

Friday, July 30, 2010

Portrait de famille / Pirsaqi

Portrait de famille / Pirsaqi

 

Orpheline à l'age de cinq ans après la mort de ses parents dans un accident de voiture, Figura Rustamova (sur le droite) part avec son frère rejoindre sa tante à Khojali au milieu des années 1970. Pendant la guerre, son frère, gardien d'une usine de textile, est emprisonné à trois reprises. "Trois incarcerations pendant lesquelles il a ete battu par les Arméniens", précise d'emblée Figura Rustamova. Au plus chaud de la guerre, son frere aide les gens à fuir vers Agdam. "Il connaissit bien la montagne, explique cette institruce d'enfants de refugiés à Pirsaqi. Il a pu sauver entre 200 et 300 personnes".

Le 26 fevrier, au plus chaud des combats, le frère de Figura prend aussi les armes. "Des gens m'ont raconté l'avoir vu en train de tirer. C'est à ce moment là qu'une balle l'a atteint. "On lui avait dit de ne pas retourner à Khojali. Il ne nous a pas ecouté et c'était la fois de trop", regrette la tante de Figura Rustamova. Une mort plutot clémente comparée à celle du fils de sa tante: "lui a été accroché derrière une voiture puis trainé jusqu'à la mort dans les rues de la ville".


Pirsaqi, Azerbaidjan.

Wednesday, July 28, 2010

Face à face / 28 juillet / Bakou

Face à face / 28 juillet / Bakou

 

Opéré de l'appendicite, Sovet Allahrverdiyev a échappé au sort connu par son père et ses deux frères. "Prisonniers pendant la guerre, je n'ai toujours pas de nouvelles d'eux. Ils doivent faire partie des 630 victimes du massacre de Khojali", se résigne-t-il à penser. "Mes deux autres frères ont eu leur index coupé par les Arméniens", ajoute-t-il. "Les morts, les blessés et le vandalisme des Arméniens : tout ça cela reste dans les têtes", dit-il au nom des survivants du massacre de Khojali.

Bakou, Azerbaïdjan, 28 juillet 2010.

Wednesday, July 28, 2010

Face à face / 27 juillet (2) / Pirsaqi

Face à face / 27 juillet (2) / Pirsaqi

 

Professeur à l'école secondaire de Khojali, Agamali Almamedov regrette le temps où il vivait normalement, dans sa "grande propriété de Khojali". Interrogé sur le déroulé de la guerre, Agamali Almamedov raconte que, "au départ, les Arméniens lançaient des petites attaques mais ce n'était pas dangereux (entre 1988 et 1992, ndlr)". C'est le 25 février qui a été terrible. un immense vandalisme", décrit-il. Interrogé sur les perspectives de fin de conflit, cet homme de 80 ans reste perplexe : "quand la Russie sera supprimée, l'Arménie rendra les 20% du territoire azéri".

Immeuble de réfugiés à Pirsaqi, Azerbaïdjan, 27 juillet 2010.

Wednesday, July 28, 2010

Face à face / 27 juillet (1) / Pirsaqi

Face à face / 27 juillet (1) / Pirsaqi

 

Blessé pendant la guerre, le mari de Sakina Axounda est mort de ses blessures: "on l'a emmené à l'hôpital d'Agdam pour le soigner mais cela n'a pas suffi". Habitant dans un 1 pièce avec d'autres réfugiés de Khojali depuis 15 ans, Sakina Axounda n'a qu'une idée en tête. "Je veux rentrer avec mes deux enfants, dans notre maison de Khojali, sans exiger autre chose", explique-t-elle en rappellant les jets de pierres dont elle et sa famille était victime pendant la guerre.

Immeuble de réfugiés à Pirsaqi, Azerbaïdjan, 27 juillet 2010.

Wednesday, July 28, 2010

Sur la route / 27 juillet / Pirsaqi

Sur la route / 27 juillet / Pirsaqi

 

Quelques brasses dans la Caspienne à 7 heures du matin. L'heure idéale pour profiter d'une mer plus chaude que l'air. L'endroit parfait pour se laver et éviter la douche locale.

Pirsaqi, Azerbaidjan, 27 juillet 2010.

Wednesday, July 28, 2010

Face à face / 26 juillet (2) / Pirsaqi

Face à face / 26 juillet (2) / Pirsaqi

 

Avertie par les Arméniens que la ville allait être attaquée, Samaya Mammadova a quitté Choucha avec sa famille. Une fuite par le corridor de Latchin qui n'a pas pour autant convaincu son fils du besoin de fuir une zone sous le feu des armes : "mon fils, comme d'autres jeunes, est reparti pour résister. Il a été tué".

Interrogée sur son espoir pour la résolution du conflit entre Arméniens et Azéris, Samaya Mammadova n'y croit pas : "les Arméniens sont défendus par les Russes et ce sera comme ça pour toujours".

Immeuble de réfugiés à Pirsaqi, Azerbaïdjan, 26 juillet 2010.

Wednesday, July 28, 2010

Face à face / 26 juillet (1) / Pirsaqi

Face à face / 26 juillet (1) / Pirsaqi

 

A Khojali, Antigua Quhramanova a vu une grande partie de sa famille décimée. "Mon mari, ma fille et mon petit fils ont été tués par les Arméniens. Mon beau-fils a été accroché à un arbre puis brûlé vif devant mes trois petits-enfants. J'ai vu des Azéris décapités, des dents et des bras arrachées", pleure-t-elle en pointant du doigt le soutien du voisin russe. "Aujourd'hui, je suis en train de finir ma vie mais je compte bien rentrer dans ma région occupée. Même sans argent, sans maison. Je veux qu'on récupère notre terre", crie-t-elle.

Immeuble de réfugiés à Pirsaqi, Azerbaïdjan, 26 juillet 2010.

Wednesday, July 28, 2010

face à face / 25 juillet (6) / Bakou

Face à face / 25 juillet (6) / Bakou

 

"Les tirs se faisaient de plus en plus fréquents. Face à leur intensité, j'ai fui Khojali dans la nuit du 25 février", raconte Akil Khuseinov. Ma mère et mes soeurs n'ont pas eu la même chance que moi. "Je suis passé par la forêt en laissant tout derrière moi. Quand je suis arrivé à Agdam, mes doigts de pieds étaient gelés, raconte-t-il en montrant un pied gauche sans orteils. Cinq jours plus tard, j'ai retrouvé mon père", dit-il sans exprimer le soulagement que cela a dû être de savoir son père encore en vie.

Interrogé sur l'état du conflit, Akil Khuseinov réplique sans attendre qu' "aujourd'hui, mon père et moi, nous sommes prêts pour repartir au combat pour récupérer notre province occupée".

Immeuble de réfugiés dans la banlieue de Bakou, Azerbaïdjan, 25 juillet 2010.

Wednesday, July 28, 2010

Face à face / 25 juillet (5) / Bakou

Face à face / 25 juillet (5) / Bakou

 

Rasim Abdulayev a perdu ses parents lors du conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. "Mes parents ont été fait prisonniers en février 1992. Trois mois après après les faits, j'ai appris que mon père avait été tué d'une balle dans la tête parce qui s'était insurgé contre les viols et violences faites aux femmes en prison, raconte-t-il. Ma mère a été échangée contre des otages arméniens. Dans sa fuite vers Agdam, elle a eu les jambes gelées et n'a pas résisté".

Sur la question du Haut-Karabakh, Rasim Abdulayev m'interroge: "tu imagines si 20% de ton pays était occupé par l'Angleterre? Et prolonge: je compte bien récupérer les territoires occupés. Par la paix ou par la guerre. Je suis prêt à me battre".

Bakou, Azerbaïdjan, 25 juillet 2010.

Wednesday, July 28, 2010

Face à face / 25 juillet (4) / Bakou

Face à face /25 juillet (4) / Bakou

 

Nazim Huseinov, "resté vivant par hasard", s'est occupé des corps des victimes du massacre de Khojali. "Je ramassais les cadavres azéris totalement défigurés et démembrés, témoigne-t-il le regard sombre. J'en ai ramassé une centaine, y compris des femmes enceintes avec le ventre lapidé et les seins coupés".

Bakou, Azerbaïdjan, 25 juillet 2010.

Wednesday, July 28, 2010

Face à face / 25 juillet (3) / Bakou

Face à face / 25 juillet (3) / Bakou

 

Pris pour cible dans son village de Khojali, Mikhail Khuseinov, 80 ans, a eu "la chance" d'être blessé avant les jours sanglants du 25 et 26 février 1992. "Mon père a reçu une balle dans la joue, montre son fils. C'est pour ça qu'il a été emmené à l'hôpital de Bakou et a pu échapper par miracle au massacre", explique-t-il.

Immeuble de réfugiés dans la banlieue de Bakou, Azerbaïdjan, 25 juillet 2010.

Wednesday, July 28, 2010

Face à face / 25 juillet (2) / Bakou

Face à face / 25 juillet (2) / Bakou

 

Réfugiée de Khojali, Noura Meuhraleyeva a perdu sa fille de 18 ans pendant la guerre. "Ma fille a été emmenée par les Arméniens. Je ne l'ai plus jamais revue", raconte-t-elle indignée. Blessée, Noura Meuhraleyeva a été emmenée en hélicoptère à l'hôpital de Ganja. Une fois soignée, j'ai retrouvé les réfugiés de Khojali à Agdam. "Personne ne supportait ne pas pouvoir résister", souvient-elle en gardant l'espoir de retourner dans sa maison de Khojali. Un espoir vite effacé par les difficultés de sa situation :"les pensions allouées par le gouvernement? C'est tout juste le prix de nos médicaments".

Immeuble de réfugiés à Bakou, Azerbaïdjan, 25 juillet 2010.

Wednesday, July 28, 2010

Face à face / 25 juillet (1) / Bakou

Face à face / 25 juillet (1) / Bakou

 

Originaire de Susha, la capitale historique du Karabakh, Sitara Gasimova épouse un khojalien à la fin des années 1990. Quelques années de bonheur et la guerre vient assombrir la vie de cette fraîche famille. Après avoir emmené sa femme et ses deux fils à quelques kilomètres de Khodjali (dans la ville d'Agdam), son mari retourne au milieu des combats "pour défendre leur belle propriété", rappelle sa femme. Depuis, Sitara Gusamova n'a plus revu son mari. "Il a été emmené par des soldats arméniens, m'ont raconté des témoins. 18 ans après n'avoir plus eu signe de vie, cette femme vivant avec ses deux fils dans un 1 pièce d'un immeuble de réfugiés en banlieue de Bakou "espèrent encore retrouver leur père et retourner dans notre belle propriété de Khojali".

Immeuble de réfugiés dans la banlieue de Bakou, Azerbaïdjan, 25 juillet 2010.

Monday, July 26, 2010

Face à face / 24 juillet / Bakou

Face à face / 24 juillet / Bakou

 

Rédacteur en chef de Kaspi - le plus ancien quotidien d'Azerbaïdjan -, Natiq Mammadi vivait dans un petit village du Haut-Karabakh pendant la guerre. Une proximité à l'origine d'une crainte principale: celle de ne pas réussir à s'en sortir par les études. "Je voyais des défilés de soldats tous les jours. J'avais peur que la guerre détruise l'école et m'empêche de passer mon examen d'études", explique-t-il.
Pour réviser dans le calme, je profitais des trêves pendant le nuit. Quand les premiers avions survolait la zone, je savais qu'il était six heures du matin et qu'il fallait que j'aille me coucher", souvient celui qui souhaite aujourd'hui une résolution du conflit par le biais de négociations entre Bakou et Erevan.


Bakou, Azerbaïdjan, 24 juillet 2010.

Monday, July 26, 2010

Sur la route / 24 juillet / Bakou

Sur la route / 24 juillet / Bakou

 

La mosquée du mémorial construit en l'honneur des morts pendant la guerre du Haut-Karabakh et en l'honneur des fusillés par l'armée soviétique en 1990 jouxte le futur grand hôtel de Bakou. Un mémorial situé dans les hauteurs de la capitale à partir duquel la baie et la ville s'offrent aux yeux des visiteurs.

Bakou, Azerbaïdjan, 24 juillet 2010.

Friday, July 23, 2010

Face à face / 23 juillet / Bakou

Face à face / 23 juillet / Bakou

 

Journaliste lettone arrivée pour couvrir le conflit du Haut-Karabakh en février 1992 pour Le Temps letton, Tatiana Tchaladze garde un souvenir terrible du massacre de Khojali. "J'étais dans la ville d'Agdam le jour du massacre. Le 25 février, 630 personnes ont été tuées par les soldats arméniens. J'ai vu des femmes faiblement habillées tenant leurs enfants à bout de bras pour fuir leur village dévasté", raconte la présidente du comité de défense des droits des réfugiés et des personnes déplacées.

Auteur du Génocide de Karabakh, Tatiana Tchaladze feuillette les larmes aux yeux le livre-inventaire qu'elle a écrit. "Des enfants de trois ans, des femmes âgées, des hommes à la quarantaine, toutes les classes d'âges comptent parmi victimes", déplore celle qui, sur la ligne de front a été victime des balles tirées. "Blessée plusieurs fois à la jambe, j'ai toujours une balle coincée dans le fémur", dit-elle en montrant sa jambe du doigt.

Bakou, Azerbaïdjan, 23 juillet 2010.

Friday, July 23, 2010

Sur la route / 22 juillet (2) / Bakou

Sur la route / 22 juillet (2) / Bakou

 

La nuit, le centre-ville de Bakou - rénové il y a peu -, a des allures de Walt-Disney. Des photos en rafale devant une statue en bronze d'une femme avec son parapluie, des aller-retour dans la rue illuminée ou des discussions sous l'éclairage des illuminations de la place de la Fontaine pour principales attractions.

Bakou, Azerbaïdjan, 22 juillet 2010.

Thursday, July 22, 2010

Sur la route / 22 juillet (1) / Bakou

Sur la route / 20 juillet / Bakou

 

Des tours en construction, des buildings parés de vitres-mirroirs ou des centres commerciaux tout juste inaugurés marquent une ville se modernisant. Le tout, à côté d'immeubles traditionnels en manque de ravalement ou de ruelles façon Medina se faufilant au milieu de maisons à un étage. Et, face à la mer, un mini-gerkin londonien affiche la couleur. Bakou, futur Dubaï de la Caspienne? Une chose est sûre, beaucoup de contrastes habitent Bakou.

Bakou, Azerbaïdjan, 20 juillet 2010.

Thursday, July 22, 2010

Face à face / 22 juillet / Bakou

Face à face / 22 juillet / Bakou

 

Altaf Gulahmedov était officier puis commandant sur la ligne de front pendant la guerre du Haut-Karabakh. "Lorsque j'ai vu les images du massacre de Khodjaly (en février 1992) et j'ai décidé de m'engager", explique cet homme de cinquante ans. "La guerre, c'est l'horreur. Tu vois des morts tous les jours. A la fin tu t'habitues. Mais, en rentrant chez toi, toutes ces images refont surface", dit-il en montrant quelques uns de ses sombres dessins d'après-guerre avec des têtes de mort dans les coins.

Des histoires drôles pendant la guerre sont néanmoins restés gravés dans sa mémoire. "Sur le front, il fallait toujours parler à voix basse pour ne pas nous faire repérer par l'ennemi. "Avancez. Bougez pas. Au sol", étaient les termes les plus souvent chuchotés. Un jour, alors que j'avançais, j'ai entendu un soldat dire "merde, merde", à voix basse. Je n'ai pas compris, j'ai continué à avancer puis suis tombé dans le même trou que celui dans lequel mon camarade était tombé", raconte-t-il en rigolant.

En feuilletant l'album de ses photos de guerre le montrant une kalachnikov dans les mains devant un tank de l'armée azérie ou avec un couteau dans la main pour cacher son œil gauche, Altaf Gulahmedov espère une fin de conflit proche. Par la voie pacifique ou la guerre. "Mais la guerre, répète-t-il, c'est l'horreur".

Bakou, Azerbaïdjan, 22 juillet 2010.

Thursday, July 22, 2010

Face à face / 21 juillet (2) / Bakou

Face à face / 21 juillet (2) / Bakou

 

En 1992, son diplôme de l'École de Médecine en poche, Rovchan Guliyev part défendre son pays en guerre dans le Haut-Karabakh. "Quand j'ai vu les images de Chouchi bombardée, j'ai décidé de partir servir l'armée en difficulté. Formé pour savoir me servir du lance-roquette BM-21 pendant mon service militaire effectué au temps de l'Union soviétique, je savais que m'engager allait être utile aux forces azéries", raconte-t-il en précisant que sa femme était, à l'époque, enceinte de huit mois.

Puis de faire part d'une petite anecdote :"un jour, j'étais avec quelques soldats quand un hélicoptère est venu survoler nos positions. Nous n'arrivions pas à savoir si c'était un hélicoptère des forces adverses. Quand il s'est posté au dessus de nos tête, tous ont pris peur et ont voulu partir. Je suis resté pour ne pas abandonner le lance-roquette", rappelle-t-il en souriant. Après quelques minutes, l'hélicoptère est reparti", rassure-t-il.

Bakou, Azerbaïdjan, 21 juillet 2010.

Wednesday, July 21, 2010

Face à face / 21 juillet (1) / Bakou

Face à face / 21 juillet / Bakou

 

"A ce jour, 4.655 personnes disparues ont été repertoriées par le CICR. Et, 16 ans apres la fin de la guerre, des familles de disparues viennent encore se signaler", raconte Hilana Huseynova, porte-parole du Comite international de la Croix rouge a Bakou. De ces personnes disparues, 3.000 sont azéries et 1.500 autres sont arméniennes.

Bakou, Azerbaïdjan, 21 juillet 2010.

Wednesday, July 21, 2010

Sur la route / 20 juillet (2) / Bakou

Sur la route / 20 juillet (2) / Bakou

 

Au café Narmin de la rue Murtuza Muxtarov, l'omelette aux tomates couplée à la bière azérie ont eu l'avantage de me confronter, une fois de plus, aux difficultés de la langue. Les mains et le faible russe pour me faire comprendre.

Rue Murtuza Muxtarov, Bakou, Azerbaïdjan, 20 juillet.

Wednesday, July 21, 2010

Face à face / 20 juillet / Bakou

Face à face / 20 juillet / Bakou

 

Ambassadeur de la république d'Azerbaïdjan à Moscou entre 1992 et 1993, Hikmet Hajizade porte un regard distancié sur le conflit du Haut-Karabakh opposant l'Arménie et l'Azerbaidjan depuis 1988. "La Russie a soutenu l'Arménie dans son attaque sur le Haut-Karabakh pour entretenir l'instabilité de la région et empêcher les Occidentaux de venir y implanter leurs entreprises. De son côté, l'Azerbaïdjan a cru au vent de liberté insufflé par la chute de l'Union soviétique pour reprendre le contrôle de la province séparatiste, explique-t-il. Cela a aboutit sur un conflit armé entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie appuyée par Moscou, sur la défaite de nos troupes et la fuite de 700.000 azéris de la zone", enchaîne le membre du conseil du parti d'opposition Musavat.

Interrogé sur l'impasse des résolutions au conflit, le président du Think tank Far center est clair. "Les solutions du groupe de Minsk mis en place par l'OSCE avec les États-Unis, la France et la Russie sont juridiques. A mon sens, la solution réside dans une Arménie indépendante (de la Russie, ndlr) et un Azerbaïdjan démocratique", insiste le père du blogueur emprisonné en 2009 pour avoir posté une vidéo satirique sur les dépenses immodérées du gouvernement azéri.

http://www.lemonde.fr/technologies/artic le/2010/01/22/en-azerbaidjan-diffuser-la-video-d-un-ane-peut-couter-deux-ans-de-prison_1295027_651865.html

Au sujet des risques d'un retour au conflit armé, Hikmet Hajizade estime que "au vue du sentiment d'affrontement grandissant parmi la population et les membres du gouvernement, le retour à la guerre est possible. Mais de prévenir: "une déclaration de guerre par l'Azerbaïdjan serait une erreur car le pays n'a pas les moyens de reprendre le Haut-Karabakh par la force. Ce serait le même échec que celui essuyé par le président géorgien Mikheil Saakachvili lorsqu'il a engagé l'épreuve de force pour reprendre le contrôle de la province séparatiste d'Ossétie du Sud en 2008".

Bakou, Azerbaïdjan, 20 juillet 2010.

Wednesday, July 21, 2010

Sur la route / 20 juillet (1) / Bakou

Sur la route / 20 juillet (1) / Bakou

 

La caméra sortie pour filmer la belle mosquée jouxtant la station de métro Nazimov, et c'est tout le quartier qui s'affaire pour montrer ses faubourgs. De ruelles, en maraichers, en passant par les réparateurs de climatiseurs, j'ai pu capturer des moments de vie qui valent le coup d'être vus.

Quartier Nazimov à Bakou, Azerbaïdjan, 20 juillet 2010.

Monday, July 19, 2010

Sur la route / 17 juillet / Sigirli

Sur la route / 17 juillet / Sigirli

 

"This, photo camera mister?", me demande le patron du café principal de Sigirli. "Yes, photo camera sir". "You picture us?", enchaîne-t-il. Deux-trois secondes de réflexion et ce sera la caméra plus l'appareil photo. Le couple parfait pour restituer l'ambiance, la chaleur et la joie de vivre des habitants des campagnes azéries.

Sigirli, Azerbaïdjan, 17 juillet 2010.

Monday, July 19, 2010

Sur la route / 16 juillet / Mursulu

Sur la route / 16 juillet / Mursulu

 

Arshif, vendeur de boissons au détail au bord de la nationale, détient la terrasse parfaite pour permettre aux cyclistes de souffler à l'ombre.

Mursulu, Azerbaïdjan, 16 juillet 2010.

Monday, July 19, 2010

Sur la route / 15 juillet / Aran

Sur laroute15juillet

 

Des vendeuses de pastèques sous un parasol: le refuge idéal pour esquiver les rayons de soleil et faire mes premiers pas en azéri.

Aran, Azerbaïdjan, 15 juillet 2010.

Monday, July 19, 2010

Sur la route / 14 juillet / Semkir

Sur la route /14 juillet / Semkir

 

Le 14 juillet, en Azerbaidjan, pas de fête nationale qui traîne. Ça travaille fort. Dans cette fabrique de cagettes parfaite pour m'abriter du soleil, sept employés plantent des clous vitesse grand V. Des séances de rires face caméra en guise de pause-cigarette.

Semkir, Azerbaïdjan, 14 juillet 2010.

Monday, July 19, 2010

Sur la route / 13 juillet / Georgie

Sur la route /13 juillet / Géorgie

 

Dernière pause café en Géorgie, dernière Lada immatriculée en Géorgie, derniers curieux géorgiens à regarder ma petite reine. Les adieux à la Géorgie ne laissent pas indifférent. Incredible Georgia I have to say.

Somewhere avant la frontière avec l'Azerbaïdjan, Géorgie, 13 juillet 2010.

Monday, July 12, 2010

Face à face / 12 juillet (2) / Tbilissi

Face à face / 12 juillet (2) / Tbilissi

 

Membre du Club des experts indépendants à Tbilissi, Irakli Sesiashvili voit dans l'instabilité de la Géorgie le meilleur moyen pour la Russie d'écarter les pays occidentaux du pays. "Une Géorgie instable implique une Géorgie en dehors de l'Otan", explique-t-il.

Les occidentaux ont une part de responsabilité dans la guerre d'Ossétie du Sud. En ne donnant pas leur position sur le conflit, ils ont permis aux séparatistes d'Ossétie de continuer leurs agressions contre le pouvoir de Tbilissi. Et de terminer : si d'ici 10 ans l'Union européenne et les États-unis ne se prononcent pas, la guerre peut reprendre".

Tbilissi, Géorgie, 12 juillet 2010.

Monday, July 12, 2010

Sur la route / 05 juillet / Tbilissi

Sur la route / 05 juillet / Tbilissi

 

L'aventure, l'histoire et les anecdotes de Paroles de conflits dans la prochaine émission de Lela Kunchunlia, journaliste pour Radio liberty à Tbilissi.
http://www.rferl.org/

Tbilissi, le 5 juillet 2010, Géorgie.
© Nodar Tskhvirashvili

Monday, July 12, 2010

Face à face / 12 juillet (1) / Tbilissi

Face à face / 12 juillet / Tbilissi

 

"300 personnes civiles ont été tuées pendant la guerre d'Ossétie et un nombre très important de pris en otages par la milice ossète et de blessés est à déplorer. À ce jour, aucune enquête sur les crimes de guerre a été ouverte", insiste Nina Tsihistavi, présidente de l'association des Femmes du caucase.

Interrogée sur les aides de l'Union européenne, des Etats-unis et de la Banque mondiale pour subvenir aux besoins des personnes déplacées, Nina Tsihistavi émet des doutes sur leur bonne utilisation. "Nous sommes au courant des aides de la communauté internationale pour aider les populations après la guerre. Le problème est qu'on n'a pas accès aux informations concernant l'utilisation de ces fonds et qu'on sait que le montant prévu pour les bénéficiaires ne leur a pas été totalement reversé", souligne-t-elle.

Tbilissi, Géorgie, 12 juillet 2010.

Monday, July 12, 2010

Portrait de famille / 09 juillet / Mezreti

Portrait de famille / 09 juillet / Mezreti

 

Deux après la guerre qui raisonnait fort dans leur village bombardé, la famille Makharashvili vit dans la peur des miliciens d'Ossétie du Sud. "Quand la nuit tombe, le stress grandit", avoue Dato, le père de famille. Paralysé du côté gauche après un accident vasculaire cérébral survenu lorsqu'un homme armé l'ait menacé deux mois après sa capture par le milice ossète, Dato a vécu le pire.

"Au début de la guerre, j'ai fui avec ma femme et mes enfants en laissant mes parents à la maison. J'ai reçu des appels me disant qu'ils avaient été tués. Au début du mois de septembre 2008, J'ai décidé de retourner au village pour récupérer leurs corps. Quand je suis arrivé à la maison, ils étaient vivant, sans aucune égratignure. C'est à ce moment là que des miliciens sont arrivés et m'ont pris en otage. Quand ils ont vu le téléphone portable et les 800 laris que j'avais dans mes poches (environ 400 euros, ndlr), ils me les ont pris et m'ont dit de partir. Je leur ai tourné le dos et suis parti. Eux ont commencé à tirer", raconte-t-il les larmes aux yeux.

"Mon fils était conducteur de bus avant la guerre. Tout allait bien pour lui. La milice ossète l'a traumatisé à jamais. Avec son bras et sa jambe paralysée, il ne peut plus rien faire maintenant", pleure sa mère Zinia. Avec les 70 laris de pension qu'il reçoit par mois, on a pas assez pour payer tous les soins et les médicaments qu'il lui faut", enrage sa femme Naira. Interrogée sur ce qui a changé depuis la guerre, sa fille Mzevinare montre Giorgui en souriant. "On l'a appelé du même prénom que son oncle tué par une bombe", raconte-t-elle.

De gauche à droite, Mzevinare, Dato et Naira

Mezreti, un village dans la zone de sécurité coincé entre les gardes géorgiens et le check-point de la milice ossète, Géorgie, le 9 juillet 2010.

Monday, July 12, 2010

Face à face / 09 juillet / Variani

Face à face / 09 juillet / Variani

 

Avtandil Urjumelashvili, 13 ans, vit dans le village de Variani, à quelques encablures du poste des forces de police géorgiennes démarquant la Géorgie de la province séparatiste d'Ossétie du Sud. En août 2008, il profitait des vacances quand les bombardements ont failli mettre fin à ses jours. "J'étais en train de gonfler les pneus du vélo que mon père venait de m'offrir quand des tirs ont visé notre maison. Une bombe est tombée à côté de moi et j'ai reçu des éclats dans le dos. On est tout de suite parti à l'hôpital de Gori". Son souhait pour demain? Rester chez lui et y vivre tranquillement.

Variani, Géorgie, 9 juillet 2010.

 

 

Monday, July 12, 2010

Face à face / 09 juillet (2) / Koshki

Face à face / 09 juillet (2) / Koshki

 

Employée par l'ONG géorgienne Human rights priority, Mariam Maisuradze s'occupe de recenser les victimes de la guerre d'Ossétie du Sud et de les aider à plaider leur cause à la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH). "Il y a eu beaucoup de civils blessés, de personnes battues, de maisons brulées ou bombardées. On envoie ces cas à la CEDH pour voir la responsabilité des Géorgiens et des Russes engagée et les dommages et intérêts des victimes alloués. La Géorgie est coupable de ne pas avoir alerté la population civile avant et pendant la guerre. Les Russes sont coupables d'avoir approuvé et soutenu les atrocités de la milice ossète", explique-t-elle.


Koshki, Géorgie, 9 juillet 2010.

Monday, July 12, 2010

Face à face / 09 juillet (1) / Koshki

Face à face / 09 juillet / Koshki

 

Pris en otage par la milice ossète pendant la guerre, Dimitri Gugutishvili garde un souvenir horrible de l'été 2008. "Ma maison était au centre des combats. Quand j'ai fuit pour sauver ma peau, la milice m'a arrêté. Des hommes armés me demandaient d'insulter mon pays. Au départ, j'ai refusé. Quand ils m'ont versé de l'essence sur la tête en menaçant de me brûler vif, j'ai lâché prise pour avoir la vie sauve", raconte cet homme qui vit aujourd'hui dans une ancienne école criblée de balles (une maison à 300 mètres du poste de contrôle de la milice ossète, dans la zone de sécurité de l'Administrative border line, ndlr), faute de pouvoir retourner dans sa maison entièrement brûlée.

Koshki, Géorgie, 9 juillet 2010.

Thursday, July 08, 2010

Face à face / 08 juillet / Tbilissi

Face à face / 08 juillet / Tbilissi

 

Tengo Gogotishvili est le premier journaliste à avoir filmé le déploiement des forces géorgiennes, le 7 août 2008. "Sur ma route vers Gori, j'ai rencontré des longues files de tanks. J'ai appelé le bureau pour signaler qu'il y avait trop de mouvements pour que ce soit un exercice habituel. Je les ai suivi alors qu'ils partaient dans la direction de Tskhinvali (la "capitale" de la province séparatiste d'Ossétie du Sud, ndlr). Pour moi, ça signifiait le début de la guerre", explique-t-il.

Interrogé sur le déploiement des forces russes, Tengo Gogotishvili rappelle: "je me souviens d'un défilé d'une heure et demi de soldats, de camions et de tanks de l'armée russe". Un déploiement massif qu'il a tout de suite filmé. "J'ai fait tourner la caméra et pris mon micro. J'ai parlé pendant une heure et demi et suis même parvenu à faire parler quelques soldats Russes. Je croyais être en direct mais ma rédaction n'a pas diffusé les images. Mes producteurs avaient peur que cela sème la panique des Géorgiens",

En évoquant les difficiles conditions de départ des Géorgiens vivant sur la zone des combats (i.e à Tskhinvali et dans les villages alentours), Tengo Gogotishvili évoque une petite histoire : "un Géorgien en fuite s'inquiétait de ne pas avoir éteint le gaz de la cuisinière alors qu'il préparait de la confiture. Peut-être que ma maison va brûler parce que je n'ai pas éteint le gaz. Et puis, qui va manger ma confiture?", disait-il.

Tbilissi, Géorgie, 8 juillet 2010.

Thursday, July 08, 2010

Face à face / 07 juillet / Tbilissi

Face à face / 07 juillet / Tbilissi

 

Ministre des Réfugiés et du logement géorgien depuis 2007, Koba Subeliani a dû gérer l'afflux de déplacés lors des premiers jours de la guerre d'Ossétie du Sud, en août 2008. "Avant toutes autres considérations, il fallait leur fournir un toit", rappelle-t-il. "Grâce aux 200 millions de dollars de l'Union européenne, des Etats-unis et de la Banque mondiale, 7.000 maisons privatives ont pu être construites. Et, ceux qui bénéficient du statut de déplacé, reçoivent gratuitement l'électricité (ndlr, 100 KW par mois et par famille), des médicaments et une réduction de 70% sur les frais d'hospitalisation (ndlr, pour ceux qui vivent en dessous du seuil de pauvreté)". Interrogé sur les leviers de contrôle des allocations des sommes consacrées aux réfugiés, Koba Subeliani reste évasif. "La surveillance est opérée par le gouvernement", répond-il.

Informé de la volonté des réfugiés de retourner dans leurs maisons désertées à la hâte, le ministre ne voit pas d'issue immédiate: "aujourd'hui, il n'est pas possible pour eux d'y retourner. Mais, un jour, l'occupation va s'arrêter et, demain ou après demain, cette solution sera envisageable. Les habitants d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud se sentent pris en otage par l'armée russe".

Tbilissi, Géorgie, 7 juillet 2010.
© Marika Kochiashvili

Wednesday, July 07, 2010

Face à face / 06 juillet (2) / Borjomi

Face à face / 06 juillet (2) / Borjomi

 

Gendarme français envoyé en Géorgie pour effectuer une mission de surveillance dans la zone d'influence du bureau de l'EUMM à Mtskheta, Teddy Avril rend visite tous les jours aux réfugiés sous sa coupe. "Grâce aux dons des États-unis et de l'Union européenne, l'État géorgien a pu mettre en place une politique de re-localisation de réfugiés, d'abord dans des bâtiments inoccupés comme des crèches, des hôpitaux ou des hôtels désaffectés. Aujourd'hui, après avoir réhabilités ces locaux désaffectés, l'État permet aux déplacés d'acquérir leur logement pour seulement 1 lari (50 centimes d'euros)".

Un dispositif important déployé pour les déplacés qui a néanmoins laissé place à quelques problèmes. "Comme dans tout système non contrôlé, il y a quelques abus comme la réalisation de travaux de moindre qualité par rapport aux budgets alloués par la communauté internationale, des prestations effectués par les réfugiés qui ne leur ont pas été rétribuées ou des problèmes d'enregistrement permettant à une famille d'obtenir deux appartements", raconte-t-il.

Centre collectif de Borjomi Mtiskheobai, Géorgie, 6 juillet 2010.

Wednesday, July 07, 2010

Face à face / 06 juillet (1) / Borjomi

Face à face / 06 juillet (1) / Borjomi

 

"Aux premiers jours de la guerre, le climat était si hostile qu'il se disait qu'un bon Géorgien est un Géorgien mort", se souvient Avtandil, réfugiés d'Abkhazie. Dans l'entrée de son appartement, il raconte son départ: "pendant la guerre en Abkhazie, 20 Géorgiens ont été exécutés sous mes yeux. J'avais horriblement peur pour ma peau et j'en ai gardé un traumatisme qui me fait aujourd'hui bégayer. Je me suis fait passer pour un Arménien et suis parti en Russie, à Sotchi. Quand ils ont découvert ma vraie identité, j'ai dû fuir à nouveau".

Installé dans le centre collectif de réfugiés de Borjomi Mtiskheoba, Avtandil a entièrement rénové l'appartement dans lequel il vit depuis plus de dix ans. "J'ai fait tout pour que cet appartement ressemble à ma propre maison. J'espère aujourd'hui que le gouvernement nous l'attribue", avoue-t-il.

Centre collectif de Borjomi Mtiskheobai, Géorgie, 6 juillet 2010.

Wednesday, July 07, 2010

Face à face / 06 juillet / Mokhisi

Face à face / 06 juillet (1) / Mokhisi

 

"Je suis parti à pied avec ma famille pour fuir mon village bombardé. Nous avons pris ce qu'on pouvait avec nos deux mains", rappelle Nugzar Sikturashvili, déplacé de la guerre d'Ossétie du Sud en août 2008. Pas grand chose en somme. Quand il est revenu pour prendre sa voiture, la milice ossète lui a signalé de vite faire marche arrière. "J'ai filé avec ma voiture et en partant, un sniper a tiré dans ma porte-arrière droite. La balle s'est arrêtée dans la carrosserie sans m'atteindre", montre-t-il fièrement. "Même si ma maison a été brûlée deux fois, je compte bien y retourner un jour et la reconstruire. Pour ça, il faut qu'Ossètes et Géorgiens se réconcilient".

Camps de déplacés de Mokhisi, Géorgie, 6 juillet 2010.

Tuesday, July 06, 2010

Face à face / 04 juillet (2) / Tbilissi

Face à face / 04 juin (2) / Tbilissi

 

Ambassadeur de la mission de surveillance de l'Union européenne en Géorgie, Hansjorg Haber est arrivé à Tbilissi le 1er octobre 2008, un mois après la guerre russo-géorgienne. Interrogé sur la situation lors des premières semaines de l'après-conflit, le représentant de l'EUMM (Européan union monitoring mission) signale quelques incidents sur la ligne de démarcation entre la Géorgie et l'Ossétie du Sud. "Des petites attaques sur la police géorgienne", mentionne Hansjorg Haber. "Tbilissi comme Moscou ne se faisaient pas confiance. Les Russes pensaient que les Géorgiens n'allaient pas accepter les termes des accords du cessez-le-feu. Les Géorgiens pensaient que les Russes n'allaient pas coopérer avant que le président Mikheil Saakachvili soit destitué de la présidence", explique-t-il.

Concernant l'actuelle volonté des déplacés de retrouver leurs maisons abandonnées, Hansjorg Haber ne voit pas de perspectives pour eux: "le problème pour les personnes déplacées est que le dialogue entre les belligérants est inexistant. Et les progrès des pourparlers organisés par les groupes de travail à Genève (ndlr, le processus de discussions entre la Géorgie et la Russie lancé en octobre 2008 sous l'égide de l'UE, de l'ONU et de l'OSCE) sont très lents, voire absents". Et d'ajouter: "le retrait des troupes vers leurs positions d'avant conflit prévu dans les accords de cessez-le-feu a été respecté par les Géorgiens. D'après ce que je crois comprendre, pas par les Russes".

Tbilissi, Géorgie, 4 juillet 2010.

Monday, July 05, 2010

Face à face / 04 juillet (1) / Tbilissi

Face à face / 04 juillet / Tbilissi

 

Photographe pour l'agence de presse géorgienne pendant la guerre de Géorgie, Nodar Tskhvirasvili garde un souvenir terrible d'août 2008. "Le 7 août, je suis parti à Gori pour suivre les soldats géorgiens. Je ne réalisais pas ce qui était en train de se passer. J'ai vu des personnes fuir leurs maisons à pied. Le 9 au matin, alors que je dormais dans la maison de mon oncle à Gori, je me suis fait réveiller par les premières frappes de l'armée russe. Je suis sorti avec mon appareil et j'ai vu des soldats géorgiens morts. J'ai commencé à prendre des photos mais, quand j'ai réalisé en regardant les photos sur mon appareil, j'ai arrêté de photographier les soldats morts au combat. C'était trop dur de voir ce qui se passait dans mon pays", avoue-t-il.

Interrogé sur la possibilité de retourner sur le terrain pour couvrir la guerre si elle venait à se reproduire, Nodar Tskhvirasvili réfléchit quelques secondes. Puis avance: "si la guerre redémarre, je n'utiliserai pas d'armes mais mon appareil pour montrer l'horreur des combats".

Tbilissi, Géorgie, 4 juillet 2010.

Monday, July 05, 2010

Sur la route / 04 juillet / Tbilissi

Sur la route / 04 juillet / Tbilissi

 

Good Morning Georgia, la matinale de la chaîne Rustavi2 a consacré l'émission à la journée du baiser organisée en Géorgie tous les 5 juillet. Une bonne occasion d'immortaliser quelques baisers volés dans le parc du 9 avril 1989 - le parc baptisé en l'honneur de la manifestation réprimée dans le sang par le gouvernement communiste de l'époque -, et de me faire inviter à participer à l'émission.

Tbilissi, le 5 juillet 2010, Géorgie.

Friday, July 02, 2010

Face à face / 01 juillet (3) / Gori

Face à face / 01 juillet (3) / Gori

 

Etudiante à Antalia (Turquie) pendant la guerre d'août 2008 et originaire du village d'Akhakhisov, Darejan Muradashvili a suivi les évènements à la télévision. "J'avais peur pour ma famille. Pendant trois jours, j'ai essayé de les appeler mais cela ne passait pas. Je ne savais pas ce qu'il se passait pour eux, s'ils étaient encore en vie. C'était horrible"

Trois jours après le début des combats et l'invasion de Gori par les chars russes, Darejan Muradashvili parvient à avoir sa mère au téléphone. "Elle a voulu me rassurer en me disant que tout allait bien. Quand je suis rentré en Géorgie après la guerre, j'ai appris que mon cousin avait été tué dès le premier jour des combats, le 9 août 2008. Mon oncle est toujours porté disparu. On n'est toujours pas parvenu à retrouver son corps. Seul mon cousin a pu être enterré. En catimini, à sept heures du matin. Parce que, si les Russes avaient surpris ma famille enterrer mon cousin, ils les auraient tous tués", raconte-t-elle.

Gori, Géorgie, 1er juillet 2010.

Friday, July 02, 2010

Face à face / 01 juillet (2) / Gori

Face à face / 01 juillet (2) / Gori

 

Conducteur d'ambulances avant la guerre, Edika Joshvili a perdu tout de ce qu'il avait construit dans son village d'Ossétie du Sud. "On avait peur pour nous, pour notre vie et notre maison. On est parti le 9 août 2008 et, depuis, je n'ai plus revu ma ville natale. C'est impossible d'y retourner. Les Russes et la milice ossète surveillent la frontière", explique-t-il.

Gori, Géorgie, 1er juillet 2010.

Friday, July 02, 2010

Face à face / 01 juillet (1) / Gori

Face à face / 01 Juillet (1) / Gori

 

Déplacée dans le camp de réfugiés Verkhvebi à Gori, Eka Jioshvili a quitté sa maison de Kurta, un petit village à neuf kilomètres de Tskhinvali (i.e la "capitale de la république autoproclamée d'Ossétie du Sud). "On a essayé de rester chez nous le plus longtemps possible. Mais, à cause des affrontements entre l'armée géorgienne et l'armée russe, cela devenait trop risqué", souvient-elle.

Aujourd'hui installée dans un des camps de déplacés les plus modernes de Géorgie, Eka Jioshvili a ouvert une petite échoppe dans une chambre de la maison que le gouvernement géorgien lui a alloué. "Petit à petit, on reconstruit une vie ici. Une vie que je souhaiterais pouvoir vivre en Ossétie du Sud", regrette-t-elle. "Même si ma maison est complètement détruite".

Gori, Géorgie, 1er juillet 2010.

Friday, July 02, 2010

Face à face / 30 juin / Gori

Face à face / 30 juin / Gori

 

Correspondant à Gori pour Radio Liberty, Goga Aptsiauri est parvenu à quitter la ville avec sa femme et ses trois enfants avant que Gori ne soit attaquée par l'armée russe. "On a eu peur de faire partie des victimes et on s'est enfui. Quand nous sommes revenus, la ville était vide. C'était terrible de voir sa ville natale dépeuplée", explique ce journaliste. Aujourd'hui, Goga Aptsiauri n'a qu'un seul souhait : "la paix, la paix, la paix".

Gori, Géorgie, 30 juin 2010.

Thursday, July 01, 2010

Sur la route / 30 juin / Gori

Sur la route / 30 juin / Gori

 

Voici ce qu'il reste de la statue de Staline déboulonnée dans la nuit de jeudi à vendredi 26 juin 2010. Pour la remplacer, un monument dédié aux victimes de la guerre de 2008 entre la Géorgie et la Russie va être érigé.

Gori, le 30 juin 2010, Géorgie.

Wednesday, June 30, 2010

Dure journée !

Dure Journée !

 

Mardi 29 juin, 134 km au compteur : record de la journée la plus riche en apports kilomètriques battu d'un petit cheveux. Avec 13 heures entre le moment où j'ai quitté l'hôtel de Kutaisi et celui ou j'ai retrouvé l'hôtel d'Agara, record de la journée la plus longue dépassé haut la main. Résultat, mercredi 30 juin, une chute sans gravités entre Agara et Gori.

Tuesday, June 29, 2010

Face à face / 28 juin / Zugdidi

Face à face / 28 juin / Zugdidi

 

Responsable de mission en Géorgie pour l'ONG People in need, Pavla Pijanova évalue le nombre actuel de déplacés à cause de la guerre d'Abkhazie à 100.000 personnes dans la région de Zugdidi (i.e, principale ville située du côté géorgien de la frontière avec l'Abkhazie). "18 ans après, les déplacés vivent encore dans des conditions extrêmement précaires".

Zugdidi, Géorgie, 28 juin 2010.

Tuesday, June 29, 2010

Face à face / 28 juin (4) / Anaklia

Face à face / 28 juin (4) / Anaklia

 

Guram Chikhladze travaille pour l'ONG People in need dans la zone d'Anaklia.pour "aider les déplacés d'Abkhazie à résoudre leurs problèmes de santé, d'éducation et d'information".

"Le problème est que les réfugiés ont tout perdu à cause de cette guerre. Ils ont tout laissé dans leur ancien chez eux", explique-t-il.

Anaklia, Géorgie, 28 juin 2010.

Tuesday, June 29, 2010

Face à face / 28 juin (3) / Anaklia

Face à face / 28 juin (3) / Anaklia

 

Réfugié dans une maison construite à la hâte pour accueillir les réfugiés géorgiens d'Abkhazie, Tamaz Kvaratskheila regrette le temps ou il pouvait "boire tranquillement avec les Abkhazes".

"Nous passions nos vacances ensemble. Aujourd'hui, à cause d'une guerre stupide décidée par les politiques et à laquelle j'ai participé, je ne peux plus retourner dans ma région".

Anaklia, Géorgie, 28 juin 2010.

Tuesday, June 29, 2010

Face à face / 28 juin (2) / Anaklia

Face à face / 28 juin (2) / Anaklia

 

"J'ai pris les armes pour me battre du côté des géorgiens. Cette guerre était stupide. Avant, tout allait bien. Depuis tout a changé", raconte, le visage sombre, ce père de famille originaire d'Ochumchire (Abkhazie). Déplacé dans une baraque au milieu d'un pré, Darial Arkania vit dans des conditions d'extrême pauvreté avec sa femme, ses trois enfant et son beau-père.

Anaklia, Géorgie, 28 juin 2010.

Tuesday, June 29, 2010

Face à face / 28 juin (1) / Anaklia

Face à face / 28 juin (1) / Anaklia

 

"Pendant le conflit entre les combattants abkhazes et les forces géorgiennes, j'ai été prise en otage par les séparatistes, raconte Liana Perazde, ingénieur en génie civil en Abkhazie avant la guerre (1992-1993). Heureusement, un agent du KGB russe m'a protégé et m'a permis d'être libérée", ajoute cette habitante des camps de réfugiés à Anaklia, un village à la frontière Sud de la province séparatiste.

Anaklia, Géorgie, 28 juin 2010.

Monday, June 28, 2010

Sur la route / 26 juin (2) / Batumi

Sur la route / 26 juin (2) / Batumi

 

Achat d'une carte SIM géorgienne à Batumi puis départ illico presto pour Kobuleti, le village des touristes géorgiens venus profiter du littoral de Géorgie. Un littoral sur la mer Noire bien amputé par le conflit abkhaze, entre 1992 et 1993.

C'est dans la province séparatiste d'Abkhazie (Nord-Ouest du pays) que se trouvent les plus belles plages. A l'instar de la Transnistrie en Moldavie, l'Abkhazie est un Etat autoproclamé et non reconnu par la communauté internationale. Seuls le Nicaragua, Nauru, la Fédération de Russie et le Venezuela ont reconnu l'indépendance de l'Abkhazie, après la Deuxième Guerre d'Ossétie du Sud de 2008.

De son côté, la Géorgie considère cet État comme une de ses provinces à part entière, bien qu'elle n'y exerce plus aucun contrôle depuis 1992.

Dans les hauteurs de Batumi, le 26 juin 2010, Géorgie.

Monday, June 28, 2010

Sur la route / 26 juin (1) / Batumi

Sur la route / 26 juin (1) / Batumi

 

Après 60 heures de mer Noire et une météo passant par un temps calme, agité puis moins agité, arrivée à Batumi.

Considérée comme le Saint-Tropez géorgien, Batumi dispose de deux artères goudronnées pour de multiples ruelles caillouteuses. Une réalité qui devrait bientôt disparaître si tout se passe comme prévu par Mikheil Saakashvili, l'actuel président de Géorgie. "Batumi sera bientôt une ville comme Singapour ou Dubaï", a-t-il lancé samedi 26 juin.

(Source : http://www.president.gov.ge/index.php?la ng_id=ENG&sec_id=226&info_id=5291)

Batumi, le 26 juin 2010, Géorgie.

Monday, June 28, 2010

Sur la route / 24 juin / Mer Noire

Sur la route / 24 juin / Mer Noire

 

Une traversée de la mer Noire sur le Greifswald - un cargo-ferry construit en 1988 en RDA - pour rejoindre Batumi (Géorgie). Arrivée prévue samedi matin après 50 heures de navigation. Ici, la vue de ma cabine.

Quelque part en mer Noire, le 24 juin 2010.

Monday, June 21, 2010

Sur la route / 19 juin / Sebastopol

Sur la route / 19 juin / Sebastopol

 

Considérée comme étant une des plus belles du centre-ville, l'église Pokrovski Sobor qui fait face à mon lit a été construite par l'architecte Feldman en 1905 pour apporter amour et bonté aux misérables et désespérés.

Sebastopol, le 19 juin 2010, Ukraine.

Monday, June 21, 2010

Face à face / 18 juin (4) / Sebastopol

Face à face / 18 juin (3) / Sebastopol

 

Comme pour montrer son détachement par rapport au conflit auquel s'adonnent les générations plus âgées qu'elle, Yulya Muravyova, étudiante et chanteuse à Sebastopol, a chanté quelques paroles d'une de ses chansons préférées dans sa salle de cours. Un talent incontestable qui la propulsera peut-être sur les planches de l'Eurovision.

Sebastopol, Ukraine, 18 juin 2010.
© Raphaël Beaugrand

Monday, June 21, 2010

Face à face / 18 juin (3) / Sebastopol

Face à face / 18 juin (3) / Sebastopol

 

«A Sebastopol, pour les pro-ukrainiens qui ne parlent que la langue du pays, les problèmes sont surtout pour remplir des papiers administratifs", reconnaît Tamara Valentinovna.

A la question de savoir si les conflits entre pro-russes et nationalistes ukrainiens son fréquents, la présidente de la chair de langues à l'Université de sciences humaines à Sebastopol reste modérée : "les conflits entre pro-russes et pro-ukrainiens ne sont pas fréquents parmi les habitants de Sebastopol. Il arrive que des russes ne veulent pas répondre aux personnes qui parlent ukrainiens à Sebastopol mais c'est très rare", ajoute-t-elle.

Sebastopol, Ukraine, 18 juin 2010.
© Raphaël Beaugrand

Monday, June 21, 2010

Face à face / 18 juin (2) / Sebastopol

Face à face / 18 juin (2) / Sebastopol

 

"Russian army must go home!", martèle Volodimyr Protsenko, le leader à Sebastopol de Taras Shevchenko - une association qui agit pour l'unification de la société ukrainienne unie -. "Il n'y a pas de raisons pour qu'une armée étrangère ait sa base en Ukraine", explique-t-il.

Interrogé au sujet des pro-russes de Sebastopol qui souhaitent l'organisation d'un réferundum au sujet de l'indépendance de la Crimée et de son rapprochement avec Moscou, Volodimyr Protsenko est catégorique. "En 1994, la question de l'indépendance de la république d'Ukraine a été soumise au peuple. 56% des habitants de Crimée ont voté pour. On ne va quand même pas organiser un référundum tous les ans pour savoir si la Crimée doit faire partie ou non de la fédération de Russie", s'énerve-t-il.

Sebastopol, Ukraine, 18 juin 2010.
© Raphaël Beaugrand

Monday, June 21, 2010

Face à face / 18 juin (1) / Sebastopol

Face à face / 18 juin (1) / Sebastopol

 

Professeur de français, de latin et d'anglais à l'Université de sciences humaines de Sebastopol, Tatyana Vladimirovna dresse le tableau des sebastopolis par rapport au conflit de la flotte russe dans le port ukrainien : "On peut dire que, à Sebastopol, il y a trois opinions. Il y a ceux qui disent «peu importe, on est ici dans l'Etat ukrainien, on doit y vivre et se développer». Ensuite, et même s'ils sont en faible proportion, il y a ceux qui disent « non, ici on est en Ukraine et on doit ne parler qu'ukrainien et vivre à la mode ukrainienne». Et il y a ceux qui pensent que vivre dans l'État ukrainien c'est temporel. C'est seulement jusqu'au moment ou la Russie va regagner la ville".


Et de préciser que, parmi les jeunes générations, le conflit est mis de côté : "la plupart des jeunes ne sont pas très actifs politiquement . On en a assez du conflit. Surtout après la révolution Orange. C'était incroyable de vivre dans un pays comme ça".

Sebastopol, Ukraine, 18 juin 2010.
© Raphaël Beaugrand

Friday, June 18, 2010

Sur la route / 17 juin (2) / Sebastopol

Sur la route / 17 juin (2) / Sebastopol

 

Péninsule de Crimée majoritairement russophone, Sebastopol est aussi le terrain de jeu de la flotte russe en mer Noire. Ici, Moscou dispose, entre autres, d'une trentaine de bateaux, de plusieurs bases militaires, d'un quartier général et d'un hôpital militaire. Une implantation importante qui, pendant la guerre russo-géorgienne de l'été 2008, s'est révélée stratégique.

Pour la petite histoire, au soir du 9 août 2008, un détachement naval parti de Sebastopol rencontre 4 vedettes lance-torpilles géorgiennes. La corvette Mirazh coule l’une d’entre elles et signe le premier engagement naval de la marine russe depuis 1945.

Sebastopol, le 17 juin 2010, Ukraine.

Friday, June 18, 2010

Sur la route / 17 juin (1) / Sebastopol

Sur la route / 17 juin (1) / Senastopol

 

Péninsule de Crimée majoritairement russophone, Sebastopol est aussi le terrain de jeu de la flotte russe en mer Noire. Ici, Moscou dispose, entre autres, d'une trentaine de bateaux, de plusieurs bases militaires, d'un quartier général et d'un hôpital militaire. Une implantation importante qui, pendant la guerre russo-géorgienne de l'été 2008, s'est révélée stratégique.

Pour la petite histoire, au soir du 9 août 2008, un détachement naval parti de Sebastopol rencontre 4 vedettes lance-torpilles géorgiennes. La corvette Mirazh coule l’une d’entre elles et signe le premier engagement naval de la marine russe depuis 1945.

Sebastopol, le 17 juin 2010, Ukraine.

Friday, June 18, 2010

Face à face / 17 juin (3) / Sebastopol

Face à face / 17 juin (3) / Sebastopol

 

Journaliste, fondateur du site Internet Vie ukrainienne à Sebastopol (http://ukrlife.org/) et coordinateur du comité "Ukrainiens de Sebastopol", Nikolay Vladzimirsky ne vit pas un jour sans sentir le poids du sentiment pro-russe en Crimée. "A Sebastopol, les droits fondamentaux des Ukrainiens qui ne sont pas pro-russes sont bafoués. Encore plus depuis le retour du président pro-russe Viktor Ianoukovitch", se désole-t-il.

"Pour trouver des livres en langue ukrainienne, je suis obligé d'aller à Kiev. Concernant la liberté de culte, les difficultés administratives rendent quasiment impossible la construction d'une église pour les orthodoxes ukrainiens, raconte-t-il. Et, au regard de la censure des informations et des risques de licenciement qui pèsent sur ceux qui s'aventurent à dénoncer la présence de la flotte russe à Sebastopol, la liberté d'expression des pro-ukrainiens est réduite à peau de chagrin".

Sebastopol, Ukraine, 17 juin 2010.
© Raphaël Beaugrand

 

Friday, June 18, 2010

Face à face / 17 juin (2) / Sebastopol

Face à face / 17 juin (2) / Sebastopol

 

Présidente de l'association des Femmes d'Ukraine à Sebastopol, Bogdana Prostar porte fièrement le tresse ukrainienne. "C'est Ioulia Timochenko qui m'a copiée, pas le contraire", rit-elle.

Interrogée au sujet des activistes pro-russes dans le port de Sebastopol, l'ambassadrice de la culture ukrainienne en Crimée préfère garder du recul. "Je suis désolée pour eux. Que Dieu leur pardonne", confie-t-elle. Et de rappeler, sourire aux lèvres, le message de mère Théresa : "ayez un sourire pour votre prochain, donnez-lui du temps".

Sebastopol, Ukraine, 17 juin 2010.
© Raphaël Beaugrand

Friday, June 18, 2010

Face à face / 17 juin (1) / Sebastopol

Face à face / 17 juin (1) / Sebastopol

 

"Seule une minorité des habitants de Sebastopol sont des activistes pro-russes ou pro-ukrainiens. "Le conflit au sujet de la flotte est surtout politique", explique le directeur de relations publiques du maire de la ville Vaeriy Saratov.

Arrivé il y a deux semaines après le remaniement inhérent au changement de président en Ukraine, cet employé au service du maire se réjouit du réchauffement des relations entre Kiev et Moscou. "L'arrivée de Viktour Ianoukovitch apaise les tensions et redonne confiance aux investisseurs. En deux semaines, pas moins de huit délégations d'investisseurs étrangers sont venues à Sebastopol. Dont les Français", souligne-t-il.

Sebastopol, Ukraine, 17 juin 2010.
© Raphaël Beaugrand

Thursday, June 17, 2010

UNE CARTE POUR ME SUIVRE EN TEMPS REEL

Thursday, June 17, 2010

Face à face / 16 juin (2) / Sebastopol

Face à face / 16 juin (2) / Sebastopol

 

Interprète à Sebastopol, ViKtoriya Vovtchenkova témoigne en lieu et place des pro-ukrainiens qui, trois mois après l'élection du président pro-russe Viktor Ianoukoviytch, refusent aujourd'hui d'exprimer leur position devant une caméra au sujet de la flotte russe. "Hier, ils condamnaient la présence de la flotte. Aujourd'hui, ils font comme si de rien n'était".

"A cause de réchauffement des relations entre Kiev et Moscou, Miroslav Mamchak, le rédacteur en chef du bi-hebdomadaire et de la chaîne de télévision Flotte ukrainienne, refuse de parler devant la caméra de Paroles de conflits. Avant, lorsque Ioulia Timlochenko et Viktor Iouchtchenko étaient au pouvoir, il passait tout le temps à l'antenne pour dénoncer la présence de la flotte russe à Sebastopol. Exprimer sa position pro-ukrainienne et pro-occidentale serait un risque pour lui de se voir démettre de ses fonctions. Apparemment, ordre lui aurait été donné de se taire", pense-t-elle.

Sebastopol, Ukraine, 16 juin 2010.
© Raphaël Beaugrand

Thursday, June 17, 2010

Face à face / 16 juin (1) / Sebastopol

Face à face / 16 juin (1) / Sebastopol

 

5ème génération d'habitants de Sebastopol, Olga Zarudneva n'a pas de rancœur contre Kiev. "L'Ukraine est un bon pays. Le seul problème se situe à Kiev", explique cette scientifique au centre d'hydro-physique de Sebastopol.

"Ici, comme dans toutes les autres villes d'Ukraine, les habitants de Sebastopol devraient avoir la possibilité d'élire leur propre maire. Ici, c'est Kiev qui décide. Du coup, des inconnus sont nommés arbitrairement pour contrôler la ville. Sans connaître les vrais problèmes de Sebastopol, sans avoir une idée de ses traditions et de sa culture, conteste-t-elle. Les habitants de Sebastopol devraient avoir la possibilité de décider d'eux-mêmes".

Sebastopol, Ukraine, 16 juin 2010.
© Raphaël Beaugrand

Wednesday, June 16, 2010

Sur la route / 15 juin (2) / Sebastopol

Sur la route / 15 juin (2) / Sebastopol

 

Statue géante à taille sur-réelle érigée dans les années 1960, Miasto-Bohater rend honneur aux soldats et marins morts pendant la Seconde guerre mondiale. Entre 1941 et 1944.

Située au cœur de Sebastopol comme preuve exubérante du poids du passé militaire sur la ville et ses habitants, cette statue n'est pas appréciée par tous. Pour Arthur Tchumakov. "Ce monument a été fait pour être vu de loin. Dans les hauteurs de la ville, on dirait une toile d'araignée",

Sebastopol, le 15 juin 2010, Ukraine.

© Barth Zabielny

Wednesday, June 16, 2010

Sur la route / 15 juin (1) / Sebastopol

Sur la route / 15 juin (1) / Sebastopol

 

Sebastopol c'est aussi la ville des festivals de chants et orchestres militaires. Tous les ans, au mois de juin, entre le 11 et le 15, un festival vient animer la ville. Un évènement pour célébrer la naissance de Sebastopol en juin 1783, s'étalant sur 5 jours, dans les parcs et places du centre ville.

De ces festivals, les tenues de l'orchestre turc ont monopolisé les regards. Les instruments et les voix des militaires pour égayer et réjouir les oreilles.

Sebastopol, le 14 juin 2010, Ukraine.
Wednesday, June 16, 2010

Face à face / 15 juin (2) / Sebastopol

Face à face / 15 juin (2) / Sebastopol

 

Elu au conseil régional du district de Sebastopol et membre du parti politique Russia Bloc, Andrey Merkulov est clair. "L'Ukraine et la Russie ne font qu'un. Diviser ces deux entités par des frontières est artificiel. Sans la Russie, l'Ukraine n'a pas de chances de se développer. Ici, tout est géré par Moscou", raconte-t-il.

Né en 1960, Andrey Merkulov a vécu plus de trente ans avec Moscou pour capitale. "Jamais je n'ai pu imaginer que l'Ukraine, la Russie et la Biélorussie puissent être séparés par des frontières", reconnaît-il.

Sebastopol, Ukraine, 15 juin 2010.
© Raphaël Beaugrand

Wednesday, June 16, 2010

Face à face / 15 juin (1) / Sebastopol

Face à face / 15 juin / Sebastopol

 

Président de l'association "For Sebastopol!", Alexandr Karavaev comptait parmi les chefs de file du conflit qui a eu lieu en 2008 sur la place de l'édification d'une statue en l'honneur de Catherine II, l'impératrice et autocrate de toutes les Russies du 28 juin 1762 à sa mort, le 6 novembre 1796 à Saint-Pétersbourg.

Pour les pro-ukrainiens, la statue de Catherine II leur rappelle l'impératrice responsable de la mort de dizaines de morts lors de l'insurrection de Pougatchev, Pour les pro-russes de Sebastopol, Catherine II incarne celle qui a décidé de la construction de Sebastopol il y a 227 ans, en 1783, pour faire de la ville la base de la flotte russe en mer Noire.

Pour Alexandr Karavaev, l'Ukraine et Sebastopol sont soumis à un conflit entre deux civilisations. L'Ouest des pro-occidentaux d'un côté, l'Est des pro-russes de l'autre. "A Sebastopol, nous sommes sur un site de la civilisation russe. On y défend notre histoire, notre langue et l'éducation de nos enfants".

Sebastopol, Ukraine, 15 juin 2010.
© Raphaël Beaugrand

Tuesday, June 15, 2010

Face à face / 14 juin (3) / Sebastopol

Face à face / 14 juin (3) / Sebastopol

 

Quatrième génération d'habitants de Sebastopol, Larissa Yankovskaya ne veut pas voir la flotte russe quitter le port. "Il n'y a aucune raison pour que les pro-ukrainiens soient contre l'existence de la flotte russe dans le port de Sebastopol. Cette ville a toujours été la partie russe du pays", explique-t-elle.

Pour elle, seuls les extrémistes pro-ukrainiens veulent que la flotte quitte le port. "En Crimée, cette question ne soulève pas de débat. Ici, les gens simples, Russes ou Ukrainiens, sont amis. La chose la plus importante pour eux est que la paix perdure", insiste la comptable de la cathédrale orthodoxe Saint Nicolas à Sebastopol.

Sebastopol, Ukraine, 14 juin 2010.
© Raphaël Beaugrand

Tuesday, June 15, 2010

Face à face / 14 juin (2) / Sebastopol

Face à face / 14 juin (bis) / Sebastopol

 

Victoria connait sa ville comme sa poche. Guide et interprète à Sebastopol, Victoria est fière de l'histoire de la ville et du symbole de resistance face aux forces ennemies qu'elle représente. "Pendant la Seconde guerre mondiale, Hitler avait donné trois jours aux forces allemandes pour envahir la ville. Cela leur a pris 250 jours et beaucoup de pertes humaines dans leurs rangs", raconte-t-elle devant le panneau montrant le rayon d'action des canons du 35e bataillon de Sebastopol.

Sebastopol, Ukraine, 14 juin 2010.
© Raphaël Beaugrand

Tuesday, June 15, 2010

Face à face / 14 juin (1) / Sebastopol

Face à face / 14 juin / Sebastopol

 

Chauffeur de taxi à Sebastopol, Vasile Savchuk est "Ukrainien de nationalité mais Sebastopoli de sang".

"Quand je pars rendre visite à des amis dans l'Ouest ukrainien, il me demandent souvent comment va notre Sebastopol? Je leur réponds : qui vous a dit que Sebastopol est à vous? Nous vous accueillons là-bas comme des invités. Pas comme les maîtres de la ville", sourit-il.

Sebastopol, Ukraine, 14 juin 2010.
© Raphaël Beaugrand

Tuesday, June 15, 2010

Sur la route / 13 juin / Sebastopol

Sur la route / 13 juin / Sebastopol

 

Contrairement au sort réservé aux statues de Lénine dans d'autres villes d'ex-pays du bloc soviétique à la fin de la perestroïka, l'édifice en l'honneur du fondateur de l'URSS est resté intact.

Sebastopol, le 13 juin 2010, Ukraine.

Tuesday, June 15, 2010

Face à face / 13 juin / Sebastopol

Face à face / 13 juin / Sebastopol

 

Agent des forces spéciales ukrainiennes entre 1998 et 2007, Vladimir Melnik souhaite voir l'Ukraine séparée en deux parties. La partie Ouest et pro-ukrainienne d'un côté, la partie Est et Sud en majorité pro-russe de l'autre. "Au regard de la situation politique, il serait préférable que l'Est et le Sud de l'Ukraine soient rattachés à la Russie", explique-t-il.

Interrogé au sujet du conflit autour de la flotte russe basée à Sebastopol, Vladimir Melnik est sans concession : "symbole des victoires de l'armée russe sur les forces ennemies, Sebastopol devrait passer sous l'autorité de Moscou".

Sebastopol, Ukraine, 13 juin 2010.
© Raphaël Beaugrand

Tuesday, June 15, 2010

Sur la route / 12 juin / Mer Noire

Sur la route / 12 juin / Mer Noire

 

La proue du Zirka Dnipra (entendre Dniepr Star) a fendu la mer Noire pour mener Paroles de conflits d'Odessa à Sebastopol (19 heures de trajet). Une traversée sur une mer d'huile, entouré de retraités allemands friands de valse lente et de spectacle en tenues traditionnelles ukrainiennes.

Mer Noire, le 12 juin 2010, Ukraine.

Tuesday, June 15, 2010

Sur la route / 6 juin / Odessa

Sur la route / 6 juin / Odessa

 

Le 188 marches de l'escalier Potemkine à Odessa ne sont pas sans rappeler "Le Cuirassé Potemkine", film soviétique muet réalisé par Sergueï Eisenstein, sorti en 1925 et revenant sur la révolte des marins dans le port odessite, mutinerie ayant engendré la mort de plusieurs officiers du cuirassé.

Odessa, le 6 juin 2010, Ukraine.

Tuesday, June 15, 2010

Face à face / 4 juin (2) / Odessa

Face à face / 4 juin / Odessa

 

Attachée de presse à la mairie d'Odessa, Anna Tsvirkun suit les informations autour du conflit à Sebastopol de près. "Les médias de l'Ouest du pays sont pro-ukrainiens et n'hésitent pas à dénoncer l'illigitimité de la flotte russe en territoire ukrainien. A l'Est, les journaux vantent les avantages de la présence russe en Crimée", explique-t-elle.

Odessa, Ukraine, 4 juin 2010.
© Raphaël Beaugrand

Tuesday, June 15, 2010

Face à face / 4 juin (1) / Odessa

Face à face / 4 juin / Odessa

 

"La flotte russe basée dans le port de Sebastopol est aussi une garantie pour les propriétaires fonciers russes de garder leurs propriétés", analyse Natalia Krestovska, auteur de "View of civil society conflicts in the post-soviet countries".


Odessa, Ukraine, 4 juin 2010.
© Raphaël Beaugrand

Thursday, June 10, 2010

En pleine action à Odessa

Raphaël Beaugrand en action

Me voici donc en pleine action à Odessa.

Thursday, June 10, 2010

FUTUR SITE WEB // PREVIEW

Exempe d'une page pays // ukraine

Le site web dédié à Paroles de conflits, en ligne le 15 septembre !!!

Thursday, June 10, 2010

Face a Face / 6 Juin / Odessa

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Pro-russe à Odessa, Alexandr ne mâche pas ses mots lorsqu'il s'agit de parler de l'Otan, de l'Union européenne ou du maire de la ville. Dimanche, lors de la commémoration de la mort du poète russe Alexandre Sergueïevitch Pouchkine, il faisait partie des portes-drapeaux.

"Je veux que l'Ukraine réintègre la Russie et que... le pays retrouve sa grandeur. La démocratie est un mauvais système, je n'y crois pas. L'Otan est une union fasciste qui est arrivée après la Seconde guerre mondiale. La flotte russe dans le port de Sebastopol est une bonne chose pour nous protéger contre les agressions. Pour ce qui est du maire d'Odessa, lui aussi c'est un fasciste, un homme envoyé par le Mossad qui détruit notre ville. A vouloir notre intégration, la Communauté européenne souhaite que l'Ukraine soit un pays fasciste", lâche-t-il d'un ton sérieux.

Odessa, Ukraine, 6 juin 2010.
© Raphaël Beaugrand

Monday, May 24, 2010

Paroles de conflits sur linterview.fr

LINTERVIEW.fr ouvre un nouveau blog ! Parmi les projets de webdocumentaires que nous recevons, certains attirent notre attention. C’est le cas de « Paroles de Conflits », qui sera réalisé par Raphaël Beaugrand, de mars 2010 à janvier 2011. Le principe est simple : parcourir, à vélo, l’ensemble du continent européen et asiatique, de Paris à Hiroshima et s’arrêter sur les sites qui ont connu les atrocités de la guerre. Reportages vidéo, photos et textes seront publiés sur son site internet, formant, au jour le jour, le webdocumentaire. Au retour, un documentaire télévisuel sera réalisé.

Nous vous proposons ci-dessous la présentation détaillée du projet. Une fois par mois, Raphaël rédigera un post sur un blog hébergé par LINTERVIEW.fr afin de faire partager son expérience, ses rencontres, sa manière de traiter de l’information, en direct, sur le terrain. Retrouvez son blog ICI