Les balcons de Prométhée

De l'Anatolie au Karakorum, raconter le quotidien de l'Asie centrale via des reportages et un blog

Project visual Les balcons de Prométhée
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01/30/2014
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101 %
Monday, April 21, 2014

Nouvelles

<div> Chers ami-e-s,&nbsp;</div> <div> &nbsp;</div> <div> Quelques nouvelles depuis le Caucase. Ces nouvelles sont un peu particuli&egrave;res car, comme vous l&#39;avez surement remarqu&eacute;, mon blog ne se remplit gu&egrave;re et je veux vous expliquer pourquoi.&nbsp;</div> <div> &nbsp;</div> <div> Je suis en Arm&eacute;nie depuis 2 mois et demi. Me retrouver bloqu&eacute; m&rsquo;a amen&eacute;, au fur et &agrave; mesure que la dynamique du voyage s&#39;est logiquement effrit&eacute;e, &agrave; me poser un certain nombre de questions quant &agrave; notre projet et au journalisme que je veux pratiquer. Ces questions devenant de plus en plus importantes, je suis rest&eacute; plus longtemps pour y voir plus clair. Et c&rsquo;est pour &ccedil;a que mon travail a &eacute;t&eacute; laborieux et que mon blog ne s&#39;est gu&egrave;re &eacute;toff&eacute;. J&rsquo;aimerais vous faire part de ces r&eacute;flexions personnelles car elles vont modifier la suite du projet. Et comme vous y avez grandement contribu&eacute;, je veux &ecirc;tre tout &agrave; fait sinc&egrave;re avec vous.&nbsp;</div> <div> &nbsp;</div> <div> Je me suis rendu compte ces derni&egrave;res semaines que le fait d&rsquo;&eacute;crire des reportages sur des sujets comme les syriaques du Kurdistan turc ou sur un groupe couchsurfing &agrave; Istanbul est certes int&eacute;ressant pour moi (et je l&rsquo;esp&egrave;re pour vous aussi) mais manque de profondeur. Ce voyage &agrave; travers l&rsquo;Asie centrale a pour but de faire d&eacute;couvrir cette r&eacute;gion et certaines des probl&eacute;matiques majeures qui la touche, notamment le rapport des habitants &agrave; l&#39;&eacute;tranger proche, &agrave; l&#39;alt&eacute;rit&eacute;. Comme vous le savez, mon objectif &agrave; l&rsquo;issue de ce voyage &eacute;tait de m&rsquo;installer au Kirghizistan, &agrave; Bishkek, et de tenter de piger pour des journaux francophones. On a douch&eacute; mes espoirs ces deux derni&egrave;res semaines. Pour faire court : les journaux fran&ccedil;ais ne sont int&eacute;ress&eacute;s dans cette r&eacute;gion que par les d&eacute;m&ecirc;l&eacute;s de Gulnara Karimov avec la justice suisse ou par l&rsquo;implantation des entreprises fran&ccedil;aises au Kazakhstan.</div> <div> &nbsp;</div> <div> Mes interlocuteurs au Monde (j&rsquo;ai aussi contact&eacute; le Figaro, le Temps et Lib&eacute;) ont tous montr&eacute; une curiosit&eacute; intellectuelle pour des questions comme les relations entre Kirghizes et Ouzb&egrave;kes &agrave; Och (pogroms 2010) ou sur l&rsquo;irr&eacute;dentisme pamiri, mais ils m&rsquo;ont tous assur&eacute; que leurs journaux n&rsquo;ont pas les moyens d&rsquo;acheter des piges sur cette r&eacute;gion et que finalement &ccedil;a ne les int&eacute;resse pas tant que &ccedil;a parce que l&#39;Europe n&#39;a pas d&#39;int&eacute;r&ecirc;t direct l&agrave;-bas. De plus j&#39;ai contact&eacute; quelques blogueurs/journalistes ind&eacute;pendants qui ont tent&eacute; de s&#39;installer en Asie centrale et de piger. Aucun n&#39;a r&eacute;ussi &agrave; en vivre, et tous ont du d&eacute;m&eacute;nager apr&egrave;s quelques temps.&nbsp;</div> <div> &nbsp;</div> <div> Je me suis donc demand&eacute; si je ne pourrais pas trouver un travail en Asie centrale, &agrave; l&rsquo;issue du voyage, et garder du temps pour suivre des sujets qui me tiennent &agrave; c&oelig;ur, quitte &agrave; ce qu&rsquo;ils terminent simplement sur un blog. Pour &ecirc;tre parfaitement franc : &ccedil;a ne m&rsquo;enchante pas. Je n&rsquo;ai pas encore envie d&rsquo;abandonner l&rsquo;espoir de pouvoir vivre du journalisme. Et surtout, je me rends compte que partager une passion pour une r&eacute;gion est bien beau mais il manque une dimension citoyenne/&quot;militante&quot; &agrave; cette ambition.</div> <div> &nbsp;</div> <div> Enfin et surtout, j&rsquo;ai pris conscience que le format de ces reportages ne me correspond pas. Je ne me sens pas &agrave; l&rsquo;aise dans un papier de 5000/7000 signes. J&rsquo;ai envie d&rsquo;approfondir d&rsquo;avantage les sujets, tant dans le fond que dans le temps. &nbsp;Et je voudrais travailler sur des th&egrave;mes plus sensibles et porteurs d&rsquo;enjeux plus complexes que le retour des syriaques au Kurdistan turc. Par exemple: &nbsp;industrie mini&egrave;re, corruption, responsabilit&eacute; des corporations dans des d&eacute;gradations environnementales, transparence des m&eacute;canismes politiques etc. En bref, je veux me diriger vers du journalisme d&rsquo;investigation. Je veux donner d&rsquo;avantage de sens politique et humain &agrave; mon travail et laisser les nomades Kirghizes &agrave; ceux qui auront un int&eacute;r&ecirc;t visc&eacute;ral pour eux. Je voudrais participer &agrave; ma modeste &eacute;chelle &agrave; la surveillance de tout ce qui menace la construction de soci&eacute;t&eacute;s d&eacute;mocratiques, transparentes et respectueuses des individualit&eacute;s.&nbsp;</div> <div> &nbsp;</div> <div> Reste que je dois faire mes preuves. Si le journalisme est d&eacute;j&agrave; un milieu ferm&eacute;, le journalisme d&rsquo;investigation l&rsquo;est encore d&rsquo;avantage. J&rsquo;aurai &agrave; partir du mois d&#39;ao&ucirc;t la possibilit&eacute; de le faire dans le cadre d&rsquo;un projet en Arm&eacute;nie. Ce projet, sur lequel je commence &agrave; travailler avec un ami journaliste et une Arm&eacute;nienne environnementaliste, a pour objectif de r&eacute;aliser un documentaire de 52 minutes sur l&#39;industrie mini&egrave;re en Arm&eacute;nie. Le projet se concr&eacute;tisera par un documentaire et un site web contenant l&#39;ensemble de l&#39;enqu&ecirc;te (documents publics ou devant &ecirc;tre rendus publics pour l&#39;int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral, interviews, datas, etc).&nbsp;</div> <div> &nbsp;</div> <div> En attendant ao&ucirc;t, parce que je n&#39;aime pas laisser les choses inachev&eacute;es, je vais bient&ocirc;t repartir pour l&rsquo;Asie centrale. Je dois d&rsquo;abord d&eacute;blayer la documentation pour le projet en Arm&eacute;nie. En Asie centrale, je ne sortirai pas une liste astronomique de sujets. Je vais me concentrer sur deux sujets principaux. L&rsquo;un d&rsquo;entre eux sera la mine de Kumtor. Cette mine est situ&eacute;e &agrave; 4000m d&rsquo;altitude &agrave; quelques encablures de la fronti&egrave;re chinoise. Les habitants des environs d&eacute;clarent r&eacute;guli&egrave;rement avoir des probl&egrave;mes de sant&eacute; ; les eaux sont effectivement pollu&eacute;es. Kumtor concentre en elle-m&ecirc;me plusieurs enjeux : corruption des &eacute;lites kirghizes, d&eacute;gradation environnementale, pillage des ressources naturelles, transfert pricing etc.&nbsp;</div> <div> &nbsp;</div> <div> L&rsquo;autre sujet n&rsquo;est pas encore compl&egrave;tement d&eacute;termin&eacute;. Je devrais &eacute;galement passer en Ouzb&eacute;kistan, ayant promis &agrave; ma marraine du Monde (Florence Beaug&eacute;) de lui &eacute;crire un papier sur Samarcande, demi centre du monde. Et &eacute;galement au Tadjikistan.&nbsp;</div> <div> &nbsp;</div> <div> Je vous ai &eacute;crit ce long mail parce je voulais vous expliquer mes questionnements de ces deux derniers mois. Je tiens &agrave; &ecirc;tre sinc&egrave;re avec vous. A travers ce projet je cherchais la forme de journalisme qui me corresponde. En voulant travailler sur le rapport &agrave; l&#39;alt&eacute;rit&eacute; en Asie centrale, je pensais que je trouverais mon chemin journalistique. Il s&#39;av&egrave;re que je me suis tromp&eacute; : trop bancale, trop &quot;gentil&quot;.&nbsp;</div> <div> &nbsp;</div> <div> Je suppose qu&rsquo;il y aura surement des r&eacute;actions parmi vous. Quelles soient ulc&eacute;r&eacute;es ou enthousiastes, faites m&#39;en part, s&#39;il vous plait!&nbsp;</div> <div> &nbsp;</div> <div> Mes amiti&eacute;s,&nbsp;</div>
Thursday, December 12, 2013

L'AFP: seule source d'information sur l'Ouzbékistan

<p> Le Monde a publi&eacute; aujourd&#39;hui un article sur son site web sur la &quot;tradition&quot; de lib&eacute;ration de prisonniers politiques en Ouzb&eacute;kistan :&nbsp;<a href="http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/12/12/l-ouzbekistan-amnistie-des-milliers-de-prisonniers_4333570_3216.html">http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/12/12/l-ouzbekistan-amnistie-des-milliers-de-prisonniers_4333570_3216.html</a>.</p> <p> Ma surprise a &eacute;t&eacute; de taille lorsque j&#39;ai d&eacute;couvert la maigreur de cette reprise de d&eacute;p&ecirc;che AFP. Un fait banal, brute. Aucune enqu&ecirc;te de fond, aucune r&eacute;flexion, interrogation sur ces prisonniers politiques... &Eacute;tonnant par exemple qu&#39;on ne s&#39;interroge pas sur les raisons de cette amnistie : les prisons sont elles pleines? Comment se fait il que chaque ann&eacute;e des milliers de prisonniers politiques soient lib&eacute;r&eacute;s : y en a t&#39;il autant que &ccedil;a qui croupissent dans les ge&ocirc;le de Karimov?&nbsp;</p> <p> Qui sont ces prisonniers politiques? Quelle mention de la r&eacute;pression f&eacute;roce qui touche tous les opposants au r&eacute;gime, des d&eacute;mocrates aux islamistes, faisant le jeu de ces derniers?&nbsp;</p> <p> Sait on par exemple, que sur quelques 8 000 prisonniers politiques (selon Human Rights Watch), ils seraient 5 000 &agrave; &ecirc;tre membre du parti islamiste Hizb ut Tahrir? comment se fait il que ce parti attire autant de personnes, et fasse les frais d&#39;une telle r&eacute;pression?</p> <p> Autant de questions qui m&eacute;riteraient d&#39;&ecirc;tre creus&eacute;es? La vie en Ouzb&eacute;kistan est tr&egrave;s loin des milles et unes nuits, de Marco Polo et des magnifiques mosa&iuml;ques de Boukhara, que nous vantent les voyagistes! Une raison de plus pour m&#39;aider &agrave; financer des reportages dans ces pays ! Nous en sommes presque &agrave; 20%, faites circuler les ami-e-s !</p>