Les Gens de l'ombre

Recherche d'aide pour un reportage sur ceux qui œuvrent afin que les festivals au Maroc vivent mais qui passent inaperçus malgré leur mérite

Project visual Les Gens de l'ombre
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05/19/2013
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Friday, March 15, 2013

Jour d'inauguration (extraits pour le prochain livre

<h1> <strong>Jeudi 8 novembre</strong></h1> <p> <img alt="_0000524" src="https://kkbb-production.s3.amazonaws.com/uploads/project_image/image/14328/_0000524.jpg" /> Salle du restaurant. Cela change de l&#39;ordinaire, elle est pleine. Professeurs, intervenants, sc&eacute;naristes, d&eacute;corateurs, r&eacute;alisateurs. Certainement quelques membres du jury. Dehors, autour de la piscine des &eacute;l&egrave;ves de lyc&eacute;e attendent le d&eacute;but de leurs ateliers.</p> <p> D&#39;abord un th&eacute;. Deux cr&ecirc;pes marocaines. Un jus d&#39;orange.</p> <p> A ma table Lina Mrad (j&#39;ai vu &eacute;crit son nom Murad), actrice Syrienne vivant &agrave; Paris. Premier prix de conservatoire de&hellip; Elle me l&#39;a dit, mais je n&#39;ai pas entendu, depuis cinq minutes mes paupi&egrave;res ne battent plus. Leurs mouvements est inversement proportionnel aux battements de mon c&oelig;ur. Je n&#39;ose pas la faire r&eacute;p&eacute;ter. Est-ce que je pourrais en France, c&ocirc;toyer de la m&ecirc;me mani&egrave;re, et prendre mon petit d&eacute;j avec une actrice fran&ccedil;aise&nbsp;? Elle me demande l&#39;autorisation de me tutoyer. Pour m&#39;aider &agrave; avaler ma salive, je bois une gorg&eacute;e de th&eacute; avec un petit signe de t&ecirc;te qui veut dire oui. Pourvu que je n&#39;avale pas de travers.</p> <p style="margin-left:36.0pt;"> -&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Nous allons nous voir pendant ces quatre jours alors ? !</p> <p style="margin-left:36.0pt;"> -&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Oui, oui, je suis l&agrave; pour photographier les&hellip;</p> <p> Je rentre dans l&#39;explication, que j&#39;esp&egrave;re rapide, de ma pr&eacute;sence &agrave; ce festival.</p> <p style="margin-left:36.0pt;"> -&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C&#39;est super ce que tu as imagin&eacute;. Tu as trouv&eacute; &agrave; vendre tes photos&nbsp;?</p> <p> &hellip; L&agrave; je trouve une r&eacute;ponse &agrave; la Marocaine. Ouf&hellip;</p> <p style="margin-left:36.0pt;"> -&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je te laisse, je dois y aller. Nous avons une premi&egrave;re rencontre avec tous les membres du jury.</p> <p style="margin-left:36.0pt;"> -&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ok. Bonne journ&eacute;e. A plus tard.</p> <p> Tr&egrave;s d&eacute;tach&eacute;. Je vais boire un caf&eacute; moi tiens.</p> <p> &nbsp;</p> <p> <u>Onze heures</u>. Salle du restaurant. Les &quot;catalogues&quot; ne sont toujours pas arriv&eacute;s.</p> <p> Akim Isker vient pour d&eacute;jeuner. Il ne reste pas grand chose &agrave; cette heure. Il pr&eacute;sentera son film &quot;La planque&quot; mais pour le moment il est plut&ocirc;t dans le p&acirc;t&eacute;. On l&#39;a r&eacute;veill&eacute;, alors qu&#39;il est arriv&eacute; &agrave; 4 heures ce matin. Il ne sait pas ce qu&#39;il doit faire ni o&ugrave;. On va l&#39;emmener &agrave; la maison de la culture o&ugrave; il anime un atelier &agrave; 9 heures. (!) Son lieu a chang&eacute;, on est d&eacute;sol&eacute;.</p> <p> &nbsp;</p> <p> <u>Plus tard dans le salon central.</u></p> <p> Tayeb El Alaoui me pr&eacute;sente l&#39;un des plus grands acteurs du Maroc. Putain que je suis petit. Il me donne l&#39;accolade. L&#39;acteur, pas le Maroc.</p> <p> Tayeb El Alaoui me pr&eacute;sente le doyen des sc&eacute;naristes Marocains Ali Sma&iuml; que l&#39;on va honorer &agrave; ce festival.&nbsp; Putain que je suis petit. Il me donne &eacute;galement l&#39;accolade. Le sc&eacute;nariste, pas le festival.</p> <p> Des lyc&eacute;ennes et lyc&eacute;ens se sont install&eacute;s dans le salon. Nous y venons souvent pour nous connecter via la wi-fi. Ils sont dix sur un fauteuil 3 places. Gar&ccedil;ons et filles. Ils ne font aucun bruit, ils attendent. Un professeur vient leur demander s&egrave;chement de ne pas rester l&agrave;. Il les envoie dans la cour, il faut laisser les fauteuils pour les adultes. Tous s&#39;ex&eacute;cutent en silence. Hou la !.. Le respect&hellip;</p> <p> &nbsp;</p> <p> Ma connexion est lente. Je ne sais pas si je vais pouvoir installer mes derni&egrave;res photos sur mon blog. Capricieuse la wi-fi. Une photo de 1 ko en 2 minutes et quelques secondes. J&#39;ai 22 photos. Bon. Je calcule pas, je vais &ecirc;tre malade.</p> <p> J&#39;ai faim. Nous d&eacute;jeunerons &agrave; 14 heures. J&#39;essayerais bien de manger de la soupe le matin, mais je reste d&#39;un classique&hellip; La soupe qui est servie au petit d&eacute;jeuner est une concoction de lait, de riz et de pois chiches ou de f&egrave;ves &agrave; laquelle on rajoute, au moment de la manger, du sel et du poivre. Irr&eacute;ligieux devant cette cuill&eacute;r&eacute;e que je regarde sceptiquement, j&#39;entends&nbsp;: &quot;Si tu veux, tu peux mettre du sucre, mais c&#39;est moins bon&quot;. Ah ! Ouais. Bon&hellip; Je vais voir alors. Demain. Je vais essayer demain. Oui, oui. Je vais essayer. Je vais voir.</p> <p> &nbsp;</p> <p> Zagora est sous les nuages. Belle lumi&egrave;re pour faire des portraits. L&#39;occasion pour essayer le 85.</p> <p> Il y a deux autres photographes. L&#39;officiel (Nikon D90) et le stagiaire (Canon Mark III). Je cherche encore l&#39;erreur. Nous allons faire un pr&eacute;-briefing pendant la pause repas. Un autre briefing sur place, &agrave; la Maison de la Culture. Nous partons en guerre&nbsp;! C&#39;est qui l&#39;ennemi&nbsp;?</p> <p> A l&#39;entr&eacute;e des jardins : des gnawas. Devant la porte d&#39;acc&egrave;s &agrave; la salle : d&#39;autres gnawas et tapis berb&egrave;res rouges. Je trouve tout &ccedil;a beau.</p> <p> Les invit&eacute;s, les V.I.P, les officiels arrivent. Je suis un peu bouscul&eacute; par les journalistes, beaucoup g&ecirc;n&eacute; par des quidams qui conserveront un souvenir &agrave; l&#39;aide de leur t&eacute;l&eacute;phone.</p> <p> Discours d&#39;inauguration. Film d&#39;ouverture : &quot;La statue de sable&quot; du sc&eacute;nario qui a gagn&eacute; le prix sp&eacute;cial du jury l&#39;ann&eacute;e derni&egrave;re. J&#39;ai assist&eacute; aux derniers pr&eacute;paratifs et &agrave; la mise en place de la derni&egrave;re sc&egrave;ne.</p> <p> &nbsp;</p> <p> Merde&nbsp;! Je viens de passer plus de 45 minutes pour envoyer mes 22 photos. Deux seulement apparaissent sur mon blog. Je recommence. Dans la joie&hellip;</p> <p> &nbsp;</p> <p> Soir&eacute;e d&#39;inauguration termin&eacute;e. Pr&eacute;sence du maire et du pr&eacute;sident du district de Zagora, de Saint Pierre Yameogo, r&eacute;alisateur Burkinab&egrave; dont on verra le long m&eacute;trage, de Mohamed Hassan Al Joundi, r&eacute;alisateur Marocain &agrave; qui il a &eacute;t&eacute; &eacute;galement rendu hommage. J&#39;ai crois&eacute; quelques regards qui m&#39;exprimaient leur sup&eacute;riorit&eacute; &agrave; l&#39;aide de leurs l&egrave;vres aux coins descendants. J&#39;ai pens&eacute; qu&#39;ils s&#39;ennuyaient.</p> <p> Apr&egrave;s le repas j&#39;offre une bouteille de vin &agrave; ma table, mais il n&#39;y a que Aurore Clavier, intervenante dans un atelier, qui boit un verre avec moi. La table voisine ne refuse pas. Il y a entre autres&nbsp;: Lina Mrad et Hassan Kachah acteur Alg&eacute;rien. En fait ce sont eux qui acceptent mon offre, la table, elle, s&#39;en fiche un peu. Comme toutes les tables. Deux verres de vin et nous voil&agrave; tous &agrave; refaire l&#39;Univers culturel, &agrave; se tutoyer car entre-nous-&ccedil;a-va-&ecirc;tre-plus-facile, vouloir reformater l&#39;apprentissage de la culture et des foules. Si on commence &agrave; refaire quelque chose, autant y aller de bon c&oelig;ur.</p> <p> <img alt="_0000648" src="https://kkbb-production.s3.amazonaws.com/uploads/project_image/image/14329/_0000648.jpg" /></p> <p> Je me suis &eacute;puis&eacute; &agrave; shooter tout et de partout, &agrave; courir avec les journalistes apr&egrave;s LA personnalit&eacute;.</p> <p style="margin-left:36.0pt;"> &ndash;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Salut, moi c&#39;est Ahmed et lui c&#39;est Simon de l&#39;AFP et toi ?</p> <p style="margin-left:36.0pt;"> &ndash;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Salut, moi c&#39;est Edouard de Loriol. &Ccedil;a va les gars ?</p> <p style="margin-left:36.0pt;"> &ndash;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Putain ! T&#39;es libre ? Cool. T&#39;arrive &agrave; vendre ?</p> <p> Pourquoi &ccedil;a inqui&egrave;te tant les gens &ccedil;a, merde ?</p> <p style="margin-left:36.0pt;"> &ndash;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; J&#39;ai d&eacute;j&agrave; vendu avant de venir.</p> <p style="margin-left:36.0pt;"> &ndash;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tu vois Simon, c&#39;est lui qui a raison. Du travail &agrave; l&#39;ancienne.</p> <p> Petit con.</p> <p style="margin-left:36.0pt;"> -&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; On se voit &agrave; l&#39;h&ocirc;tel, ok&nbsp;?</p> <p style="margin-left:36.0pt;"> -&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ouais, pas de probl&egrave;me.</p> <p> Il vient m&ecirc;me une &eacute;quipe de Chine, des radios locales, des nationales.</p> <p> J&#39;ai compris, je me suis faufil&eacute; en r&eacute;gie. L&#39;&eacute;quipement est &agrave; la hauteur de la salle. Sans ostentation le matos est manipul&eacute; par deux techniciens. Puis direction les coulisses en faisant le tour par l&#39;ext&eacute;rieur. J&#39;ai pass&eacute; le reste de la soir&eacute;e &agrave; shooter ceux qui travaillent dans le schwarz. Je suis l&agrave; pour &ccedil;a, je me r&eacute;gale.</p> <p> Minuit trente dodo. Merde, j&#39;ai oubli&eacute; l&#39;AFP.</p>